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MARGUERITTES : Les caravanes passent, les contribuables paient

Le maire de Marguerittes, William Portal, montre les traces laissées sur la pelouse

Comme tous les dimanches depuis le début de l’été, celui du 5 août est calme et ensoleillé dans la charmante petite ville de Marguerrites. Pour les habitants, l’ambiance est au repos, à la détente. Sauf pour un homme, William Portal, le maire de la cité. A l’heure du déjeuner, les gardiens du stade de football de la ville préviennent l’édile que des gens du voyage sont en train de s’installer sur la pelouse. L’homme, habitué à recevoir les personnes de cette communauté, ne s’affole pas et se rend sur place. Mais quand il arrive au stade de Praden, il n’en croit pas ses yeux : « Il y avait plus de 200 véhicules sur notre stade ! »

Un accueil avec des barres de fer

Aussitôt, l’homme prend son courage à deux mains, franchit seul les barrières du stade et demande à parler à un responsable : « Quand je suis entré sur la pelouse, je n’avais même pas fait dix mètres qu’un type s’est approché de moi avec une barre de fer entre les mains ». Ambiance ! « J’ai voulu parler au responsable, au patriarche comme ils l’appellent, mais ils m’ont dit qu’il n’y en avait pas. » Le maire insiste. Conciliant, il tente de trouver une solution pour qu’ils se déplacent seulement de quelques mètres afin de ne pas détériorer la pelouse. Mais du côté des gens du voyage, la solution est déjà toute trouvée : « Ils m’ont répondu ‘Nous, maintenant on est là. Et pour une semaine. Si ça vous plaît, c’est bien. Et si ça ne vous plaît pas, tant pis’. » Le message est clair, les envahisseurs n’ont pas l’intention de bouger et ils tiendront leur engagement. Ils partiront comme ils sont venus le dimanche 12 août.

Avant le passage des caravanes, la pelouse du stade ressemblait à un billard

Comme à la maison

La semaine, tous frais payés, commence pour les gens du voyage. Pour l’électricité, ils réalisent des branchements approximatifs et dangereux à partir du transformateur du stade. « C’était ma plus grande crainte, confie William Portal, qu’un enfant passe par là et s’électrocute. Qui, selon vous, aurait fini au tribunal ? », lance-t-il, désemparé.  Pour l’eau, ils se servent dans celles du Bas-Rhône. Durant cette semaine en demi-pension (la mairie n’a pas fourni les repas), les dégradations en tout genre vont aller bon train. Des vitres sont cassées, les conduites d’eau écrasées, le système de drainage de la pelouse ravagé par les piquets des auvents. « Et je vous passe les excréments qu’on a dû retirer de la pelouse, le papier hygiénique partout… », énumère le maire. Bref, en une semaine, les gens du voyage ont transformé le stade de football de la ville, connu pour être l’une des plus belles pelouses du district Gard-Lozère, en un champ de patates. « Il y en a pour 50 000 euros de dégâts que la ville va devoir payer. Je vais demander des aides financières mais je sais que l’on ne m’en donnera pas. Et qu’est-ce que je vais dire à mes concitoyens ? Je ne peux pas écraser les gens d’impôts. Ils ne comprendraient pas. »

Intouchables

L'interdiction de passer n'a pas refroidi les gens du voyage

Prévenus de cette intrusion massive, les gendarmes aussi se sont rendus sur les lieux. Le maire explique : « Ce qui m’énerve le plus, c’est que les gens du voyage, on sait qui ils sont. Les gendarmes ont relevé leurs identités, leurs plaques d’immatriculations. Mais ils s’en foutent, ils savent qu’ils vont échapper à la loi. Ils ont déjà fait ça à Antibes et Lunel. Et demain, ils vont recommencer dans une autre commune. » Autre conséquence, l’équipe de foot locale n’a plus de terrain pour les entraînements et les matchs à venir. En attendant que la pelouse soit de nouveau en état, pas avant l’automne selon le maire, les joueurs vont devoir s'entraîner sur le terrain synthétique ou sur les pelouses des villes voisines. « Les maires des villes d’à côté sont solidaires », conclut William Portal. Au moins une bonne nouvelle.

Tony Duret

tony.duret@objectifgard.com

Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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