A la uneActualité générale.ActualitésEconomieEconomie.

NÎMES La hausse du prix du tabac fait monter la colère des buralistes

Florence Pantel a peur de perdre ses clients face à la concurrence du marché de la contrebande et des pays frontaliers. Photo DR/S.Ma

 

Billets ou pièces à la main, les consommateurs sont toujours bien présents au bureau de tabac de Florence et Éric Pantel planté le long de l'avenue Jean-Jaurès à Nîmes. La hausse du prix du tabac (+6,5%) est presque passée inaperçue. Certains, des habitués, avaient même préparé leur monnaie, 6,10€ pour un paquet de Philip Morris... Manqué il faut désormais compter 0,40€ de plus. "Les clients sont toujours là ! Fatalistes, ils ne râlent pas !" lance la buraliste loin de voir la fatalité du même œil : "Jusqu'où va-t-on aller comme ça ? À force d'augmenter nos prix, nos clients vont finir par se tourner vers le marché de la contrebande ou iront en Espagne. Et nous finirons par fermer nos bureaux de tabac. Des commerces de proximité où l'on ne vend pas que des cigarettes, il y a aussi la presse, les timbres et encore bien d'autres services que nos clients apprécient."

Photo DR/S.Ma

Le message est alarmiste... Mais souvenez-vous du Plan Cancer de Jacques Chirac et de ses 39% d'augmentation (en trois fois sur un an) en 2003, "15 000 emplois ont été supprimés et 5 000 bureaux de tabac ont fermé en France, précise Éric Pantel, membre de la Chambre Syndicale des Buralistes du Gard. On court à la catastrophe, d'autant que le gouvernement français ne veut pas s'arrêter là et prévoit une nouvelle augmentation dès le mois de juillet 2013 et cela sans demander notre avis, sans engager de négociations avec les professionnels." Double sanction pour le propriétaire du Café Brasserie Tabac Presse Pantel qui devra très prochainement augmenter le prix du demi servi sur son zinc ou en terrasse de 0,05 cts d'euros. "Quand j'ai lu ça dans la presse, je n'en revenais pas. Pour le moment, on a pas changé le prix, le demi reste à 2,40€" rassure Florence Pantel.

Adieu la cigarette ?

Alisson, 25 ans et Christophe, 30 ans, ont arrêté de fumer pour pouvoir économiser. Photo DR/S.Ma

Des ponctions à répétition dans le but de renflouer les caisses de la sécurité sociale en fort déficit soit 13,3 milliards d'euros en 2012 -- rappelons que des mesures d'économies ont aussi été prises sur les prix des médicaments remboursés ainsi que des hausses de cotisations pour les retraités aisés, NDLR -- qui font grimper le prix du paquet de cigarettes réduisant en cendres les économies des consommateurs. Enfin, certains ont trouvé la solution : Arrêter de fumer. C'est le cas d'Alisson, 25 ans et Christophe, 30 ans, un couple de Nîmois qui, ce lundi 1er octobre, a décidé de dire stop à la cigarette. Elle fumait un paquet à par jour mais avait déjà arrêter la cigarette pendant deux ans "et puis, au mois de mai, j'ai repris comme ça. Mais là, ça coûte trop cher. Pour un mois, le budget cigarette monte à 200€, c'est trop ! " Alors, armée de son courage, le patch collé sur la peau et la cigarette électronique sans nicotine en poche "au cas où, pour le geste" la jeune femme tire un trait sur le tabac suivie de son compagnon qui lui fumait jusque-là plus d'un paquet par jour. "On va se soutenir moralement." Pourvu que le gouvernement n'ait pas la bonne idée d'augmenter le prix du paquet de chewing-gum.

Stéphanie MARIN

stephanie.marin@objectifgard.com

 

Vous aimeriez aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Close

Adblock a été detecté.

Merci de nous aider en désactivant votre blockage de publicité