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À NÎMES : « LA FRANCE CONTINUE À BAFOUER LES DROITS DES ENFANTS »

Photo DR/S.Ma

Ce samedi 31 mars, vers 15 heures, les membres du Réseau Éducation Sans Frontières (RESF) de Nîmes étaient nombreux à s'être réunis sur le parvis de la Maison Carrée à Nîmes pour manifester (mouvement national, Ndlr) contre le placement en rétention des enfants accompagnant leurs parents étrangers.

Et pour ce faire, ils n'ont pas fait que brandir de simples panneaux. À la file indienne, accrochés à une chaîne ou en se tenant la main, ils ont défilé, les regards braqués sur eux, dans les rues nîmoises de la Maison Carrée à l'Esplanade où se tenait le Printemps des enfants, le hasard du calendrier. Ils en ont aussi profité pour rebaptiser chaque nom de rue du prénom de chaque enfant ayant fait un séjour au centre de rétention de Nîmes. Le triste record est détenu par Samir, 5 ans et son frère Kevin, 2 ans, qui y ont passé 25 jours.

"C'est inadmissible, les enfants devraient être à l'école"

"La France est un état où les droits ne sont plus respecter. Et pour le pays des droits de l'homme, cela fait désordre." Les propos de Michel Tavernier, membre du RESF de Nîmes, sont sévères, c'est volontaire. Depuis 2004, le Réseau se bat -- entre autres -- pour que la France s'oppose  au placement en rétention des mineurs accompagnant leurs parents. La lutte est acharnée, et ce même s'ils ont remporté une bataille par le biais de la Cour Européenne des Droits de l'Homme qui, le 19 janvier dernier, a condamné la France pour avoir enfermé une famille kazakhe en attente d'expulsion au centre de rétention administrative (CRA) de Rouen-Oisse, inadapté pour leurs deux filles, l'une âgée de trois et encore bébé. "Il y a toujours des enfants retenus et notamment au CRA de Nîmes. C'est inadmissible, les enfants ne devraient pas être en prison, parce que ça y ressemble soyons clairs, mais à l'école, se désole Michel Tavernier. Ces gens ont aussi des droits et la France ne les respectent pas."

D'autant que si l'on en croit l'article L562-1 du CESEDA (Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile), il y aurait une solution pour éviter la rétention : Les Préfectures peuvent ab initio prendre une décision d'assignation à résidence avec surveillance électronique, après accord de l'étranger père ou mère d'un enfant mineur résidant en France dont il contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans et lorsque cet étranger ne peut pas être assigné à résidence en application de l'article L. 561-2 du présent code.

L'appel est lancé aux candidats

À la veille de l'élection présidentielle, le Réseau Éducation Sans Frontières a envoyé un courrier à chaque candidat pour que le sujet du placement en centre de rétention des mineurs soit intégré et remis en cause dans leur programme. Selon Michel Tavernier, seuls Jean-Luc Mélonchon, Front de Gauche, François Hollande, PS, Philippe Poutou, NPA, Éva Joly, les Verts et Nathalie Arthaud LO, auraient répondu proposant "quelques vastes avancées." Pas facile de se frayer une place entre le pouvoir d'achat, l'emploi, la sécurité...

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