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LES MAGES : LES MÉDIAS NATIONAUX S’ARRACHENT LA FRESQUE DE L’ÉGLISE

Sur la façade de l'église des Mages, une partie de la fresque est encore manquante au niveau de la porte : celle de la scène de la Nativité. Photo DR/S.Ma

Languedoc-Roussillon, Gard, Alès, Saint-Ambroix, Les Mages, petit village de moins de 2000 habitants, planté dans les collines. En se promenant le long de ses petites ruelles parsemées de pierres et de goudron, tout paraît calme, seuls le chant des oiseaux et le faible vrombissement des voitures au loin cassent un silence presque religieux, si vous nous permettez l'expression.

Mais il faut bien se dire que ce calme n'est qu’apparent. Depuis le début du mois de décembre, un vent de polémique souffle sur le village tranquille des Mages. À l'origine de cette mini tempête médiatique, la Fédération de la Libre Pensée alésienne menée par Alain Rivron. Ce dernier, dans une lettre adressée au maire des Mages, Jean-Claude Paris, dénonce un acte de prosélytisme de la part du conseil municipal qui avait voté, quelques mois auparavant, le budget d'un chantier pour le moins insolite : la création d'une fresque sur la façade de l'église des Mages.

Une fresque de plus de 10 mètre de haut, en cours de réalisation à ce jour, qui à terme devrait représenter un chemin qui mène vers la scène de la Nativité avec Jésus, Marie, Joseph et les rois mages. "Un hommage à la légende qui a été créée par les membres du comité d'animations, une commission extra-municipale, qui narre la venue des rois mages avec l’huile d’olive, le charbon et le vers à soie", explique Jean-Claude Paris. Oui mais voilà, Gaspard, Melchior et Balthazar ne sont pas les bienvenus aux Mages. Alain Rivron, qui a saisi Christophe Marx, le sous-préfet d'Alès, parle plus d'une propagande religieuse que d'une façon originale de rénover la façade de l'église.

Le maire des Mages se défend. "Cette fresque votée au conseil municipal représente l'idée de la fraternité. Je devais faire des travaux sur la façade et je trouvais que cette fresque était une bonne idée pour embellir l'église. Améliorer l'esthétique du patrimoine, c'est aussi le rôle de la municipalité . Je le répète, je suis communiste et athée. Je ne vois pas de quelle manière je fais du prosélytisme et je n'accepterais pas qu'on touche à cette fresque, je ferai de la résistance". Parole de Cévenol.

Une affaire médiatique

Pour l'instant, la fresque n'est pas encore achevée. Une partie manquante se fait pourtant remarquer : la scène de la Nativité. Celle qui crée la polémique et qui attire les journalistes curieux de mettre des mots et des images sur cette histoire rocambolesque. "Depuis quelques jours, les journalistes m'appellent de toute la France pour m'interroger au sujet de cette fresque. Franchement, si j'avais voulu faire parler des Mages à ce point, la campagne publicitaire m'aurait coûté très chère", s'amuse le maire.

La fresque en chiffres

12, c'est en mètres, la hauteur de la fresque.

3, en mois le temps prévu pour réaliser la fresque.

12 000, en euros le coût de la fresque financé en partie par le Sénat représenté par Françoise Laurent-Perrigot, elle aussi saisi par Alain Rivron de la Fédération de la Libre Pensée d'Alès (5 000€), l'association paroissiale des Mages (4 000€) et la Mairie des Mages (3 000€).

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