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ALÈS : J. BOUGRAB A RAPPELÉ SON ENGAGEMENT CONTRE LES DISCRIMINATIONS

Photo © objectifgard.com / MA

Jeannette Bougrab, Secrétaire d’État à la jeunesse et à la vie associative s’est rendu à Alès, lundi 20 février 2012. Celle qui a créé le « buzz », en soutenant un rapport publié le 16 février et qui suggère de rendre la contraception gratuite pour les mineures (dans le cadre de la prévention des grossesses précoces), a visité l’entreprise PGO Automobiles, seul constructeur français d’automobiles de petite série, puis s’est rendu au cœur du quartier des Prés-Saint-Jean, dans les locaux de l’association RAIA (Rencontre et Amitié d’Ici et d’Ailleurs), avant de terminer son périple Cévenol, à la Sous-préfecture d’Alès pour une table ronde avec les associations gardoises du mouvement Harki.

Étaient présents lors de cette visite notamment, le préfet, Hugues Bousiges, le Sous-préfet d’Alès, Christophe Marx et le député-maire Max Roustan.

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Le président de l’association RAIA, Brahim Aber, en fonction depuis 2008 dans cette association créée en 1984, s’est félicité de la visite de la Secrétaire d’Etat : « C’est une bonne chose pour l’association et le quartier », avant de préciser que « le travail continue dans le cadre du Contrat urbain de cohésion sociale (Cucs) ». […] « On va consolider ce que l’on a construit », conclut-il. RAIA intervient notamment en faveur de l’épanouissement et l’éducation des enfants, l’accès aux droits des habitants, ainsi que le développement de la cohésion et du lien social, et elle lutte contre toute forme d’enfermement. Cette après-midi, période de vacances oblige, Jeannette Bougrab, a pu observer l’activité « d’accueil de loisir » qui s’adresse aux enfants et adolescents de 6 à 17 ans. Elle a pris le temps de discuter avec les quelques dizaines d’enfants qui se trouvaient dans les deux classes mobilisés sur diverses activités, comme la confection de costumes prévus pour « mardi gras » : « Et pourquoi pas le costume de Batman… ? », dit-elle à l’un, quand elle ne fait pas référence à la rencontre de football de la veille entre le PSG et Montpellier… Mais, elle ne trouvera que peu pour ne pas dire aucuns supporters parisiens pour l’occasion.

Lors de son passage dans le quartier alésien, elle en a profité pour parler formation, accès aux stages, lutte contre la discrimination (elle qui n’est autre que l’ex-présidente de la HALDE) et investissement de la part de l’Etat à hauteur de 46 millions d’euros dans ces dossiers qu’elle a soutenu. De là à faire un parallèle entre sa visite et la prochaine présidentielle, alors que l’on évoque les « écarts » de communication du ministre de l’Intérieur…

Son dernier rendez-vous au cours de cette campagne ministérielle dans le Gard demeure le symbole d’un stigmate pour une population qui est elle-même mis en lumière à chaque élection présidentielle par l’ensemble des candidats (Nicolas Sarkozy compris, en 2007) : la communauté Harkie. Cette communauté engagée pour la France durant la guerre d’Algérie qui a été victime de massacres et d’exactions commises durant cette guerre et après le 19 mars 1962 (date de la signature des Accords d’Evian). Il n’en demeure pas moins que la loi la loi du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés reconnaît (seulement) officiellement la tragédie de la guerre d'Algérie et le drame du rapatriement, en même temps qu'elle rend hommage aux victimes civiles, aux disparus et à leurs familles.

Les Harkis seraient-il uniquement un thème de campagne ?

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Celle qui s’est entretenue avec trois associations gardoises qui représentent plusieurs centaines de Harkis, est certes, elle-même, fille de Harki, mais, on ne peut s’empêcher de souligner le tempo électoral, même si 2012 sera l'année de la commémoration de la fin de la guerre d'Algérie, ce que ne manque pas de souligner l'une des membres du Gouvernement de François Fillon.

Ceci étant, dans un entretien accordé à la presse à la sortie de cette table ronde, Jeannette Bougrab nous a rappelé son engagement sur des questions qui ne vont pas toujours dans le sens du Président Sarkozy : « Quand j’ai dit que j’étais inquiète des fondamentalismes, quand j’ai dit que j’étais pour le mariage homosexuel et l’adoption, ou quand j'ai déclaré [en janvier 2011] qu'Hosni Moubarak devait quitter le pouvoir en Égypte, ce qui m'a valu un rappel à l'ordre...». Elle ajoute : « Si je ne me sentais pas libre, je serais partie » [du Gouvernement].

L’ex-présidente de la HALDE, et maître des requêtes au Conseil d’Etat, a précisé également une des pistes évoquées avec les représentants de la communauté Harkie locale pour aider leur cause : « Pourquoi pas, à travers le service civique, placer des jeunes dans des associations pour transmettre l’histoire des Harkis, des sortes de passerelles de mémoire. Et pourquoi pas des jeunes qui n’ont rien à voir avec cette histoire ».

Par ailleurs, elle, nous rappelle qu’elle est pleinement impliquée. Fille de Harki qui a combattu pendant la guerre d’Algérie, un frère également militaire… Elle relève que les "Chibanis" (cheveux blancs en arabe dialectal) « doivent être accompagnés » ; « eux qui sont attachés à la légion d’honneur, à ces titres aux connotations militaires » ; qu’il « faut faire un geste pour les veuves de ces combattants disparus ». Mme Bougrab a fait, vous l’aurez compris un long hommage à cette communauté à laquelle elle appartient, et a semblé émue par le sujet, nous rappelant que si elle était docteur en droit et maître des Requêtes aujourd’hui, elle le devait au dévouement de sa mère.

Elle conclut sa visite sur deux réflexions : sa visite qu’elle dit placée « sous le sceau de la lutte contre la discrimination de toutes les communautés, et à double titre celle des Harkis », sur les terres des Cévennes, dont elle fait le parallèle avec toutes les formes de résistances passées (Guerres de religions), y compris à travers l’expérience de PGO aujourd’hui qui emploierait des personnes de toutes les horizons sociales et ethniques, elle qui veut « faire fonctionner l’ascenseur social ». Ensuite, elle a rappelé son attachement patriotique à la France, tout en ajoutant qu’il faut parfois rester « critique », notamment sur la question des Harkis, et la signature des accords d’Evian en mars 1962, par Pierre Messmer (ministre des Armées de l’époque) et le général de De Gaulle. Elle rappelle enfin qu’elle a été marquée par « les propos d’un élu qui a parlé de sous-hommes » [Georges Frêche], et qu’une loi devrait être promulguée afin de pénaliser les propos anti-harki.

Info Plus :

Les trois associations présentes à la table ronde :

- L’Association du mouvement Harki du département du Gard ;

- L’amicale des Harkis et Anciens Combattants d’Alès (présidée par Nadia Okki, première adjointe à la mairie de Saint Martin, chevalier de l'ordre national du Mérite) ;

- La maison des anciens combattants d’Afrique du Nord, des Harkis et des Moghaznis.

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