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LE GRAU-DU-ROI CRITIQUÉ PAR LA COUR RÉGIONALE DES COMPTES

Un rapport rendu public le 14 février dernier par la chambre régionale des comptes (CRC) du Languedoc-Roussillon pointe du doigt certains dossiers gérés par la commune du Grau-du-Roi (notamment de ses plages) et fait réagir son Premier magistrat, Étienne Mourrut.

L’élu Ump, également député, conscient du travail de l’instance (Autorité Administrative Indépendante), reconnaît « qu’elle n’est pas là pour distribuer des bons points ». Il n’en demeure pas moins que le dossier aurait pu « être utilisé à des fins politiques par certains », dit-il, et se dit « très tranquille » par rapport à la gestion de divers dossiers épluchés par la Cour Régionale des Comptes (CRC), qui est d’ailleurs « là pour relever des contradictions ». M. Mourrut regrette par contre que cette autorité ne « tienne parfois pas compte des remarques que l’on fait » sur la réalité du terrain, prétend-t-il, comme dans la dizaine de dossiers étudiés ici à propos de la gestion de la commune du Grau-du-Roi, parmi laquelle l’implantation du casino, qui aurait été « favorisée », avec l’implantation d’un rond-point « surdimensionné », dira-t-on. L’élu rappelle de son côté qu’il avait réclamé un devis par le conseil général du département pour une estimation à 350.000 euros. Souhaitant aller plus loin, la municipalité avait souhaité « desservir les campings, le Luna Park, l’accès au cimetière etc. pour un montant final de 500.000 euros, avec une participation de 150.000 euros de la ville ».

Un taux d’imposition trop bas ?

Autre dossier pointé du doigt par la CRC, comme le confirme lui-même Étienne Mourrut, le taux d’imposition « trop bas » pour l’instance, qui souligne un taux d’endettement trop important, soit 1.700 euros par habitant. Qu’importe pour M. Mourrut qui a fait le choix de garder « l’un des taux d’imposition les plus bas de la région », pour, dit-il : « que les habitants puissent conserver un niveau de vie acceptable », tant en rappelant : « nous sommes endettés, mais pas surendettés. Nous pouvons faire face », soulignant qu’il y a peu la commune avait un excédent de 578.000 euros.

À l’occasion de l’édition de ce rapport de la CRC, comme « la gazette.fr » l’a relevé récemment, c’est aussi la gestion des plages du Grau-du-Roi qui est passée au crible : « absence de suivi des procès-verbaux dressés par la subdivision maritime » ; liens avec des élus municipaux dans le cadre de concessions de plages, retard dans l’exécution des obligations contractuelles de la part de sociétés exploitante (d’où les faible redevances perçues par la commune)…

Concernant les concessions de plages, le maire de la ville rappelle que « l’on a droit de faire des sous-traités de concession », même s’il rappelle qu’il y a eu des dérives dans le passé, et qu’aujourd’hui, le régime est dicté par la loi dite « Sapin » (obligeant les collectivités à passer par une délégation de service public pour la concession de ses plages).

En l’espèce, l’élu maintient que les procédures ont été respectées, avec « un appel à concurrence, la constitution d’une commission d’appel, composée d’élus municipaux d’opposition. Une fois les délais respectés, la commission a étudié lot par lot et statué selon des critères précis (prix, présentation, qualification du demandeur…) ». Il ajoute que « la commission compétente composée d’élus a décidé à l’unanimité il y a trois ans, pour un contrat de cinq ans », comme de coutume.

M. Mourrut a par ailleurs rappelé que les candidats écartés et mécontents suite à l’obtention de ces concessions ont été récemment « déboutés par le tribunal administratif ».

De mauvaises habitudes partagées par tous…

Et à propos des accusations de favoritisme en direction de certains d’élus, Étienne Mourrut regrette que « l’on jette le discrédit sur le conseil municipal », et rappelle « qu’il n’est pas interdit qu’il existe des liens de parenté entre un élu et un candidat » [à l’obtention de ces concessions]. Le cas s’est présenté pour deux lots, composés d’un candidat, épouse d’un adjoint à la municipalité, pour l’un, et du fils d’un conseiller municipal, pour l’autre. Réponse de l’élu : « il y en a un qui était seul dans un lot, sans concurrence, et il a payé le prix fixé ». Mais il confirme tout de même que « l’épouse de l’adjoint est associé à une personne qui a déjà eu une concession dans le passé ». Une situation qui ne semble pas être nouvelle… Bonne habitude ou non, Etienne Mourrut refuse « l’exclusivité », et rappelle que lors d’une consultation précédente, il y a huit ans environ, « des concessions ont été données à des proches d’élus d’opposition de l’époque, et personne n’a rien eu à redire… ». Un partout, la balle au centre donc ? Il y a certainement de « mauvaises habitudes » qui ont la vie dure… Et c’est bien pour cela que les magistrats de la CRC ont un rôle à jouer auprès des collectivités pour la gestion de leurs comptes, ne serait-ce que pour leur rappeler quel est le « droit chemin ».

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