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NÎMES : JEAN-MARIE LE PEN INAUGURE LA PERMANENCE DE J. SANCHEZ

Photo © objectifgard.com / MA

Alors que l’ancien leader frontiste s’était rendu il y a peu à Nîmes (le 15 janvier dernier), à l’occasion d’un grand « banquet patriotique » donné au Novotel de l’Atria, dans le cadre du lancement de la campagne de sa fille pour la présidentielle, le voilà de nouveau dans la capitale Gardoise, cette fois-ci pour l’inauguration de la permanence de campagne de Julien Sanchez, qui se présentera aux prochaines législatives dans le Gard. C’était peu avant 20h00 que Jean-Marie Le Pen est arrivée au lieu de rendez-vous.

Il s’est prêté au traditionnel « point-presse », avant de couper le cordon « bleu blanc rouge » symbolisant l’ouverture de la permanence située 6, square de la Bouquerie (à Nîmes), non loin de la Maison Carrée.

Une permanence qui finalement serait « la première » pour Julien Sanchez qui a rappelé vivre sa « 8e campagne électorale », législatives prochaines comprises. Pourquoi cet investissement ? Pour le futur candidat aux législatives, dans la 1ere circonscription, après « les bons résultats durant les cantonales et les régionales » (le parti frontiste ayant dépassé les 15 % pour les cantonales de 2011) , « il fallait le faire, car je pense que l’on a des chances de dépasser les 40 % des voix et d’obtenir des sièges à l’Assemblée ».

A cette occasion le jeune conseiller régional remercie de la venue de son mentor qu’il remercie de l’avoir inspiré à « faire de la politique » alors qu’il n’était « qu’un jeune lycéen à Alès ». « A votre contact, j’ai tout appris, depuis sept ans », conclut-il sur ce chapitre.

Pourtant, il n’est pas évident que le jeune politicien ait tout pris de l’ancien leader Frontiste qui n’a pas dérogé à sa propre règle faite de provocations et de déclarations teintées de réflexions stigmatisantes, lorsqu’il ne s’agit pas d’attaques envers des adversaires politiques, ce qui reste plus classique dans le contexte politique. Nicolas Sarkozy et « son bilan sur dix ans » si l'on inclut les responsabilités ministérielles qu’il a occupé d’après J-M Le Pen. Ce dernier s’en prend aussi à Jean-Luc Mélanchon qu’il affuble du sobriquet « Merluchon » et qui monte sérieusement dans les sondages, un « tribun » lui aussi, que l’ex-leader du FN fustige, à travers sa description d’un parcours qu’il qualifie de « singulier » : « il vient du Trotskisme, du Socialisme et il est Franc maçon. C’est un comédien de la vie politique », commente Jean-Marie Le Pen. Quant à François Hollande, il n’est pas oublié, lui qui serait « torpillé » par Mélanchon, et qui serait d’après M. Le Pen : « gentil tout le temps, même à la tribune ».

Bref, tout le monde y passe, durant l’entrevue avec la presse, comme face aux militants pendant un dernier discours improvisé pour l’occasion dans les petites pièces du 60 m² du QG de campagne nîmois, bondé de militants, même si la petitesse de la surface ajoute à l’effet de masse sans doute. On nous annoncera finalement 250 à 300 personnes présentes.

Même rengaine pour un électorat qui réclame peut-être aussi ce vote exutoire dans une période difficile que le père de la nouvelle figure de proue du « vaisseau FN » prédit à maintes reprises comme augurant des jours plus sombres encore : les immigrés comme cause de nombres de maux pour la France, comme veut le croire l’ambassadeur de Marine Le Pen.

Photo © objectifgard.com / MA

Evoquant les derniers faits divers dont ceux qui nous ramènent à Mohamed Merah, le meurtrier au scooter à Montauban et Toulouse, J-M Le Pen déclare que « c’est éminemment politique », et qu’il n’y a « pas de raison de na pas en parler ». Pour lui, la France serait coupable « de remplacer des Salafiste par des Jihadiste » à la tête de pays d’Afrique du Nord, et rend responsable les américains de soutenir certains régimes dit « islamistes », avec l’Arabie Saoudite et le Qatar. Un discours qui semble parfois confus et pointant des responsabilités tous azimut, mais dont on cerne le thème central : « l’immigration massive et la régularisation des immigrés sont un vrai problème », déclare Jean-Marie Le Pen.

A propos de la marche prévu ce samedi pour la défense des animaux, le président d'honneur du Front national confirme qu’il n’y participera pas et « note qu’il n’y a pas que le FN qui n’est pas souhaité », avant de rappeler qu’il n’a pas attendu « les organisation de défense des animaux pour défendre la cause animale » faisant le lien avec la souffrance animale et l’abattage rituel, mais après le rappel de quelques souvenirs de corrida à Madrid, prétend qu’il n’est pas opposé à la corrida : paradoxe pour celui qui ne souhaite pas qu’elle s’étende sur tout le territoire, se référant à l’idée de tradition, et du faible nombre de taureaux qui meurent dans les arènes en France, contrairement à des millions de bœufs « agonisant, pendus à un crochet dans les abattoirs » chaque année.

Un discours qui stigmatise toujours autant une partie de la population

Mais un discours de Jean-Marie Le Pen doit forcément se dépeindre comme ici avec un final tragédien et des prédictions cataclysmiques et anxiogènes, sur fonds de stigmatisation, même s’il ne manque pas de signifier : « on n’a plus rien droit de dire », avant de mieux faire un lien direct et somme toute hasardeux entre délinquance et immigration : « il suffit d’ouvrir les journaux et de regarder les patronymes » ; il évoque « le trafic de drogue dans les banlieues » ; « le danger augmentera avec l’augmentation de l’immigration »… Pour conclure par : « on peut croire à un sursaut d’orgueil salvateur, sinon nous seront perdus face à de jeunes prédateurs devenus avides », soulignant à plusieurs reprises la forte augmentation de la population algérienne, justement jeune et subissant des difficultés fortes sur le marché de l’emploi, pour prédire qu’ « avant 2050, les européens seront minoritaires ».

Bien entendu en habile politicien, il n’oublie pas de rappeler les questions d’endettement de la France, dont il prétend qu’elle dépense « 50 milliards chaque année » pour son remboursement, qu’il y a « 8 millions de pauvres en France et 5 millions de chômeurs ».

Alors, chacun se fera son opinion… Les maux de la société seraient-il à chercher dans la seule question de l’immigration dans son ensemble, dans un monde globalisé où les capitaux et pas uniquement les Hommes, ne connaissent pas les frontières ? Jean-Marie Le Pen lui-même, échangeant avec des militants affirmait : « vous savez, je suis un vieux réac ‘ ».

Infos Plus

Jean-Marie Le Pen se rendra à l’invitation de l'USDIFRA (Union Syndicale de Défense des Intérêts des Français Repliés d'Algérie) ce samedi matin dans un des hôtels de Nîmes Ville Active, comme les autres candidats à l'élection présidentielle ou leurs représentants, amenés à passer leur Grand Oral devant la Communauté rapatriée.

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