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MUSÉE DE LA ROMANITÉ : Le projet enfin révélé aux Nîmois

Elisabeth Portzamparc, l'architecte, a présenté ce vendredi aux Nîmes son projet du Musée de la Romanité. Photo DR/S.Ma

Le Musée de la Romanité ne cesse de faire parler de lui. Il y a eu le concours international d'architecture lancé il y a un an et ces 103 dossiers, puis le vote du budget (près de 60 000 000€, pour lequel la Région et le Département ce sont déjà engagés contrairement à l’État) plus récemment et enfin, le vote pour l'attribution de la maîtrise d'ouvrage du projet du Musée de la Romanité à Élisabeth et Christian Portzamparc, deux architectes au palmarès impressionnant. C'est lors de cette dernière étape, que le Conseil municipal de Nîmes et la presse a pu découvrir très rapidement ce qui devrait pousser de terre d'ici 2017, à quelques mètres des Arènes de Nîmes, à l'endroit de l'Îlot Grill.

On avait les images, bien mal retranscrites, nous nous en excusons, mais pas l'explication... enfin jusqu'à aujourd'hui. Car pour la présentation de son projet aux Nîmois qui a donné lieu à une exposition dans le hall d'accueil du Carré d'Art, l'architecte Élisabeth Portzamparc a fait le déplacement de Paris jusqu'à la capitale gardoise pour pallier à ce manque détaillant ainsi les grandes lignes de son Musée de la Romanité. "Face aux Arènes, le Musée de la Romanité doit établir un dialogue architectural unique à travers deux mille ans d'histoire, s'inscrire dans la ville et devenir une évidente référence mondiale. Ici deux géométries, deux matériaux, deux architectures se répondent : face à al masse de pierre au dessin magnifique des arcs que Rome a laissé, le projet rayonne en une présence claire, lumineuse, une architecture fluide et diaphane qui semble en lévitation sur le site et sur le jardin archéologique. Pour nous, le bâti doit écrire une grande cohérence entre la ville, la muséographie inventive qui l'habite et le jardin archéologique qui le prolonge. Située à l'entrée de la ville ancienne, il fait apparaître les Arènes depuis la rue de la République à travers son rez-de-chaussée transparent. Il annonce et ouvre le spectacle" précise Élisabeth Portzamparc qui a collaboré avec deux  agences d'architectes de Montpellier, A+ Architecture, Agence Alain-Charles Perrot.

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La façade de verre qui semble flotter tout autour de bâtiment est certes agréable à l'oeil, mais le Musée de la Romanité, ce ne doit pas être qu'une esthétique, c'est aussi parcours muséographique. Et pour créer une muséographie de qualité qui a valu, entre autres, 16 voix sur les 18 membres du jury, l'architecte parisienne s'est associée à Dominique Darde, Présidente de l’Ecole Antique de Nîmes, Conservateur du Musée archéologique de Nîmes. Ainsi, les visiteurs pourront (re)découvrir entre autres les collections du musée archéologique de Nîmes qui comprennent plus de 25 000 pièces, parmi lesquelles, les mosaïques d’Achille et de Penthée, pièces majeures découvertes lors des fouilles sur le chantier des Allées Jaurès et non visibles aujourd’hui faute de place dans le musée actuel. Le fonds du musée se définit par sa qualité et son abondance, il est constitué d’objets archéologiques de provenance essentiellement locale, illustrant trois périodes : l’Age du Fer, l’époque romaine et le Moyen Age, très représentatifs des cultures qui se sont développées à Nîmes et dans la partie orientale du Languedoc. Trois périodes qui seront visibles donc au Musée de la Romanité selon un parcours en ascension du rez-de-chaussée jusqu'au toit où la visite se termine sur une vue d'ensemble de la ville.

Satisfait de ce projet, Jean-Paul Fournier, le sénateur-maire de Nîmes et président du jury du concours international d'architecture, a tenu à faire savoir que d'ici quelques années, si tout ce passe bien pour lui, eh oui, il ne faut pas oublier qu'il y a les élections en 2014, de nouveaux projets devraient pousser à côté de ce musée, à la place de l'Hôpital Ruffi, dont le Palais des Congrès et un hôtel. Mais ça, c'est une autre histoire...

Le Musée de la Romanité en quelques images

Photo DR/

La partie architecturale du musée lévitant sur le site est obtenu par l’articulation savante de l’enveloppe et de ses « porteurs en retrait ». C'est-à-dire que la grande boîte en verre translucide blanc et argent se pose en porte-à-faux sur les grands espaces vides et transparents du rez-de-chaussée. L’ombre portée de la façade dissimule les fins piliers de 60 cm disposés sur une trame régulière de 12 m parfaitement intégrée avec les volumes intérieurs. La large rue intérieure et cette « toge plissée » en verre de la façade magnifient la sensation d’allégement des masses qui semblent flotter sur le parvis des Arènes. Le voile de verre translucide et ondulant de la façade conjugue la transparence moderne et la tradition d’un savoir-faire ancestral du travail verrier ancré dans la région, enrichissant d'une autre histoire l'identité du musée. Il se détache dans la ville, il attire, il couvre le corps du musée comme s'il se souvenait de la réponse textile que furent les toges romaines aux parois de pierres taillées des Arènes.

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La Muséographie

Une muséographie innovante et interactive est proposée afin de captiver tous les publics par une présentation spectaculaire au service de l'histoire. Grâce à la 3D, à la réalité augmentée, aux technologies embarquées, à la vidéo, les vestiges, les sites ou les objets seront présentés dans leur contexte spatio-temporel.

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Le parcours se déroule au fil des époques selon une déambulation chronologique et thématique allant de la période pré-romaine jusqu’aux legs des romains à notre époque. Le visiteur est invité à démarrer la visite au niveau 1. Il est accueilli sur le palier de l’escalier à doubles flux, par une séquence introductive. Dès son arrivée il pourra apercevoir la reconstitution du fronton et des propylées du sanctuaire de la Fontaine. Ce sanctuaire monumental aujourd’hui disparu se trouvait à proximité de la source de la fontaine qui en faisait partie, le musée archéologique en conserve d’importants fragments.

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Un nouveau jardin au coeur de la ville
La mise en valeur des vestiges dans le jardin archéologique est l’un des centres névralgiques du projet. Ainsi, tout le traitement paysager de ce nouveau forum communautaire met en scène les vestiges de l’enceinte romaine, une muraille ponctuée de ses tours. Les parties minérales du sol privilégieront les tons verts, froids, pour faire ressortir davantage la pierre de la muraille. Profitant des dénivellements, toutes les vues autour du jardin seront avantagées par leurs encadrements visuels, stimulant ainsi un nouveau pôle de rencontres et de tourisme attirés par la mise en valeur des vestiges. Le legs de l’histoire et de la culture se distinguent aussi par la plantation des espèces vernaculaires, ou introduites par les échanges divers au sein de la civilisation méditerranéenne.

 

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