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VISITE DE M. LEROY : « LA RÉPUBLIQUE NE S’OCCUPE PAS DU CALENDRIER ÉLECTORAL »

Photo © objectifgard.com / MA

Maurice Leroy, ministre de la Ville, chargé du Grand Paris a réalisé un déplacement à Nîmes et à Beaucaire, lundi 23 janvier, sur un terrain plutôt « miné » par les élus majoritairement de gauche et en responsabilité sur le département, Damien Alary en tête, auxquels s’ajoutent les critiques d’autres élus comme ceux du Front national.

Il s’agissait pourtant d’évoquer sur le terrain les questions de l’emploi et surtout de la rénovation urbaine à Nîmes, à travers la mise en œuvre du PNRU (Plan National de Rénovation Urbaine), approuvé par l’ANRU (Agence Nationale Pour la Rénovation Urbaine, créée par la « loi Borloo » en 2003).

Maurice Leroy, accompagné d’Yvan Lachaud (qui avait demandé depuis quelques temps la venue du ministre de la Ville), de Jean-Paul Fournier, et du préfet du département Hugues Bousiges, a tout de même réalisé le circuit qui était prévu pour l’occasion, « au pas de course » : Valdegour, Pissevin et le Chemin Bas d’Avignon, ou plutôt son centre commercial Saint-Dominique, en cours de reconstruction, avant de filer à Beaucaire, pour une rencontre avec les associations.

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Et malgré leur absence pour cause de boycott, jamais les élus « opposants » n’auraient pu être aussi présents. Hors de tout micro ou caméra, et face à l’auditoire qui se tenait devant le pupitre installé pour l’occasion, à la mairie annexe  de Pissevin, avec des représentants d’associations notamment, le ministre (qui s’est fait remettre par J-P Fournier, la médaille de la Ville de Nîmes) a de nouveau évoqué l’absence du président du département et d’autres, comme Denis Bouad, président d’Habitat du Gard. En effet, il a regretté « une telle polémique », qui constitue « une première » depuis plus an qu’il est en poste et qu’il fait ces déplacements (chaque semaine). Il prend l’exemple de ses visites précédentes : « chez Manuel Valls, dans l’Essonne, où il m’a reçu de façon très républicaine. J’étais aussi aux Minguettes, à Vénissieux (Rhône-Alpes), chez André Gerin, député communiste ». M. Leroy ponctue alors son propos, comme pour mieux répondre semble-t-il à l’affront supposé qu’il a subi par cet absence : « Ce n’est ni une visite de circonstance, ni électorale, comme j’ai pu l’entendre ici ou là. La république ne s’occupe pas du calendrier électoral […]. Il ne faut pas de polémique sur ces sujets, parce que le temps des projets (comme ici dans ces quartiers) dépasse le temps médiatique et le temps électoral. C’est un temps long, le temps de la rénovation urbaine ».

Et justement concernant les projets et le but de sa visite, il nous rappelle d’abord, dans le quartier de Pissevin, alors qu’il vient de se rendre à Valdegour sur le chantier de destruction de la barre « Galilée », qu’il se déplace sur le terrain chaque semaine « parce que je considère que ce n’est pas de son bureau ministériel à Paris que l’on peut se rendre compte des problèmes ». Interpellant le ministre visiteur, Chérif Hamadi ne manque pas de lui rappeler ainsi qu’aux élus présents, que le club Génération future Handball dont il s’occupe (en tant que responsable technique) n’a même plus de gymnase depuis un an et que les pratiquants doivent s’entraîner dehors une partie du temps. Voilà une personne qui réclame du concret.

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Crédits en faveur de la politique des quartiers : une baisse de 2 % dans le Gard

Côté bilan, Maurice Leroy veut justement donner une réponse concrète, et rappeler « avec fierté » le travail qu’il a accompli en un an à propos « du crédit des associations de l’agence de cohésion sociale et de l’égalité des chances ». Les crédits n’arrivent plus grâce à son action pour (simplement) « payer à la banque les agios de la subvention de l’année N-1 » [d’actions de l’année précédente]. Il ajoute à son crédit, toujours en échos aux attaques de ses détracteurs locaux : « dans le budget que j’ai présenté au Parlement, les crédits sont en progression, et ici dans le Gard on aura une baisse de crédits de 2 % seulement, alors que quand je suis arrivé, ils étaient en baisse de 11 %.  Et cela veut dire qu’on a redéployé sur mon intervention, les moyens ». Et enfin, ce qui ferait l’objet de sa visite, les propositions qu’il doit faire à François Fillon, « sur l’acte II de la rénovation urbaine […] : les copropriétés dégradées, c’est un vrai sujet, à la fois pour Nîmes, Saint-Gilles, notamment, et  Alès également ». Des propositions qui engloberont aussi Beaucaire et ses problématiques propres.

Maurice Leroy nous a par ailleurs indiqué que pour le Gard dans sa totalité, les crédits concernant la dotation de solidarité urbaine « sont passés de 8 millions à 16 millions d’euros », sous sa direction.

Cependant, à propos de l’acte II de la rénovation urbaine, « On ne sait pas si on sera à la même hauteur que pour la version précédente, c’est-à-dire à 43 milliards d’euros, dont 12 milliards de l’Etat, mais ce sera un plan ambitieux, c’est certain », déclare le ministre, esquissant une nouvelle problématique : « les copropriétés dégradés. Il faut inventer, l’ANRU des copropriétés dégradés ».

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Des réalités du terrain qui se rappellent aux bons souvenirs des acteurs politiques

Pour la « délégation » (très sécurisée) qui suivait le ministre accompagnée des élus Yvan Lachaud et Jean-Paul Fournier, c’est en arrivant (avec un certain retard) au centre commercial du Carré Saint-Dominique du quartier du Chemin Bas d’Avignon que l’on approchait d’une zone vraiment « sensible ». Le visiteur du jour a été plusieurs fois interpellé sur des questions d’insécurité, notamment par José Martinez, propriétaire de la Fromenterie du Carrée Saint-Dominique depuis une vingtaine d’année, et qui s’est fait braqué trois fois en peu de temps, alors que dans le même temps les locaux de l’enseigne Leader Price ont été brûlés. M. Martinez nous rappelle par ailleurs les récentes attaques subies par la station BP à proximité. Et pourtant, « Il n’y a pas d’inculpations, pas d’arrestations. Les habitants ont peur et se demande ce qui se passent » dit-il. Le commerçant souligne par ailleurs qu’il ne s’agit pas que de son quartier, avec, d’après les chiffres de la préfecture qu’il reprend : seulement 38 % de ce type de méfaits élucidées sur l’année passée.

La visite du chantier du magasin brûlé en 2011 terminé, au côté de François Mius, directeur général d’EPARECA, l’entité responsable de la maîtrise d’ouvrage sur le site du centre commercial, la délégation est repartie aussi vite vers Beaucaire pour la fin du périple gardois du ministre Leroy. Les travaux du nouveau supermarché seront finis courants avril, pour une ouverture courant mai 2012 d’après M. Mius, mais la vie du quartier du Chemin Bas d’Avignon se réduit-elle à ce nouvel ensemble commercial modernisé « plus ouvert » architecturalement parlant ?

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« Les gens ont même peur de porter plainte »

Les habitants du quartier ont leur réponse. Le quotidien qu’ils continuent de vivre : braquages, cambriolages pour les uns, souvent commerçants, agressions de l’autre, des résidents, parfois des personnes âgées… Fatima Mansouri, la présidente du comité de quartier (qui est un peu aussi l'âme de celui-ci), résume ainsi ce qu’elle a énuméré au ministre de passage. Elle avait pourtant demandé l’appui de la part de la préfecture pour des policiers supplémentaires sur les lieux, qu’elle ne voit plus désormais sur le terrain. « Les hommes politiques, j’ai l’impression qu’on ne les intéresse pas dans les quartiers », ajoute celle qui a bien tenté d’attirer Maurice Leroy, à quelques centaines de mètres de là, au cœur du quartier du Chemin Bas d’Avignon. C'est là, comme nous l’a confirmé Mohamed Dahra, conseiller municipal de la majorité (Ump) et qui tient une pharmacie avenue De Lattre de Tassigny, que se trouvent les commerces de proximité "historiques", mais aussi le lieu de tous les trafics,« là où les forces de police ne vont même plus » nous confiera-t-il. Lui aussi s’inquiète de l’avenir de son quartier, où « les gens ont même peur de porter plainte, par crainte de représailles de la part des délinquants » qui y sont installés, notamment dans le cadre de trafics de drogue, nous révèle M. Dahra.

L'ensemble commercial datant de 40 ans au coeur du quartier du Chemin Bas réclame aussi une réhabilitation - Photo © objectifgard.com / MA

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