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PORTRAIT/BENOIT POULAIN : La force tranquille du capitaine Croco…

Benoit Poulain (capitaine du Nîmes Olympique) - Photo © objectifgard.com / MA

En marge de la préparation en Haute-Savoie, nous avons pu partager un moment exclusif avec le capitaine des Crocos depuis bientôt deux saisons : Benoit Poulain (24 ans), né du côté de Montpellier, le 24 juillet 1987. Il est arrivé au sein de l’effectif du Nîmes Olympique pour la saison 2002/2003, et a déjà passé 9 ans à Nîmes, dont sa formation. Il fait partie des pros depuis cinq saisons maintenant. Interview vérité

Objectif Gard : Votre vision du rôle d’un capitaine, que vous occupez jusque-là ?

Benoit Poulain : « J’essaie de rester le même joueur, après c’est vrai qu’on a un devoir à certains moments précis, que cela aille bien ou mal, d’anticiper comme le fait le coach. Mais il y a des petits détails que l’on voit au sein de l’équipe et qu’il ne peut pas forcément voir lui-même. Si un problème se présente avec un joueur, il s’agit d’aller le voir et de discuter avec lui. Mais on n’est pas là non plus pour tout rapporter à l’entraineur. On peut aussi d’abord discuter avec le groupe. Et en dernier recours faire appel au coach qui est là pour que ça tourne rond. Pour moi, être capitaine, c’est surtout montrer au maximum l’exemple : être à l’heure à l’entraînement, être le meilleur possible sur le terrain, donner le maximum et transmettre les informations de l’entraineur sur le terrain. C’est important que ce soit un ancien - ou du moins un ancien au club - qui s’en charge pour que le message passe mieux ».

O.G. : Et au niveau tactique, votre rôle ?

B.P. : « J’ai une vision personnelle de la tactique. Mais je suis là pour transmettre la tactique de l’entraineur. Moins j’interviens dans la tactique, mieux c’est, je pense ».

O.G. : La difficile saison passée, même s’il y a le titre de champion de National au bout, est-ce que cela peut-être positif pour la saison à venir en Ligue 2 ?

B.P. : « Le départ, c’est ce qui a été le plus difficile la saison dernière. On a sans cesse essayé de rattraper le retard toute l’année, notamment dans l’organisation, la construction du groupe, dans le fait de digérer la descente en National, et on n’a pas été aidé par tout une multitude de choses… Malheureusement, l’équipe a un potentiel qui n’a pas été totalement démontré. On attaque donc la prochaine saison avec plus de sérénité pour tout le monde. Le coach arrive dans un cadre plus facile que l’année dernière. Nous, on n’est pas non plus dans le même état d’esprit. Avec la montée en Ligue 2, ce n’est pas la même chose. On peut travailler dans de meilleures conditions ».

O.G. : Qu’est-ce qui était plus dur l’année dernière par exemple… ?

B.P. : « L’année dernière en tant que capitaine, il fallait jongler entre ceux qui ne voulaient pas rester au club, ceux qui ne savaient pas trop… Là, on travaille tous ensemble, avec les nouvelles recrues. Par rapport au groupe, il n’y a d’ailleurs aucun problème, y compris pour ceux qui sont en instance de départ et qui pourraient même rester finalement [comme Dutil]. On ne sait jamais. Dutil n’a pas joué non plus durant plusieurs mois la saison dernière. Cela dépendra s’il trouve un accord. Il n’y aurait pas de souci s’il restait pour l’ambiance dans le groupe ».

O.G. : Commencer par Auxerre le 27 juillet… C’est un avantage, ou une tuile pour le championnat ?

B.P. : « C’est mieux, dans le sens où ils seront peut-être moins préparés qu’au bout de dix matchs, et aussi parce que c’est sans doute mieux de commencer par un gros et d’être de suite à 200 % parce que l’on n’aura pas trop de marge cette année pour que ça tourne dans le bon sens ».

O.G. : Afin de mieux vous faire connaître aux yeux des supporters malgré votre ancienneté au club… Pourriez-vous nous parler de vos hobbies ? Quand vous ne vous entrainez pas et que vous avez du temps libre… ?

B.P. : « Ce qui ne va pas surprendre, c’est que j’aime beaucoup le sport… Et dès que je peux faire un tennis, un golf, un petit foot en salle avec les potes, j’en profite. Ça change un peu de notre sport, qui est plus un métier, même si l’on prend du plaisir la plupart du temps. Et pour le reste, j’aime bien profiter des vacances pour voyager et découvrir pleins de choses ».

O.G. : Des destinations de prédilection… ?

B.P. : « Non, j’aime aller partout et ne jamais retourner au même endroit. J’ai déjà fait un bon bout de chemin et c’est vrai que quand je rentre de vacances, j’apprécie encore plus la reprise. Là, j’étais au Brésil trois semaines, parce que l’on a eu moins de repos que d’habitude. Mais c’était très très bien ».

O.G. : Et la musique que vous aimez ?
B.P. :
« J’apprécie beaucoup de choses et j’ai des périodes surtout. En soirée, je préfère années « 70’-80’ »… Après à écouter en ce moment dans le minibus sur les trajets, on s’envoie des trucs pas mal, avec les potes on rigole, on chante… Sur des chansons gitanes, espagnoles etc. On écoute aussi des trucs un peu plus neufs (danse…), mais j’aime tout, la Soul, le Jazz… »

O.G. : Un avis sur le regard « un peu » négatif en ce moment sur les joueurs de l’équipe de France, jugés, par certains parfois, comme des « enfants gâtés », déconnectés de la réalité… Que pense-tu de ce désamour du public… ?

B.P. : « Je n’ai pas d’explications… Ce que je sais, c’est que l’on apprend en priorité à gagner et à vouloir gagner. Mais à mon niveau, il me semble que les joueurs devraient prendre conscience du risque de ce désamour général, pour l’avenir de ce sport. C’est le football qui leur a souvent donné beaucoup, donc il faut qu’il le rende à leur manière. Cela passe notamment par le respect, l’exemplarité… »

O.G. : Le comportement de certains joueurs de l’équipe nationale vous a heurté personnellement ?

B.P. : « Moi, je reste distant parce que l’on ne sait jamais ce qui s’est réellement passé. Ce que l’on entend est souvent la conséquence d’un emballement médiatique. Ma première réaction c’est de défendre les joueurs et de prendre du recul. Je trouve qu’on en fait toujours beaucoup trop. Après, le football n’est pas seul responsable… Il y a aussi un certain reflet de la société qui peut expliquer certains évènements. On a aussi pu observer des problèmes entre dirigeants, la fédération et le coach, qui se sont tiraillés de leurs côtés. Après je comprends qu’il y ait des différends entre joueurs et journalistes par exemple… »

 

(Au centre) Benoit Poulain, en plein exercice d'étirement, après une lourde séance d'entrainement - stage à Megève, au début du mois de juillet 2012) - Photo © objectifgard.com / MA

O.G. : Avec ce dernier stage à Megève, on voit que votre métier est aussi un vrai métier, ce n’est pas toujours facile, notamment physiquement. A quoi faites-vous attention particulièrement pour votre hygiène de vie ?

B.P. : « Le plus important, c’est de connaître son corps et savoir ce que l’on peut faire ou ne pas faire. Moi je sais que je ne suis pas sur une ligne droite et hygiène à 100 % non plus. Mais j’ai fait des concessions. Je viens d’un village où il y a des fêtes votives tous l’été auxquels participent tous mes amis… Et cela tombe en plein dans notre préparation. Quand je les appelle, ils sont en train de s’amuser. Ce sont les inconvénients. Mais il y a beaucoup plus d’avantages que d’inconvénients. Si on sait ce que l’on veut faire, il n’y a pas de secret. C’est ce que je dis aux jeunes.  Si on doit perdre 4 kilos parce que l’on a tendance à les prendre plus facilement, c’est un effort à faire, et cela permet peut-être de s’épanouir dans le football et la récompense est beaucoup plus belle que quelques efforts de diététique ».

O.G. : Des exemples de régimes diététiques ?

B.P. : « Il faut manger équilibré, d’ailleurs on voit les diététiciens de plus en plus nous dire que le couscous est un des plats les plus équilibrés pour nous parce qu’il y a de tout dedans. Nous on peut se permettre de plus manger. Mais il faut surtout éviter les choses trop sucrées. C’est la récupération qui est le plus important, autant que le travail sur le terrain. Si on se sent fatigué, ce n’est pas le moment d’aller en boîte par exemple, après si on est bien et que l’on a envie de se reposer pour couper… Il faut savoir gérer et équilibrer les choses. C’est un cadre général ».

O.G. : Est-ce que vous vous voyez encadrer dans le futur, au sein d’un club et pourquoi pas à Nîmes ?

B.P. : « Je n’y pense pas encore. Avec l’UNFP, on a la chance de pouvoir passer des diplômes. Alors j’essaie de le faire le plus possible. En ce moment je suis en train de passer le DUGOS (Diplôme Universitaire de Management des Organisations Sportives). Après on a le B.E. (Brevet d’Etat), ou des diplômes liés à l’immobilier. Ce qui m’intéresse, c’est le sport, mais je ne sais pas encore si je resterai dans le foot, cela dépendra des opportunités. Après, je ne m’inquiète pas du tout pour mon avenir. Je sais que je suis ouvert à pleins de domaines. J’aimerais simplement faire plein de choses différentes dans le futur ».

Mickaël Attiach
mickael.attiach@objectifgard.com

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