A la uneActualité générale.ActualitésEcologie.Economie

NÎMES : L’ÉCOLE WALLON, COMME UN POUMON URBAIN…

Photo © objectifgard.com / MA

En marge de l’inauguration de la Cyber Base Emploi du quartier du Chemin Bas d’Avignon, à Nîmes, le 19 avril dernier, Jacky Raymond, adjoint au maire, délégué à l'enseignement scolaire, évoquait déjà la prochaine inauguration de la nouvelle école Wallon, dans le quartier de Pissevin, rue Utrillo (une artère parallèle au boulevard Kennedy). Un projet dont le coût est évalué à 17 millions d’euros, et qui permettra de voir dans un même établissement tout ce qui se fait de plus moderne en termes d’aménagement en équipements numériques pour les classes, le plus spectaculaire étant le fameux tableau numérique, qui doit équiper l’ensemble des classes de la ville de Nîmes (cycle 2 à 3, d’ici à 2014, à un rythme de 110 classes par an, l’opération étant en cours depuis 2010).

Discussion entre élus et responsables du projet (Sylvia Figueiredo, Chargée de mission « clauses sociales », à droite) - Photo © objectifgard.com / MA

Ce lundi matin (23 avril 2012), une visite officielle du chantier de l’École Wallon s’est déroulée, en présence de Jean-Paul Fournier et nombre d’élus municipaux, comme Laurent Burgoa (également élu au département), Jean-Marie Filippi , Richard Tibérino, Jacky Raymond (tous trois adjoints au maire), mais aussi Benjamin Lacor (directeur général de la maison de l’emploi de Nîmes), Sébastien Picard pour Eiffage Construction Gard et Sylvia Figueiredo, Chargée de mission « clauses sociales » (pour la maison de l’emploi). En effet, ce chantier, entamé en mars 2010, a fait appel à 12.000 heures de travail effectuées dans le cadre du PLIE, soit 36 personnes, non-qualifiées au départ, formées en alternance : un public issu à 83 % de ZUS (25 % du total issu de Pissevin à Nîmes), et pour 60 % âgé de moins de 26 ans.

Une question retient l’assistance autour de deux personnages notables qui mènent la visite : Thierry Serda, chef de projet (du service des équipements de la direction de la construction de la ville de Nîmes) et l’architecte en la personne de Richard Teissier (de l'agence Portal Thomas Teissier Architecte) que l’on présentera au cours de la visite comme étant « le « Géo Trouvetout » du projet : ils expliquent tour à tour l’importance de sécuriser les pourtours d’une voie d’accès qui longe le bâtiment scolaire d’un côté et le boulevard Kennedy de l’autre, très fréquenté par des voitures qui roulent à vive allure : « on va créer un obstacle de 1 m de haut, en plus de l’implantation d’une glissière le long de la route » disent-il, sachant que les enfants de la future école n’auront pas à passer par ce passage réservé. Une inquiétude apparemment pour les élus.

Photo © objectifgard.com / MA

Au cours de la visite que semble avoir appréciée le sénateur-maire, on découvre un bâtiment bourré d’innovations technologiques avec en ligne de mire les économies d’énergie et la mise en avant de la pénétration de la lumière à l’intérieur de la future école. On tombe ici et là sur un agencement des espaces à la fois ingénieux et pratique : des codes couleurs pour les zones concernant les plus petits par exemple que l’on reconnaît au vert appliqué sur une partie des murs, des fenêtres et ouvertures plus ou moins importantes selon l’orientation des pièces, soit plein Sud, soit côté Nord (Ouest ou Est). On trouve aussi  pour séparer la future cuisine de la salle de restauration des enfants, une cloison antibruit qui se présente comme une feuille blanche pliée façon « cocotte en papier » solide et esthétique à la fois nous dira-ton.

M Serda, le chef de projet qui mène la visite nous décline les 4 objectifs principaux que remplit la reconstruction de l’ancienne école qui se situait non loin de là, dans la partie Ouest du quartier de Pissevin :

Photo © objectifgard.com / MA

- scolaire;

- environnemental (bâtiment HQE…) ;

- social ;

- urbanistique.

Pour la partie environnemental, M. Serda nous explique que cette prochaine école, qui sera prête dès le mois de juillet pour une rentrée effective en septembre 2012, va « le plus loin possible actuellement dans la démarche de développement durable (en termes de respect des normes Basses consommations, Haute Qualité Environnementale ou Bâtiment Durable Méditerranéen), peut-être plus loin encore que pour ce qui a été fait pour l’Ecole des Platanettes - Jean Carrière ». Le chef de projet indique à ce sujet : « dans trois à quatre ans, on se rendra compte du comportement plus ou moins efficace des différents projets les uns par rapport aux autres ».

Au frais l’été sans climatisation…

Photo © objectifgard.com / MA

Il faut noter qu’à l’intérieur de ce qui ressemble à un vaste vaisseau spatial, « la lumière indirecte » est quasiment bannie. « Un travail sur la lumière, l’isolation et la ventilation » a été réalisé, comme l’indique l’architecte Richard Teissier. Pourtant, « on est au frais l’été ». Grâce à des murs de béton et une couche d’isolant de 20 cm d’épaisseur, mais aussi d’un toit végétal, qui sera posé à la fin du mois de mai, les futurs élèves seront parés à passer les quatre saisons à l’abri de la chaleur l’été et du froid l’hiver. Une petite expérimentation qui pourrait faire l’objet d’un enseignement pédagogique : un mur végétal de 30 m², placé à la fin des travaux en juillet prochain aura pour objectif le « rejet de certaines toxicités » raconte Thierry Serda, une manière aussi d’anticiper sur une prochaine norme liée à la qualité de l’air intérieure promulguée en janvier 2014. M. Teissier renchérit : « le mur végétal vise à dépolluer l’air intérieur de la partie école maternelle où il sera installé, et pour le côté esthétique, on pourra le voir par transparence de l’étage du dessous ». De plus, un héliostat permettra d’amener la lumière au rez-de-chaussée à travers le « R+1 » (étage supérieur), une lumière qui sera diffusée par un effet de prisme. Par ailleurs, comme le précise l’architecte, « tous les brise-soleils changeront en fonction de l’orientation et éviteront ainsi toute surchauffe ». On arrive même à un paradoxe avec ce type de bâtiment avare en dépenses d’énergie. Proportionnellement, le moindre appel en source d’énergie a un impact non négligeable sur le budget en sus, d’où la décision des responsables du projet de se brancher sur le réseau de chauffage urbain.

Un bâtiment qui répond à une logique « organique »

Nous apprendrons plus tard auprès de l’architecte ingénieux, et apparemment ouvert sur le monde que l’origine de ce bâtiment, qui surprend par son aspect, et qui peut, soit déranger, soit subjuguer, est à chercher du côté de Brasilia « où les bâtiments publics, implantés dans des zones urbaines, composées de barres d’immeubles ont un côté organique. C’est ce que l’on a voulu recréer ici », précise Richard Teissier toutes proportions gardées. D’où l’idée de créer une école « allongée le long du boulevard », mais protégée de celui-ci, car « tournée vers la colline ». On retrouve finalement 9 mètres de dénivelé entre le haut et le bas du terrain, où le bâtiment reposerait sur pilotis, au-dessus de bassins de rétention, récupérant l’eau de pluie.

Un joli petit paradis que les enseignants auront le privilège de découvrir les premiers, lors de leur déménagement prévu en juillet prochain.

Infos Plus :

- Coût du chantier de la reconstruction de l’École Wallon, 15 millions d’euros, auxquels s’ajoutent 2 millions consacrés à la démolition de l’ancienne bâtisse devenue obsolète en termes de consommation d’énergie et de mode de fonctionnement.

- Pour voir une illustration animée du projet de l’école Wallon, et de toute son originalité esthétique et technologique, voir cette vidéo.

Etiquette

Vous aimeriez aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Close

Adblock a été detecté.

Merci de nous aider en désactivant votre blockage de publicité