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TRIBUNAL DE NÎMES : 3 ans de prison requis contre le curé d’Uzès qui n’a plus qu’à prier !

"Un escroc à qui on donnerait le bon Dieu sans confession". Cette formule du procureur résume parfaitement l'affaire pour laquelle le Père Jacques Castanier, curé d'Uzès, est jugé ce vendredi 8 juin devant le tribunal correctionnel de Nîmes. L'homme d'Église s'avance à la barre avec la bonhomie des curés de campagne. Traits sympathiques, visage rond et jovial, tonsure de moine, le personnage inspire la confiance. Et il est peut-être là le problème. Car pendant des années, de 2007 à 2009, l'homme a abusé de la confiance de ses paroissiens en leur soutirant des sommes d'argents considérables. Le montant de l'escroquerie avoisine les 200 000 euros ! Une fidèle parmi les fidèles, qui vouait une confiance aveugle à l'homme d'Église et qui lui avait prêté sa voiture, cherche toujours à la récupérer.

Le procès du curé d'Uzès s'est joué dans les locaux du Palais de Justice de Nîmes

Mais, pour sa défense, le Père Castanier n'avait pas de si mauvaises intentions. Il n'a jamais été question pour lui de s'enrichir à des fins personnelles ou de se promener dans les rues d'Uzès avec les voitures de ses paroissiens. Le vrai bénéficiaire des mauvais agissements du curé est un dénommé Claudio, prostitué portugais et ancien amant du curé. Pour procurer de l'argent à son "ami", le prêtre réclamait des sommes de 500 à 2 000 euros à ses paroissiens en leurs faisant croire que leurs dons iraient directement à des familles dans le besoin. La réalité était bien différente : Claudio s'en servait pour acheter de la drogue. Hélas, le jeune homme n'assiste pas à l'audience. Alors, Jacques Castanier va devoir assumer seul.

"Vous avez fait voeux de chasteté, de pauvreté et aussi promis de ne pas mentir", lance le président. "Ça me rappelle ma faiblesse et mon humanité", répond le curé du tac au tac. Plus l'audience avance, plus on sent le curé embarrassé, gêné, fuyant les questions et donnant des réponses évasives. "Je n'ai rien préparé, rien programmé. Je n'ai pas d'autres explications. Je confesse mes torts. J'ai été un sot, un imbécile comme on dit".

Seulement, les explications évasives et les regrets de Jacques Castanier ne convainquent pas le procureur Emmanuelidis : "Je croyais que la confession était un principe essentiel de l'église catholique. Ce que je vois à cette barre, ce sont les réponses systématiques d'un menteur. Des mensonges, des affabulations, on peut en attendre de n'importe qui mais pas de cet homme-là. Je demande donc une peine de trois ans d'emprisonnement". Pour la défense du curé, son avocat demande au tribunal "une certaine miséricorde". Sa prière sera peut-être entendue.

Tony Duret

tony.duret@objectifgard.com

Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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