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INCENDIE DU MC DO : « On ne peut pas rester sans suspect », s’indigne l’avocat du mis en examen

Le 26 février dernier, en fin de matinée, le Mc Donalds situé à Cap Costières s’embrasait. En quelques minutes, les 800 m2 de surface étaient complètement détruits. Depuis, les enquêteurs cherchent à connaître l’origine de cet incendie. Mercredi soir, coup de théâtre, un salarié du restaurant était mis en examen pour « destruction par incendie et dégradations de bien privé ». L’avocat du jeune homme, Ludovic Para, répond à nos questions.

Objectif Gard : Pouvez-vous nous dire qui est votre client ?

Ludovic Para : C’est un jeune homme de 20-25 ans qui tient à conserver l’anonymat. Il travaillait dans ce Mc Do depuis quatre ans et tout se passait bien. Il était équipier polyvalent et chef de nettoyage. Il était satisfait et se sentait bien à son travail.

OG : Comment expliquez-vous que la justice s’intéresse à lui ?

Il y aurait un faisceau d’indices… Et puis la rumeur dans le restaurant voulait qu’il soit désigné lorsqu’il y avait une bêtise de faite. Mais mon client n’a jamais été sanctionné par sa hiérarchie.

OG : On parle pourtant d’une vidéo sur laquelle on verrait votre client ?

D’abord, il n’y avait aucune caméra de surveillance dans le local d’où est parti le feu. Sur une autre caméra, on voit effectivement mon client sortir en direction de ce local. Je précise que s’il est sorti à ce moment-là c’est parce qu’on lui a demandé d’effectuer une tâche : en l’occurrence de nettoyer les extérieurs. Par ailleurs, mon client conteste être entré dans ce local. Ce n’est pas parce qu’on le voit partir dans cette direction qu’il y est entré.

OG : Y a-t-il des éléments scientifiques pour accréditer la thèse du Parquet ou, au contraire, disculper votre client ?

Non. On n’a toujours pas le rapport d’expertise. Il n’y a d’ailleurs aucun élément scientifique qui permet d’établir que c’est un incendie criminel. Il se peut que dans quelques jours on nous dise que l’incendie était accidentel. C’est peut-être pour ça que le juge des libertés a choisi de ne pas l’incarcérer.

OG : On vous sent consterné ?

Ce qui m’étonne c’est qu’on recherche le coupable avant de connaître les faits. J’ai le sentiment qu’on ne peut pas rester sans suspect. Ce local était tout le temps ouvert. On y trouvait régulièrement des mégots de cigarettes.

OG : Dans quel état est votre client aujourd’hui ?

Il a été choqué par l’incendie. Et maintenant il l’est par la garde à vue, par la réquisition. Il n’avait jamais eu affaire à la justice auparavant.

Jointe par téléphone, la Procureure de la République de Nîmes, Laure Beccuau fait savoir que « les images de la vidéo ont confirmé les soupçons des enquêteurs, raison pour laquelle une information a été ouverte ». Elle continue : « il y a des présomptions graves contre lui. Les images nous font penser qu’il était le dernier à être sur les lieux. Et ce, peu de temps avant l’incendie. A cela viennent s’ajouter ces déclarations pas très rassurantes ».

Tony Duret

tony.duret@objectifgard.com

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