ALÈS : Annulation de la corrida, les « anti-taurins » en ont rêvé… La pluie s’en est chargée

Photo © objectifgard.com / MA

Quelques 250 manifestants anti-corrida (au plus fort du mouvement, de sources policières) s’étaient donnés rendez-vous dès 9h00 ce dimanche matin à Alès, aux abords des arènes du Temperas. L’objectif : donner un maximum de visibilité à leur cause, et espérer que les corridas programmées n’est pas lieu en ce week-end de féria. Celle du matin a finalement été annulée… Pour cause de pluies diluviennes. Un simple sursis diraient certains… La corrida programmée le soir, aura bien lieu vers 17h00, le ciel s’étant dégagé entre-temps.

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C’est au coin de l’avenue Carnot et de la rue du Temperas que des barrières ont été installées par les forces de l’ordre, empêchant tout débordement entre ceux qui souhaitaient entrer pour assister à la corrida à cheval prévue à 11h00, et ceux qui s’opposaient à son organisation, mais qui voulaient surtout le faire savoir. Le CRAC Europe (Comité Radicalement Anti Corrida) était bien représenté avec son vice-président, l’alésien Jean-Pierre Garrigue, mais de nombreuses autres associations composaient les rangs des « anti », (fondation Brigitte Bardot par exemple). Même l’Alliance Anti-corrida, dont la porte-parole, Claire Starozinski, pouvait, semble-t-il, montrer certaines divergences avec son homologue alésien, était présente, et participait à ce mouvement « d’Union ».

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Quelques « crispations » ont jalonné la matinée sur le bord du Gardon entre CRS et manifestants, avant que le sous-préfet d’Alès n’arrive sur place, M. Garrigue s’interrogeant sur les raisons dudit « blocage » du camion transportant la « sono » prévue pour la manifestation. L’organisateur du mouvement est même allé jusqu’à affirmer que les individus présumés policiers avaient eu « des propos d’aficionados » à leur encontre. Il était apparemment question de policiers présents pour les protéger. Difficile de s’y retrouver à ce moment des évènements, tant la « température monte », M. Garrigue  s’adressant à M. Janas (directeur adjoint de la DDSP du Gard) : « est-ce qu’il faut aller défoncer les barrières… ? », lance à son attention, M. Garrigue au mégaphone, et réclamant de récupérer la sono et le chauffeur du véhicule responsable du matériel.

Le Sous-préfet, Christophe Marx arrive enfin sur les lieux, rejoignant Mme la Commissaire Palpacuer et M. Janas, alors que le ton était en train de monter. M. Garrigue n’avait pas omis de faire un long plaidoyer soulignant : « ce n’est pas nous les provocateurs, c’est eux ! », s’adressant aux organisateurs de corridas notamment, et évoquant la provocation, en retour de celle qu’on leur porterait, de la statue installée sur le parvis des arènes de Nîmes (de Nimeno II), comme étant celle « d’un assassin et d’un tortionnaire ».

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Le représentant du CRAC Europe, a pointé du doigt deux éléments qui ont causé aussi la mobilisation de cette matinée sur Alès : « la présence d’un picador dans les arènes [NDLR : un torero à cheval dont le rôle consiste à piquer le taureau lors du premier tercio, à l’aide d’une pique de 2,60 mètres de long environ], une première à Alès », scande-t-il au travers de son mégaphone. Par ailleurs, il critique la venue du rejoneador portugais, Rui Fernandes, dont un cheval a été éventré par un taureau dans les arènes de Séville, et dont une demande d’annulation avait même été transmise aux organisateur par Max Roustan (député-maire d’Alès). Il évoque une scène selon laquelle le torero aurait laissé son cheval « éventré, les entrailles jonchant le sol », pour poursuivre avec une autre monture.

Parmi les anti-corridas, comme parmi les pro-corridas, qui se rendent au spectacle, on se répond parfois, à coup de provocations ici et là, Jean-Pierre Garrigue menaçant d’exclure ceux qui lanceraient des insultes. Face à la foule de manifestants qui parfois lancent « Torture, ce ne n’est pas notre culture » ; « abolition corrida » ; « assassins » ; « parents indignes » [à ceux qui emmènent des jeunes enfants ou des bébés], on répond par l’indifférence, l’étonnement, l’insulte ou le fameux « bras d’honneur », côté aficionado (pour l’un d’entre eux seulement). Du classique, pour ce type d’opposition forte autour de traditions. Bref de « charmants » échanges de courtoisie. Toutefois, l’intervention du sous-préfet, suivi d’un conciliabule improvisé sur un trottoir de la rue du Tempéras entre le chef de la police départementale (M. Janas), le sous-préfet d’Alès, M. Marx et Jean-Pierre Garrigue, a permis de revenir à une accalmie générale, ponctuées de quelques sifflets au passages de spectateur de corrida devant la barrière filtrante mis en place par les policiers nationaux et municipaux.

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Le sous-préfet nous tient alors un discours propice à un retour au calme, rappelant quelle était l’objet de sa mission, prévenir les troubles à l’ordre public. Mais il souligne également : « nous sommes dans une démocratie. Chacun a droit de s’exprimer. Ils voulaient être entendus, je crois que c’est fait. Ils vont pouvoir installer leur matériel, dans une rue avoisinante. Nous sommes ni pour, ni contre. Nous voulons que chacun puisse s’exprimer, en évitant toute violence. »

Jean-Pierre Garrigue peut alors s’exprimer face aux manifestants, après quelques échauffourées entre policiers et l’un d’entre eux qui semblait empêcher le passage d’un spectateur. « Calmez-vous » harangue aussitôt M. Garrigue : « j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer », insiste-t-il, alors qu’il ressortait des arènes du Temperas, accompagné de M. Janas : « la séance de torture va commencer et les arènes sont vides ! Ça va être un fiasco total », lance-t-il, dans un sourire. En écho, cris de joie de la foule acquise à sa cause. Pourtant, malgré la pluie, vers 10h40, les spectateurs continuent d’affluer en direction des arènes, équipés de parapluies, comme pour démentir les propos émis à l’instant.

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Du côté des quelques spectateurs sollicités à l’entrée des arènes, afin de s’exprimer sur le mouvement des anti-taurins, l’un d’eux déclare : « cela ne me gêne pas trop qu’ils expriment leur opposition, tant que cela ne dépasse pas les limites ». Une autre spectatrice qui ne se dit ni anti, ni aficionado, mais « curieuse d’une culture » : « c’est en fait une démonstration de force de la police. Je ne comprends pas. Nous ne sommes  quand même pas en Catalogne », sous-entendant que les risques ne sont pas si grands autour de cette manifestation. Elle ajoute : « on paie pour tous ces fonctionnaires de police, pour rien ».

Quoi qu’il en soit, cette dame aura peut-être payé pour rien, puisqu’avec le véritable déluge que connaissent les Cévennes traditionnellement au mois de septembre, et qui se manifeste ici, dès 11h30, l’annonce tombe comme un couperet pour les spectateurs, et comme une délivrance pour les anti-corridas : la corrida à cheval qui devait se dérouler en fin de matinée est annulée. Les spectateurs devraient être tout de même remboursés grâce à un système d’assurances. Jean-Pierre Garrigue plus tôt dans la matinée : « si la corrida est annulée, on nous annonce que le CRAC sera attaqué en justice, pour éviter d’avoir à rembourser pour cause de pluie. Eh bien qu’ils nous attaquent ! », avait-il lancé. Un propos surprenant au vue du cordon de CRS (une trentaine au total, soit une demi-compagnie) et du système de sécurité mis en place, qui n’aurait pu vraisemblablement souffrir d’un débordement entrainant l’impossibilité matérielle de tenir cette corrida.

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A noter que Claire Starozinski est intervenue au mégaphone pour montrer sa solidarité avec le mouvement, une candidate écologiste aux législatives dans le Var également, et Paula Lois, la présidente de l’association C.H.E.V.A.L, très applaudie. Il a été rappelé qu’une association Néerlandaise, le CAS, qui compte plus de 18.000 adhérents était également représentée ce dimanche matin à Alès.

10 Réponses pour ALÈS : Annulation de la corrida, les « anti-taurins » en ont rêvé… La pluie s’en est chargée

  1. jean louis touze

    Bravo à tous qui sont venus manifester contre la cruauté et la barbarie érigées en spectacle !!! HONTE A CES HOMMES POLITIQUES QUI NE VEULENT PAS ENTENDRE LA GRANDE MAJORITE DES FRANCAIS !!!

    ABOLITION des massacres de taureaux et chevaux !!! Nous, ceux qui ne supportent plus cette atrocité soutenue par l’Etat, nous irons jusqu’au bout jusqu’a l’interdiction de ces “spectacles” sanguinaires !!!

  2. Vous avez raison, Arrêté cette morts gratuite envers les taureaux et les chevaux, il faut pas les oublier eux aussi !

  3. BRAVO, aux anti corrida! Je suis contre cette barbarie, la tradition ne doit pas justifier des actes de crautés envers les animaux.

  4. en esperant qu’un jour cette chose horrible sanguinaire ignoble ne fasse plus partie de notre quotidien la corrida est une chose ignoble bravo a tous ces militants !!!!!!!!

  5. On accepte vos encouragements mais au lieu de manifester votre haine de la corrida derrière votre clavier il serait peut être préférable de nous rejoindre pour militer.

    • ok avec Alexia: de très nombreuses personnes sont contre, en particulier des gens du cru… mais très peu se “bougent ” ne serait-ce qu’ une fois dans l’ année pour défendre les couleurs de la dignité et de l’ humanisme de leur région. Corrida basta et nous y arriverons aussi en nous montrant nombreux sur le terrain!Pour la défense de ces animaux martyrisés, rejoignez-nous!

    • Oui il vaux mieux manifester sa haine en direct comme les insultes qu’on a reçu hier!!!

  6. Pour infos, et pour ceux qui manifestant ou non, une opération enveloppe rouge est mise en place pour envahir l’élysée en Juin. Rapprochez vous du Crac Europe ou des assocs de protection animale. C’est un acte symbolique mais plus on sera, plus ce sera impressionnant. Je plains le facteur ce jour là!!!!

  7. Félicitations aux anti corrida. Il est impératif que cette barbarie cesse le plus vite possible.

  8. Bravo! c’est une victoire,qui démontre que le mouvement a du poids ! quand on dérange à ce point là…les politiques bougent et ne veulent pas de vagues… faut continuer.Bravo à vous tous sur place.

    La fête n’a pas besoin de torture et de barbarie sur les animaux.
    Maintenant si 2 picadors -sans chevaux- veulent s’affronter dans l’arène, j’achèterai un billet !

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