A la uneActualité générale.Actualités

FESTIVAL FLAMENCO : À LA DECOUVERTE D’UNE AUTRE CULTURE

Au fil des années, la ville de Nîmes est devenue le berceau du flamenco. Les passionnés s'y retrouvent pour un tour de "cante" rythmé par "las palmas", les claquements de mains pour les non-initiés. Un dernier tour de chant en ce qui concerne cette 22ème édition du Festival de flamenco qui s'est terminée samedi soir, après deux semaines d'immersion au cœur de cet art inscrit au Patrimoine mondial culturel et immatériel de l'Humanité. Un art culturel mais surtout un art de vivre que les plus curieux ont pu découvrir tout au long du Festival, comme nous l'avons découvert lors d'une balade nocturne dans les rues de la capitale gardoise, guidé par une habituée de ces soirées flamenco, Brigitte Veyrunes, une gardoise amoureuse de la culture espagnole.

Cristina Serrano. Photo DR/S.Ma

Brigitte, ce n'est pas une danseuse de flamenco mais de sévillane. Si les deux mondes se côtoient dans "l'alegria", la passion de la danse reste la même, il convient toutefois d'en expliquer la différence : "la sévillane est un folklore, elle s'apprend rapidement, le flamenco c'est une danse plus technique Il faut des années et des années pour apprendre à danser le flamenco. Il faut vivre flamenco" lance Cristina Serrano, une grande figure du flamenco à Nîmes, rencontrée par hasard à La Bodeguita. Une connaissance de Brigitte. Et très vite, la discussion se transforme en cours d'initiation. Seule la passion peut faire cela. "Le flamenco, c'est comme du bon vin. C'est avec l'âge que ton flamenco se bonifie. À 20 ans, tu ne danses pas comme à 40. C'est l'expérience, la vie que tu as, qui modifie ta façon de danser" explique celle qui a créé l'école de danse "Inas de Cuencas".

Une école parmi tant d'autres à Nîmes. "Les danseurs de ma génération sont tous des autodidactes. Il y a 20 ans, il n'y avait pas d'école de flamenco. Maintenant, il y en a beaucoup dans tout le Gard." Cristina, elle a découvert le flamenco, un peu grâce à sa mère, immigrée espagnole qui "adorait cette musique", mais aussi est surtout grâce à Pepe Linares, celui qui a réussi à implanter sa culture sur les terres gardoises. "Je l'ai vu jouer lors d'un concert dans les Arènes de Nîmes. C'est là que j'ai réalisé que c'est ce que je voulais faire."

Peu d'animations dans les rues

Une poignée de main plus tard, nous voilà dans la rue, toujours en compagnie de Brigitte, direction le cœur du centre-ville nîmois pour découvrir les animations au rythme du flamenco. Quelques pas de marche, lors desquels, la danseuse de sévillane raconte pourquoi elle n'a pas persisté dans le flamenco. "C'est une danse très technique et difficile à apprendre. Les gestes sont beaucoup plus brusques, c'est une danse de caractère. Il faut avoir le regard sévère, ce n'est pas dans ma nature. La sévillane me convient davantage, les mouvements sont plus coulés parce que c'est avant tout une danse de séduction."

Après un petit tour du côté du restaurant la Casa Blanca, du 421, nous n'avons trouvé aucun concert improvisé de flamenco. "23 heures, c'est un peu tôt, il faut attendre la sortie de l'Odéon (où jouait à 22h30 Raperos Canasteros, Ndlr)" glisse Brigitte. Direction donc l'Atria-Novotel, en attendant que les festivités du off, l'after comme on dit, ne commencent. C'est là que nous rencontrons encore des grands noms du flamenco, tels que Antonio Moya, un guitariste nîmois qui, après avoir appris le flamenco dans la rue, a très vite été considéré comme un pair par les grandes familles gitanes flamenca. Autre grande figure du flamenco à Nîmes, Melinda Sala et puis, le père fondateur du flamenco nîmois, Pepe Linares.

Pepe Linares, "le conseiller scientifique" du Festival Flamenco

Pepe Linares et Brigitte Veyrunes. Photo DR/S.Ma

"Dans la vie, tu imagines 200 projets et quelques-uns fonctionnent, ça a été le cas pour ce festival." Car Pepe Linares est l'homme venu du centre de l'Andalousie, qui a créé cet événement sur le thème du flamenco. "Il y a 25 ans précisément. Les six premières années, c'était un concours, puis c'est devenu un festival. On a eu un peu de mal au départ à fédérer les gens car ils croyaient que nous faisions une sorte de prolongement de la féria, juste pour faire la fête." Alors que ce n'est pas que ça le festival flamenco, c'est aussi apprendre à découvrir une culture avec des cours de danse, des conférences, des concerts, des rencontres... "C'est la curiosité des gens qui a fait qu'aujourd'hui, ce festival est devenu un des deux plus grands événements flamenco en France": le Festival de Nîmes donc, et celui de Mont-de-Marsan. Et qu'on se le dise, l'édition de 2013 réserve quelques surprises, "mais je ne peux pas en dire plus, je ne suis plus l'organisateur, je suis simplement "le conseiller scientifique" de ce festival" s'amuse Pepe Linares.

1 heure du matin, les festivités peuvent commencer. Los cantantes s'emparent de l'Atria. Leur voix grave résonne pour raconter des histoires que l'on devine aussi grave que leur voix. C'est prenant, on pourrait rester toute la nuit à les écouter, à les regarder vivre leur chant rythmé par les palmas. Autour d'eux, des cercles de petits curieux se forment, les regards se figent sur ces chanteurs qui semblent ne pas se soucier de ce qui se passe autour d'eux. Priorité à la musique. Et les générations se mêlent dans le flamenco. Il y a les anciens mais aussi les enfants, qui bien loin d'être timides, font entendre leur voix. Une prestation qui force le respect. Parler de cette musique est bien trop difficile, il faut l'écouter et voir les chanteurs pour le comprendre. Et déjà le regret de se dire que c'est le dernier soir, le dernier tour de chant.

À l'année prochaine.

Etiquette

Vous aimeriez aussi

1 commentaire sur “FESTIVAL FLAMENCO : À LA DECOUVERTE D’UNE AUTRE CULTURE”

  1. Heya i’m for the primary time here. I found this board and I in finding It truly useful & it helped me out much. I’m hoping to offer one thing back and aid others like you helped me.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Close

Adblock a été detecté.

Merci de nous aider en désactivant votre blockage de publicité