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PORTRAIT : Trois jeunes aventuriers gardois parcourent le monde à vélo…

Photo © Solidream

“Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve, une réalité”. Cette phrase rendue célèbre grâce à Antoine de Saint-Exupéry prend aujourd’hui tout son sens, à travers l’aventure extraordinaire de trois jeunes gardois (rejoints par Étienne, le Montpelliérain, et Bertrand durant une partie du périple) qui ont décidé de faire le pari fou de réaliser un tour du monde à vélo. Partis le 29 août 2010, du Grau-du-Roi, dont ils sont principalement originaires (ou ont leur famille qui y vit encore actuellement), Brian, Morgan et Siphay, de jeunes ingénieurs (ou étudiants-ingénieurs âgés de 24 à 27 ans) se dirigent actuellement en direction du Grand Nord et de l’Alaska, avec pour seul matériel, de quoi faire partager leur aventure (matériel photo et vidéo, informatique…), leur vélo, et l’équivalent de 8 euros par jour. Leur retour est prévu dans le Gard en août 2013.

Le leitmotiv de ces trois héros des temps modernes, transmis par Brian, contacté peu avant son départ vers l’Alaska :

– Le défi sportif

– Le travail de l’image en vue de leur témoignage

– Et surtout (à travers leurs rencontres des locaux) témoigner de la solidarité et de la fraternité qui existe à travers le monde et qu’ils côtoient eux-mêmes.

Objectif Gard : Mais comment est née cette aventure ?

Brian : « Au départ, c’était une idée de Morgan, avec sa petite amie de l’époque… Et finalement, après que l’idée ait germé, on a décidé de fonder une équipe de deux, puis trois et quatre personnes. Des amis. Et on a monté le site Internet [solidream.net».

O.G. : Qu’est-ce qui est commun dans cette aventure, ce qui vous lie ?

Brian : « c’est l’esprit d’équipe. Si l’on continue, c’est parce que l’on est ensemble. J’ai rejoint le projet parce que je n’étais pas seul. C’est la force du collectif ».

O.G. : Vous avez eu de vraies frayeurs au cours de cette équipée, encore en cours ?

Brian : « Je ne sais pas si ce sont de vraies frayeurs, mais au Venezuela, on a eu une sorte d’inquiétude permanente. C’est un endroit pas complètement sûr. En Amazonie, même si nous n’en avons pas rencontré, c’est du jaguar dont il fallait se méfier. Je me suis réveillé plusieurs fois en sursaut la nuit dans mon hamac. C’est comme les ours, quand on sera en Alaska. Il va falloir y faire attention aussi. Autrement, ce qui nous fait le plus peur, ce sont les humains. Nous seuls, on est fort ».

O.G. : Avec quel budget vous avez pu monter cette opération ?

Brian : « Pendant deux ans, on a chacun économisé et recherché des sponsors pour qu’aujourd’hui, sur les trois années d’expédition (nourriture, médicaments, réparation des vélos…), on se retrouve avec 8 euros par personne et par jour, soit un total de 80.000 euros pour quatre personnes [Bertrand, un autre acolyte, ayant participé pendant les six premiers mois, avant des repartir en Suisse, remplacé aujourd’hui par Etienne depuis trois mois, originaire de Montpellier]. Mais, grâce à l’aide dont on bénéficie, notamment par des dons réalisés sur notre site [également via Facebook : déjà plus de 2000 amis], on peut mieux répartir le budget, et réinvestir dans le matériel vidéo pour un meilleur rendu de nos témoignages. Et entre les partenaires et les soutiens, la moitié de notre budget provient de personnes extérieures ».

O.G. : Vous avez travaillé en France ? Ou l’aventure a déjà été préparée au-delà des frontières ?

Brian : « Moi, j’ai travaillé huit mois au Maroc pour BNP Paribas, Siphay et Bertrand, en Suisse (l’un en tant qu’ingénieur, l’autre en tant que manager commercial) et Morgan a participé à la réhabilitation d’un pont au Sénégal au sein de la société Eiffage ».

Photo © Solidream

O.G. : Vous avez déjà parcouru pas mal de chemin depuis votre départ du Casino du Grau-du-Roi en août 2010 ?

Brian : « Oui, on est parti de France (du Gard), en passant par l’Espagne, l’Afrique (le Sénégal notamment), puis l’Amérique Latine, les Etats-Unis. Après notre pause de trois semaines à Vancouver où nous avons eu la chance d’être hébergé chez quelqu’un, ce qui nous a permis de remettre les vélos en état, nous repartons vers Vancouver Island, et direction l’Alaska et le Grand Nord ».

O.G. : Ce n’est pas trop difficile de repartir après une telle pause ?

Brian : « c’est sûr que l’on est redevenu sédentaire, on se crée des attaches, et c’est le but aussi, mais il faut savoir repartir. Ce soir (le 24 mai 2012), on revoit toutes les personnes rencontrées (de 30 à 100 personnes sont attendues). Nous allons faire une conférence pour présenter notre projet [en anglais : NDLR]. On l’avait déjà fait, au Chili, au Venezuela, ou lorsque nous avons été interrogés sur une antenne locale de Fox Tv en Californie [à Las Végas] ».

O.G. : Qu’est-ce qui est le plus dur dans cette aventure finalement ?

Brian : « Être loin des gens que l’on aime. On a des petits coups de blues, mais on le sait, cela fait partie du challenge. Mais grâce à tout ce que l’on partage à travers nos témoignages, les documents que l’on apporte à nos proches à distances, on a l’impression que l’on est encore plus proche finalement. Mais on pense souvent à notre retour. Ce sera un grand jour ». [Prévu fin août 2013, au Grau-du-Roi]

 

Photo © Solidream

O.G. : Vous aurez forcément beaucoup de choses à rapporter de votre voyage. Vous avez pensé à réaliser quelque chose à partir de votre aventure ?

Brian : « Ce n’est pas encore défini, mais oui, pourquoi pas écrire un bouquin ou réaliser un long métrage. On y a pensé. L’idée de départ, c’est le partage et la solidarité ».

O.G. : Votre aventure reste un gros challenge sportif… Tout le monde ne peut pas faire cela sans entrainement… ?

Brian: « On est tous un peu sportif : pour les uns surf, winsurf… Etienne est un athlète. Mais nous avons voulu montrer aussi que c’était tout de même accessible à tout le monde. Nous n’avons pas fait de préparation physique à proprement parler. En plus, on n’aurait pas eu le temps, alors que nous avions déjà à préparer toute la partie logistique et budgétaire. Vous pouvez par exemple faire 30 km par jour seulement. Nous on fait en moyenne désormais 120 à 130 km par jour (voire 160 km). Notre record équivaut à 227 kms dans une journée ».

O.G. : C’est déjà un exploit… Sans compter votre chargement, qui représente… ?

Brian : « Le poids des bagages est de 25 kgs par vélo, sans la nourriture, ce qui représente, tout compris : 50 kgs ».

O.G. : Et vous trouvez le moyen de vous connecter à Internet pour alimenter votre site ?

Brian : « Oui, cela dépend des endroits où nous passons, mais aux Etats-Unis par exemple, c’est très facile de trouver des points d’accès. Pour les élections présidentielles par exemple, nous avons suivi le débat d’entre-deux tour dans un Mac Do ».

O.G. : Alimenter le site, c’est justement votre boulot à vous en particulier dans l’aventure Brian ?

Brian : « Oui, je me suis principalement occupé du site pendant la préparation. On l’alimente toujours, dès que l’on peut, avec du texte, de l’image, des vidéos. De plus en plus d’espace est dédié à l’image, pour rendre aussi à tous ceux qui nous soutiennent et nous suivent ».

O.G. : Un des prochains défis dans le Grand Nord ?

Brian : « On va construire notre propre radeau pour descendre le fleuve canadien Yukon. Cela devrait nous prendre un mois environ si tout se passe bien ».

 

Il y a une semaine, après une pause au Canada, à Vancouver, les quatre aventuriers (avec Etienne pour encore 3 mois dans le grand Nord) repartaient à 7h00 du matin par un ferry vers Vancouver Island, puis direction le Grand Nord et l’Alaska. Depuis notre dernier entretien, les aventuriers Gardois ont croisé la route d’un autre aventurier : Kaï, un explorateur du grand Nord qui les a inspirés.

Après l’Amérique du Nord, direction la Nouvelle Zélande pour de nouvelles aventures. Mais une pause avec les proches de Brian est prévue en août prochain : un petit intermède au Canada. Le retour définitif est programmé à la fin du mois d’août 2013, au Grau-du-Roi, point de départ initial.

ANECDOTES :

Ingrid, sœur de Brian, sapeur-pompier au Grau-du-Roi :

« Avec mon autre frère Roman, on a rejoint le groupe en Californie en février dernier, et on a parcouru le pays en camping-car, après avoir embarqué tout le monde ainsi que les vélos. Cela nous a permis de nous revoir, et ils ont pu réparer le matériel et alimenter le site Internet essentiellement ».

Sur l’origine du projet :

« Cela fait des années qu’ils ont envie de réaliser cette aventure, après déjà un tour de Corse et de la Croatie à leur actif ».

Stéphane, Pompier au Grau-du-Roi et ami d’Ingrid :

« Nous avons monté une opération le 21 avril 2012, à Beaucaire. Un tournoi de VTT. Des T-Shirt à l’effigie de Solidream étaient porté ce jour-là par les participants ».

Sur une des performances du groupe d’aventuriers qui a le plus impressionné Stéphane :

« Ils ont traversé l’Amazonie avec une simple feuille de papier : une carte imprimé via Google Earth, avec des repères de leur parcours à accomplir ».

Photo © Solidream

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