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CHEMIN-BAS D’AVIGNON “Il y a des problèmes, il faut les résoudre, mais il ne faut pas exagérer”

Fatima Mansouri, présidente du Comité de quartier, soulagée que des actions soient enfin menées sur le Chemin-Bas d'Avignon. Photo DR/S.Ma

Les langues se sont déliées, l’encre ne cesse de couler. Le sentiment d’insécurité était trop fort. Mardi dernier, jour du marché au Chemin-Bas d’Avignon à Nîmes, des forains ont confié qu’ils subissaient des pressions pour qu’ils cessent de vendre leurs produits (alcool, charcuterie). À l’origine de ces pressions, des musulmans qui appartiendraient au mouvement “salafiste”. Le mot a été lâché mais, force est de constater, beaucoup trop vite. “Il faut faire attention à ce que l’on dit, précise Fatima Mansouri, la présidente du comité de quartier du Chemin-Bas d’Avignon. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de salafistes au Chemin-Bas mais il ne faut pas exagérer. La seule chose qui est sûre, c’est qu’il y a des problèmes et qu’il faut les résoudre.”

Un message entendu par le préfet du Gard, Hugues Bousiges qui a réuni ce jeudi 27 septembre dans ses bureaux tous les acteurs concernés par ce problème d’insécurité qui sévit au Chemin-Bas d’Avignon : Yannick Janas, directeur adjoint départemental de la Sécurité Publique, les représentants du SDIG (Service départemental d’information générale),des élus de la Ville dont Marc Taulelle, Richard Tibérino, Lucienne Sans. S’ajoute à cette liste Jean-Paul Boré, conseiller Régional délégué à la lutte contre les discriminations, le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, ainsi que Driss El Moudni, président du conseil régional du culte musulman et Fatima Mansouri.

Lors de cette réunion, chacun a échangé sur les difficultés que connaît ce quartier, affirme Lucienne Sans, adjointe au maire, déléguée aux foires et marchés. Il ne faut ni les amplifier, ni les minimiser d’ailleurs, mais il est vrai qu’en 11 ans d’activité, c’est la première fois que nous avons à faire à ce genre de situation. Nous avons bien pris acte de cette tentative d’intimidation et nous allons agir avec vigilance.” À Jean-Paul Boré de reprendre : “…pour que ces gens-là ne restent pas impunis et ainsi réaffirmer le principe de laïcité de la République. Dans le même temps, nous ne devons céder à aucun amalgame comme tentent de le faire certains sur un terrain purement politicien et dangereux. Stigmatiser une communauté au nom de la déviance de minorités qui n’ont rien à voir avec elle et faire des parallèles est tout autant condamnable.

Des renforts de la police sur le marché

Des paroles et des actes. La réunion de travail s’est conclue sur la mise en place d’une stratégie avec notamment la présence renforcée de la police sur le marché tous les mardis. L’uniforme ne fait pas tout. “Nous voulons aussi engager un dialogue avec les citoyens aux côtés des associations qui doivent se rassembler dans un élan de solidarité” glisse l’adjointe au maire. Un procédé qui séduit Fatima Mansouri : “tout le monde doit agir et on l’a tous compris. On ne doit pas laisser le problème sur les bras du préfet du Gard” qui sera mardi prochain sur le marché dès 7h45.

Stéphanie MARIN

stephanie.marin@objectifgard.com

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