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AIGUES-VIVES : Une technique de « brûlage dirigé » pour prévenir les incendies autour des voies ferrées

Photo © objectifgard.com / MA

Des opérations de « brûlage dirigé » ont été réalisées du côté d’Aigues Vives, sur la ligne Tarascon-Sète, autour des voies ferrées sur 750 mètres de long, à partir du passage à niveau 19 (qui traverse la D 142). Il s’agit d’un dispositif qui a déjà été testé pour la première fois en France sur la ligne Nîmes-Le Grau du Roi l’an dernier, et qui consiste à éliminer, par une technique proche de l’écobuage,  toute la végétation qui se trouve autour des voies, « y compris sur les ballastes, qui doivent être simplement recouvert de cailloux », comme le précise Marc Seguin, directeur production Infrapole Languedoc-Roussillon (SNCF), responsable de l’entretien de 1.500 kms de ligne. Au-delà de la végétation basse, les opérations se poursuivent sur deux mètres à partir des voies. « Au-delà encore, on sélectionne le type de végétation » pour limiter les risques d’incendies, nous précise l’officier sapeurs-pompiers du SDIS du Gard, organe signataire d’une convention de partenariat avec RFF et la SNCF.

Comme l’explique le commandant Nicolas Costes, chef de centre au Centre de Secours Principal (CSP) du Vigan, responsable des opérations sur place, avec le lieutenant Denis Borié : « l’objectif est de supprimer le combustible [la végétation] jusqu’à sa base, au sol ». Et les débuts d’incendies peuvent être déclenchés par plusieurs causes : « soit venir des broussailles, soit d’un freinage serré [blocage d’une roue] générant des étincelles parfois sur plusieurs kilomètres », apprend-on sur place. Il faut dire que le tronçon choisi est très fréquenté, surtout en période estivale : « de 150 à 220 trains par jour », nous précise Hugo Fraisier, chargé de mission maintenance pour RFF, à propos de cette partie du trajet empruntée notamment par la ligne TGV Paris-Montpellier.

A l’origine de ces « brulages dirigé » plus efficace, et plus écolo que le traitement phytosanitaire sur des opérations ponctuelles : une alerte, en septembre 2010, de la part du préfet de région sur le trop grand nombre d’incendies sur la région, impactant sur le trafic ferroviaire et le trop grand nombre d’intervention des sapeurs-pompiers. A la suite de quoi un Plan Urgence a été déclenché par RFF propriétaire du réseau, et la SNCF, exploitant et entretenant (par délégation et financé par RFF) les lignes ferroviaires. Une convention a ainsi été signée entre RFF, la SNCF et la DCF (Direction  de la circulation ferroviaire) en juin 2011 pour le Gard. D’autres conventions se déclinent dans les autres départements, comme l’Hérault et l’Aude. A noter qu’en termes de prévention contre les incendies, un cadre réglementaire préexiste (arrêtés préfectoraux), ainsi qu’un plan de prévention de l’ONF.

Bon à savoir :

On apprend de Gilles Aubergé, sapeur-pompier de la caserne de Génolhac, mobilisé sur place que « tous les sapeurs-pompiers habilités à intervenir sur ces opérations ont passé un brevet de formation de brûlage dirigé, qui comprend quatre semaines de stages ». Il précise que « dans chaque département, il existe une équipe de brûlage dirigé qui connaît un environnement avec des spécificités différentes ». Chaque année une rencontre a lieu pour que tous ces pompiers aguerris à ces techniques se retrouvent pour partager leurs expériences. Cette année, le rendez-vous aura lieu à Nice en octobre prochain.

Quelques chiffres :

La SNCF doit traiter l’entretien de l’équivalent de 15 millions de m² de surfaces (sans compter les voies), soit un budget de 5,8 millions d’euros (investi par RFF pour le débroussaillage et les trains désherbeurs)

En 2010, 51 incendies à proximité des voies ont été relevés, avec 1550 train impactés et 70.000 minutes de retard

En 2011, après la mise en place du plan d’urgence lancé par RFF et la SNCF, 39 incendies ont été relevés, 285 trains touchés pour 9.000 minutes de retard.

Pour les opérations orchestrées ce jeudi matin par une vingtaine de sapeurs-pompiers du SDIS 30, la surface visée par le « brûlage dirigé » était de 8.000 m², sur 12 mètre de large et 750 mètres de long.

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