SANTE En 2010, les Languedociennes ont été plus nombreuses que d’autres à avoir eu recours à l’IVG
Dans sa livraison du mois de juin dernier, la Dress (Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques) dresse et commente le bilan des interruptions volontaires de grossesse (IVG) pratiquées en 2010. Après une hausse constante entre 1996 et 2006, leur nombre s’est stabilisé pour atteindre 225 000 IVG effectuées en 2010, dont 210 000 en métropole. Avec 802 200 mises au monde recensées en 2010, l’évolution du nombre des IVG est quasi parallèle à celle des naissances, ce qui revient à dire que la généralisation des interruptions volontaires de grossesse n’a en rien affecté la natalité. En 2010, le taux de recours à l’interruption volontaire de grossesse était de 14,7 pour 1 000 femmes dites sexuellement actives (15 – 49 ans). Ce ratio est sensiblement plus élevé pour les femmes âgées de 20 à 24 ans, et plus encore pour les mineures ou jeunes adultes âgées de moins de 20 ans, notamment dans les départements d’Outre-Mer, d’Ile-de-France et du Sud de la France.
Ainsi, en Languedoc-Roussillon qui demeure, paraît-il bon de le rappeler, l’une des régions de France les plus attractives et dont les flux migratoires sont les plus importants, le nombre d’IVG pratiquées en 2010 s’est élevé à 10 780, soit un taux de 18,7 pour 1 000 femmes. Il était de 14,7 % pour la moyenne nationale avec des contrastes saisissants selon les territoires : 10,7 pour 1 000 pour la région Pays de la Loire, 18,6 pour 1000 en Ile-de-France, 19,4 pour 1000 en Corse ou 21,7 pour 1000 en région Paca qui détenait le record toutes catégories. Comme le souligne le rapport, le taux de recours à l’IVG a été plus important chez les jeunes femmes dans les régions où les taux moyens sont les plus élevés : 14,4 pour 1000 en Languedoc-Roussillon contre 11,3 pour 1000 pour la moyenne nationale. Autre particularité du Languedoc-Roussillon dont la population est somme toute plus jeune qu’en Ardennes ou en Picardie, c’est avec Midi-Pyrénées, la Guyane et l’Ile-de-France le territoire où le secteur hospitalier privé a assuré 62 % des IVG, soit l’inverse des autres régions, où plus de trois-quart des interruptions volontaires de grossesse hospitalières ont été confiées au secteur public.
Enfin, cette étude souligne qu’en 2010, plus de neuf femmes sur dix ont eu recours à une méthode contraceptive, sans réduire pour autant le nombre d’interruptions volontaires de grossesse. Au titre de la contraception d’urgence délivrée sans ordonnance, ce ne sont pas moins d’un million de pilules du lendemain qui sont vendus annuellement depuis 2005, alors qu’en 2011, 33 000 boîtes de pilules du surlendemain ont été commercialisées. Le rapport détaillé de la Dress ne dit pas si les Languedociennes se sont, là-aussi, distinguées pour leur insouciance ou leur étourderie.






