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NÎMES : La sécurité en milieu hospitalier, le CHU a pris les devants…

Photo © objectifgard.com / MA

Aujourd’hui et demain (mardi 15 mai 2012), le CHU Carémeau de Nîmes organise  ses journées Anti-malveillance pour la troisième fois. Il s’agit d’informer le public et le personnel hospitalier sur la lutte contre la malveillance mise en place au sein de l’hôpital.

Un moment-clé de ces deux jours consistait en une conférence-débat ce lundi 14 mai, en début d’après-midi, dans la salle du Plan Blanc du CHU, en présence notamment de Fabienne Guerrieri, commissaire divisionnaire chargée de mission de la Direction Générale de l’Offre de Soins – Observatoire national des violences en milieu de santé, qui nous a confié qu’elle souhaitait qu’au niveau national, « on s’empare de l’expérience du CHU de Nîmes », un exemple finalement en termes de sécurité interne.

Une réussite dont est garant Thierry Gaussen, chef du Service de Sécurité des Biens et des Personnes (en fonction au CHU depuis 2007), qui souhaite « pouvoir dire au public que la violence n’est pas une fatalité ». Son service, « entièrement dédié et formé à la sécurité », compte 33 agents de service hospitalier sur le CHU Carémeau, le centre hospitalier du Grau-du-Roi et toutes les annexes telles que le Centre de Gérontologie de Serre-cavalier (à Nîmes). Une équipe composée de trois femmes. 27 agents sont rattachés au seul CHU Carémeau, où l’on compterait « seulement » 39 vols déclarés en 2011, gage de réussite, d’après les informations transmises par M. Gaussen. Des actes commis autant dans des vestiaires, parkings, chambres… Qu’il s’agisse de matériel ou de denrées alimentaires. Il nous est rappelé, en préambule à la conférence-débat, que « plusieurs vols par jour sont déclarés dans les hôpitaux de France ». Un bon chiffre donc d’après les informations transmises par les intervenants du jour, pour le CHU de Nîmes, qui serait dû aux « rappels de précautions d’usage », et notamment aux « multiplications des rondes », comme l’indique Thierry Gaussen, dont l’équipe a pu intercepter en plein flagrant délit de vol un visiteur l’année dernière, par exemple, qui n’en était pas à son premier délit. Mais les agents du Service sécurité des Biens et des personnes de l’hôpital, comme leur nom l’indique, ne sont pas des policiers. Comme M. Gaussen l’indique, de même que l’un de ses agents, Fabien (16 ans d’expérience au CHU de Nîmes), « il s’agit d’intervenir à l’aide de méthodes spécifiques, sans occasionner de blessures, en plein milieu hospitalier. Cette formation s’adapte d’ailleurs de manière autonome aux exigences nouvelles ».

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Le « Monsieur sécurité » du CHU de Nîmes souligne qu’un « observatoire local de la violence en milieu hospitalier a été créé : un groupe restreint, pluridisciplinaires [psychiatres, psychologues, médecins du travail…] ». En termes d’interventions, en 2011, on en compterait 2.000, « dont la moitié sont liées à des agressions verbales ou physiques [accompagnants, visiteurs et patients compris] », témoigne M. Gaussen.

D’après ces observateurs de terrain, il semblerait que depuis quelques années, les services psychiatriques et les urgences, jusque-là très sensibles à ces questions, ne sont plus les seuls services touchés : « tous les services, y compris la médecine générale » est impactées par le phénomène de violence. Pour Mme Guerrieri, « depuis trois ans on constate que c’est plus difficile ». Un phénomène que l’on pourrait mettre en parallèle avec une évolution d’ordre social. Un manque de « patience » que l’on constate d’après les témoignages de patients, comme de personnels médicaux, dixit l’Observatoire national. Thierry Gaussen et Fabienne Guerrieri soulignent que : « aujourd’hui, si vous allez dans une salle d’attente, cela semble plus difficile d’attendre deux heures durant, qu’auparavant ». Impossible de savoir si cela peut-être dû à des questions de moyens ou non par exemple. Il n’existerait pas d’études le mettant en exergue aujourd’hui. Les services de sécurité interviennent en immersion, et évitent « d’exacerber les visiteurs ou patients qui risqueraient de sur-réagir » ; et pour cela opèrent « un gros travail de communication auprès du personnel ».

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Mme Guerrieri rappelle que « la moitié des agressions en milieu hospitalier sont, à Nîmes comme ailleurs, des coups portés aux victimes, 25 % sont des insultes et 25 % sont des menaces ». Par ailleurs, les trois quarts des agressions seraient dirigés envers les membres du personnel hospitalier. Cela aurait donc un impact sur la qualité des soins, d’autant que, globalement, 77 % des auteurs seraient des patients, et « si l’on se penche sur le cas spécifique des urgences, 33 % des auteurs sont des accompagnants, et non des patients », d’après la représentante de l’Observatoire national des violences en milieu de santé. D’où l’utilité des formations dispensées au sein de l’hôpital par Lionel Zapera (agent hospitalier, référent formation), à la tête de l’Organisme de Formation aux Métiers de la Sécurité en Milieu Hospitalier.

Fabien, qui se tenait ce lundi à disposition du public, pour informer, dans le hall principal du CHU Carémeau (avec José et Damien), nous rappelle que les agents disposent de deux jours de formation par an, et que, par ailleurs, les personnels peuvent profiter « d’une initiation, un jour par an », et ainsi mieux connaître les interventions des agents, ou savoir immobiliser le bras d’un patient perfusé, sans le blesser, par exemple, alors qu’il refuserait des soins, devenu dangereux pour lui-même et les autres. Il se souvient de ses débuts « avec son pantalon à pinces et sa chemise jaune, que l’on déchirait régulièrement en intervention », lui à qui l’on a confié « toutes les clés, qui ouvrent pas moins de 10.000 portes ». Celui qui est titulaire d’un CAP sécurité souligne qu’il y a aussi « une soixantaine d’alarmes » au CHU et un système de vidéosurveillance, centralisé dans un PC sécurité. Fabien en a vu des situations rocambolesques. Son quotidien : « accompagner au dépôt d’un plainte des membres du personnel hospitalier suite à une agression, libérer un enfant bloqué dans une voiture du parking de l’hôpital, assister à l’atterrissage d’un hélicoptère, intervenir sur la voirie quand un poney perdu bloque la circulation devant le CHU… »Bref, une équipe polyvalente, qui intervient 24 heures sur 24, 7 jour sur 7 dans toutes les situations pour que l’hôpital reste sûr, avec le moins de heurts possible…

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Chiffres-clés :

- 200.000 personnes (file active) en moyenne par an au CHU de Nîmes, soit plus que le nombre d’habitants de la ville ;

- 60.000 patients, dont le dossier est traité, par an ;

- la surface du seul CHU de Nîmes Carémeau est égale à environ 54 hectares, pour 4.000 employés

- 5.400 employés sont répartis sur l’ensemble des services (CHU Carémeau, Grau-du-Roi et autres annexes du CHU).

Infos Plus :

Consulter la page internet de l'Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS), sur le site du ministère de la Santé.

Les bonnes pratiques contre les violences en milieu de santé, sur le site du ministère de la Santé.

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