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PORTRAIT DU DIMANCHE Des Cévennes à Paris, Lionnel Astier se raconte

Lionnel Astier. Photo DR/S.Ma

Des Cévennes à Paris, il n'y a qu'un pas. Mais encore faut-il le franchir. Lionnel Astier, l'auteur, acteur et metteur en scène à la notoriété désormais reconnue, n'avait que 12 ans, lorsque dans sa petite maison plantée à Cendras, il a annoncé à sa mère qu'il voulait être scénariste. "Je ne sais pas comment l'idée m'est venue. Fils d'ouvriers, je n'étais pas destiné à cette carrière. J'avais simplement un grand-père qui récitait tout le temps des poèmes et c'est-là l'unique fibre artistique qu'il y avait dans mon entourage" s'amuse-t-il. Ainsi, les Cévennes pour seul paysage (il y a plus horrible) le garçon se met à rêver d'une vie d'artiste, des rêves dont il ne parle à personne "parce qu'à l'époque, le métier faisait peur." Ce n'est qu'à l'âge de 17 ans, après avoir fait un passage peu remarqué au lycée Jean-Baptiste Dumas à Alès, que Lionnel Astier prend sa valise, direction Lyon pour intégrer l’École des Beaux-Arts et y apprendre le dessin. "Ma mère, j'ai perdu mon père très jeune, était rassurée parce qu'avec ces études, je pouvais trouver un métier sûr comme architecte par exemple."

Mais ce n'est pas cette voie-là qu'il choisira. Lors de ces cinq ans passés aux Beaux-Arts, le Cévenol s'est dessiné un autre destin. "Je prenais des cours de théâtre en parallèle. Et puis, dans les années 80, j'ai intégré le Centre dramatique national Dijon-Bourgogne. Là, j'ai joué les classiques, Molière, Shakespeare etc. J'ai aussi pas mal travaillé pour la télévision et notamment pour France 3. Et puis, comme on dit je suis monté à Paris." La ville de tous les possibles pour les comédiens. Au fil des représentations, Lionnel Astier s'est fait un nom dans le milieu, même si pour bon nombre de personnes, c'est dans la série Kaamelott qu'il a commencé sa carrière. "Peu importe, il ne faut pas se vexer dans ce métier !" Une série, diffusée entre 2005 et 2009 sur M6, qui a d'ailleurs été créée par son fils Alexandre Astier. Son deuxième garçon, Simon Astier y figure aussi au casting. Le papa qui joue avec ses fistons, voilà qui doit le rendre fier : "Je n'ai pas attendu qu'ils fassent de la télé pour être fier d'eux. D'ailleurs les enfants, il faut d'abord être fier d'eux pour qu'ils fassent quelque chose." L'homme a du caractère comme les montagnes de son enfance.

D'ailleurs, vient-il leur rendre visite de temps en temps à ces montagnes ? "J'ai encore de la famille à Saint-Jean-du-Gard. Et c'est drôle, quand j'avais 17 ans, Alès me paraissait être un endroit terrible. Je me disais toujours : Ici, je ne ferai jamais rien. Mais aujourd'hui, lorsque je reviens, je me sens bien, je recharge mes batteries. Les Cévennes sont mes racines. Ces montagnes me fascinent, peut-être parce qu'elles ont été l'objet d'une révolte, d'une guerre pour la liberté de religion, de conscience." Lionnel Astier fait bien entendu référence à l'histoire des Camisards sur lesquels il a d'ailleurs écrit une pièce qui se jouera du 16 juillet au 15 août 2013 à Alès : La Nuit des Camisards. "Je me suis intéressé à cette histoire très jeune. En étudiant la révolte des Camisards, j'ai compris les autres révoltes dans le monde entier."

Propos recueillis par Stéphanie MARIN

stephanie.marin@objectifgard.com

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