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NÎMES, VALDEGOUR : LES EMPLOYEURS DANS LES QUARTIERS

Photo © objectifgard.com / MA

Ce vendredi, un forum emploi s’est tenu toute la matinée au centre socio-culturel et sportif de Valdegour à Nîmes (entre 9h et 13h). Il a permis de réunir employeurs et jeunes diplômés ou tout simplement en recherche d’emploi. L’objectif principal : passer la barrière de la fameuse rencontre avec l’employeur, souvent délicate pour les jeunes diplômés, mais aussi pour ces jeunes, qualifiés ou non, pour partie issus de l’immigration, susceptibles de subir d’éventuelles discriminations à l’embauche.

A l’origine de ces « 6e Rencontres improbables », l’AFIJ, la Mission Locale de Nîmes Métropole, et le « PIMS », une association d’insertion sociale et professionnelle locale, implantée dans le quartier de Valdegour, une des quatre Z.U.S. nîmoises.

Il n’était pas question d’un forum-emploi classique, ouvert à tout public sans préparation préalable.

Cet évènement a fait suite, une semaine en amont, à une pré-sélection des candidats, une préparation à l’entretien (CV, motivations…) afin de mettre en relation les « bons candidats » avec les « bons recruteurs ». Un bon moyen de passer le cap de la sélection par l’employeur sur CV uniquement, comme nous l’a confirmé Anne Gazin, pour « O2 », qui recrute des assistants ménagers  et gardes d’enfants, notamment. En effet, la représentante sur place de l’entreprise au 145 agences réparties sur le territoire, dont une à Nîmes (d’où Mme Gazin dépend), nous a précisé : « On a toujours la surprise de la rencontre directe dans ce type de forum,  sans le filtre du CV, qui peut être un frein ». Elle a ajouté que, hors de ce type d’environnements, si la lettre de motivation comporte des fautes d’orthographe ou autres défaillances de présentation, il n’y a pas de seconde chance, même si les compétences recherchées ne sont pas liées à cette étape du recrutement. Une discrimination potentielle à l’embauche serait alors évitée. Mais après alors… ?

« on remarque qu’il faut de plus en plus de temps pour accéder à un premier emploi… »

Le contexte actuel accentue les difficultés à l’embauche des jeunes, même diplômés, avec au minimum un bac, et jusqu’à bac+5. Fanny Guignard (responsable du relais AFIJ du Gard) a « particulièrement ressenti la crise » pour cette dernière édition des Rencontres Improbables, installées à Valdegour, alors qu’il y a 6 ans, elles avaient lieu dans le quartier de Pissevin. La représentante de l’AFIJ a tout de même noté que les employeurs ont été plus difficiles à mobiliser cette année, même si certains fidèles se sont rendus une nouvelles fois sur place, comme l’enseigne Mac Donald’s, la banque Crédit Agricole, la banque populaire, la police nationale, l’armée de Terre et de l’air (…).

En parallèle, d’après Fanny Guignard, pour les jeunes diplômés, « on remarque qu’il faut de plus en plus de temps pour accéder à un premier emploi, surtout sur le secteur tertiaire, sur notre bassin ».  Elle poursuit en ajoutant que les organisateurs accompagnent « des publics qui peuvent être susceptibles de discriminations à l’embauche, à compétences et à diplôme égal ». Mme Guignard ajoute justement : « On n’est pas encore au niveau de l’égalité. C’est toujours l’homme, de quarante ans, le plus souvent blanc de peau qui a le plus de postes. Il y a de la discrimination homme-femme, sur le handicap, par rapport à son origine. Tout le monde, en soi, discrimine, mais, il est important de travailler sur ses propres représentations. Partout il y a des personnes qui ont des compétences, qui ont envie d’avancer et de réaliser leur vie professionnelle », conclut-elle.

De son côté, le PIMS a présélectionné une population jeune et majoritairement habitant en Z.U.S. et non diplômées. Le  représentant de l’association installée à Valdegour, Maxime Nortes, confirme que beaucoup d’entreprises font un retour positif, précisant « qu’ils ne pensaient pas qu’ils pouvaient trouver autant de profils multiples et aussi intéressants sur ce type de quartiers ». Un espoir donc de bousculer les préjugés.

La mission locale de Nîmes Métropole, quant à elle, se positionne entre l’AFIJ et le PIMS, puisqu’elle s’est chargée de suivre une population intermédiaire (des jeunes issus des quartiers et des jeunes diplômés suivis par l’AFIJ, dont une majorité dispose d’un niveau BEP-CAP). « Cela casse l’image du ghetto - que peuvent parfois porter ces quartiers - de faire venir directement les employeurs. C’est aussi un moyen de leur donner une image positive d’eux-mêmes », nous a précisé Aude Richard, de la mission locale. D’autant que les jeunes à la recherche d’emploi bénéficieront d’un « débriefing » assistés par les organisateurs de l’opération, ce qui constitue une base de travail pour la suite de leurs démarches de recherche d’emploi.

De l’espoir pour les jeunes en recherche d’emploi

Un message d’espoir pour tous ces jeunes, comme Nadia, âgée de 22 ans, et résidant à Valdegour, toute juste diplômée. Avec son BTS management d’entreprise en poche, elle a décidé de ne pas poursuivre sa licence, une formation qui ne correspond pas exactement à son projet professionnel. Elle cherche une première expérience dans le secteur tertiaire : l’expérience, un élément essentiel à l’embauche, au moins autant que le diplôme. Pour celle qui sort de ses études, ces Rencontres Improbables, rebaptisées « Val de l’Emploi » pour l’occasion, constituent : « une bonne initiative. Cela nous donne envie de continuer à poursuivre activement nos recherches, et nous montre aussi que nous ne sommes pas seuls dans la galère ». Nadia repars finalement avec du concret. Quatre contacts plus ou moins avancés. Elle doit recontacter très vite deux agences de recrutement, et une entreprise lui a demandé expressément de lui transmettre un CV directement sur son site internet. « J’espère décrocher un poste » finit par déclarer la jeune nîmoise.

De l’espoir, même l’armée en distribue, puisque l’armée de Terre et l’armée de l’air étaient présentes au côté de la police nationale. Et même si le Sergent-Chef Theillard (pour le CIRFA de Montpellier, armée de l’air) nous a précisé que l’on demandait au recrues de la mobilité, de la disponibilité, et de « rentrer dans un moule », le militaire n’a pas manqué de préciser que son corps d’armée proposait 50 métiers différents, autour de l’aéronautique, et que les jeunes des quartiers comme Valdegour correspondaient parfaitement à leur cœur de cible (bac général ou technologique, 17 à 24 ans). C’est même dans ce quartier qu’il y a de cela trois ans, il a déniché une bachelière qui maîtrisait l’arabe littéraire, une compétence très prisée pour certaines branches de l’armée.

Représentants de l'AFIJ, du PIMS, et de la mission locale - Photo © objectifgard.com / MA

INFOS PLUS :

Tous les mois l'AFIJ devrait organiser une fois par mois des rencontres avec des entreprises dans ses locaux (14 rue de l’Agau, à Nîmes). Plus d’infos sur le site de l’AFIJ.

Par ailleurs, concernant les armées, le CIRFA de Montpellier se déplace deux fois par mois à Nîmes Boulevard Saintenac. Plus d’info sur le site de l’armée de l’air, et de l’armée de terre.

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