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GARD : CHAUDE AMBIANCE À l’ASSEMBLÉE DÉPARTEMENTALE…

Photo © objectifgard.com / MA

Lors de la première décision modificative budgétaire de l’année 2012, au sein de l’assemblée départementale, qui s’est tenue ce jeudi matin (9 février 2012), les échanges ont été houleux entre la majorité départementale et l’opposition, alors que 13 points étaient à l’ordre du jour, dont trois principaux :

- L’avis donné par le département du Gard sur le futur plan régional de santé du Languedoc-Roussillon : schémas régionaux « prévention », « organisation des soins », « organisation médico-sociale » et «les parcours de santé »,

- La création d’une indemnité « continuité d’accueil » pour les assistants familiaux,

- Le schéma directeur d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite du réseau de transport départemental du Gard.

Un long instant de joutes politiques sur fonds de période pré-électorale (la campagne officielle pour la présidentielle démarrant le 9 avril 2012) s’est poursuivie durant la matinée, même si, au final, l’assemblée a voté la majorité des rapports à l’unanimité. Une séance entamée en retard. En cause : la soumission ou non de l’approbation de la création et des statuts de l’entente interdépartementale des Causses et Cévennes.

Deux points ont été abordés plus longuement, avant les séances en commission, à huis clôt : L’une concernait la « réserve » émise par le Conseil général à propos de « son avis sur le futur plan régional de santé du Languedoc-Roussillon proposé par l’agence régionale de santé ». La seconde, à propos de la loi sur l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite, « un poison » pour les collectivités (au niveau de l’organisation) d’après Patrick Malavieille, « nécessaire », ici à propos des transports gardois.

Pour motiver les réserves concernant le plan régional de santé, l’exécutif départemental retient « les modalités opérationnelles de réalisation des schémas régionaux qui ne semblent pas répondre de façon pertinente et adaptée aux besoins des Gardois ».

Son rapporteur, le vice-président du Conseil général et maire de Bessèges, Bernard Portalès a développé un plaidoyer, basé sur le même slogan que son président Damien Alary : « l’accès aux soins doit être garanti à tous sur l’ensemble du territoire du département ». Et le maire de Bessèges de s’alarmer d’un chiffre qu’il aurait repris d’un rapport de la Cour des Comptes et faisant état d’une augmentation de 46 % de la mortalité infantile. Par ailleurs, « 4 millions de Français n’ont pas accès aux soins, de par leur mutuelle « a minima », qui ne prend pas en charge les dépassements d’honoraires ».

Bref, la majorité départementale, composé du PS, Front de Gauche, et Europe-Ecologie-Les Verts (EELV) notamment, se sont attaqués, à travers l’agence régionale de santé (ARS), « à une politique de santé que nous ne voulons pas », dixit Patrick Malavieille (maire de La Grand’Combe, Vice-président du département, Front de Gauche). En effet, les inquiétudes face à la politique de santé « défendue par le gouvernement, à travers le plan régional de santé », toujours d’après l’exécutif gardois, sont résumées par Christophe Cavard (Vice-président du Conseil général EELV) : « un manque de garanties flagrant offert par ce plan. Nous serions d’accord (sans réserve) avec ce plan si l’on était sûr de pouvoir au moins optimiser les schémas de ce plan ». Est alors évoquée par l’élu de Saint-Chaptes, « la disparition de lits au Vigan, dans le cadre des Soins de Suite et de Réadaptation (SSR) ». Il poursuit sur la question des enjeux de ce plan : « Où seront les services ? Comment seront-ils mis en place ? Avec quels moyens ? »

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« À Valdegour, il n’y aura bientôt plus de médecins »

Jean-Michel Suau, Vice-président du département (délégué à la solidarité et à la santé) s’est également indigné d’une course à la rentabilité de certains secteurs de la santé, à la suite duquel le président Damien Alary s’est lancé dans une envolée critique qui a provoqué de vives réactions de l’opposition : « il ne faut pas faire de la politique sur le dos de la santé. Il y a autre chose que du commercial dans la santé », tout en précisant qu’il ne remettait pas en cause les relations qu’il entretenait avec l’ARS, dont il a reçu récemment la directrice. M. Alary poursuit : « Les soins ne sont les même pour tous sur le territoire », rappelant que « c’est aussi urbain » : « À Valdegour (à Nîmes), il n’y aura bientôt plus de médecins », précise Damien Alary, mettant (par la même) en cause la politique de la municipalité et celle du Gouvernement. Il ne manque pas d’illustrer son propos par le dernier article du journal Libération évoquant « la cité désertée ».

S’en suit une indignation et une bronca du groupe d’opposition, Laurent Burgoa (Ump) en tête, qui a rappelé au cours des débats qu’il y avait « une crise mondiale », un contexte peu propice aux dépenses inconsidérées, que l’opposition constituée par l’intergroupe Républicain Libéral symbolise par une inquiétude : « on ne veut pas devenir la Grèce ».

« Je redeviendrais consensuel quand Hollande sera élu ! »

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La tension est montée d’un cran au moment où Damien Alary a fustigé la politique du chef de l’ État. M. Burgoa souhaitant réagir hors du cadre réglementaire de l’assemblée, lorsque toutes les interventions ont déjà été entendues et après la prise de parole du président de l’exécutif, M. Alary coupe : « vous ne parlez pas après le président ». Manifestement « en forme », ou « énervé » d’après les élus Ump et d’opposition, le président du département a répondu qu’il était habituellement « consensuel », mais que « à 60 jours du début de la campagne présidentielle » il voulait « s’affronter sur des idées » [non pas sur les personnes] : « J’ai envie de cela. Cela me fait plaisir. Je ne suis pas énervé. J’ai envie d’affrontements ». Et Thierry Procida (conseiller général Nouveau Centre, canton de Nîmes II) de proclamer : « vous ne voyez pas qu’il s’agit d’un meeting ».

Chaude ambiance donc à l’assemblée du département ce matin, alors même que nous ne sommes pas encore pleinement dans la campagne électorale. Ça promet ! Damien Alary cherche à rassurer par une dernière petite phrase envoyée à son opposition : « Je redeviendrais consensuel quand Hollande sera élu ! »

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