SONDAGE EXCLUSIF (4/4) Municipales 2014 : “Une élection compliquée pour la droite avec une triangulaire en perspective” pour le directeur d’Opinionway

A un an, presque jour pour jour, des élections municipales de Nîmes, Objectif Gard a créé l’évènement. Ainsi, après la publication, sur trois jours,  du sondage exclusif (1) qui a été réalisé pour Objectif Gard par l’institut Opinionway (lire tous les articles dans la rubrique Municipales 2014), nous clôturons ce feuilleton pré-électoral qui a  fait causer le long des zincs, avec une interview de Bruno Jeanbart, directeur adjoint l’institut Opinionway.  Bruno Jeanbart tire les principales conclusions d’un sondage qui réserve, somme toute, quelques surprises, même si les écarts très faibles n’autorisent guère de conclusions définitives. Alors que ça s’agite dans les états-majors ou chacun(e) attend que l’autre dévoile son jeu et annonce la couleur, ce premier baromètre d’opinion fournit quelques précieux enseignements sur les chances des un(e)s et des autres de survoler les débats, avant même que leur participation ne soit confirmée et la campagne électorale engagée.

- Quels sont les principaux enseignements de ce sondage d’opinion ?

- Le premier constat, c’est que les grands candidats potentiels sont tous trois assez connus. Le maire Jean-Paul Fournier, son adjoint Yvan Lachaud et le président du conseil général, Damien Alary, atteignent des taux de notoriété très élevés. Ce sont aussi des personnalités dont l’image dans l’opinion publique est positive, même s’il est surprenant que Jean-Paul Fournier, maire sortant après deux mandats, n’ait pas une image supérieure par rapport à ses deux compétiteurs. J’y vois là une faiblesse potentielle, un peu d’usure le concernant. Ce qui demeure certain, c’est qu’il est très nettement en tête et pas concurrencé dans son camp.

Deuxième élément, c’est une élection qui va être compliquée pour la majorité  municipale sortante, compte-tenu du score du Front national. Son résultat de 2012 aux Présidentielles et Législatives est transformable pour les municipales. La situation va être compliquée pour la droite qui n’échappera pas à une triangulaire. Ce n’est pas perdu pour la majorité municipales mais ce n’est pas non plus gagné, la ville de Nîmes peut se retrouver à gauche au printemps prochain. Le résultat peut basculer d’un côté comme de l’autre.

- Le candidat de gauche ne peut-il être handicapé par un gouvernement Ayrault qui laisse somme toute les électeurs de gauche sur leur faim ? 

- C’est un risque en fonction de la situation qui prévaudra dans un an. Celui – ou celle – qui portera les couleurs de la gauche en mars 2013 peut être handicapé par l’impopularité forte du gouvernement actuel et du Président de la République. On constate d’ailleurs dans le sondage que 17 % des électeurs qui avaient choisi François Hollande en 2012 ne choisiront pas de candidats, contre 12 % pour ceux qui avaient voté Sarkozy et 7 % pour ceux qui avaient voté Marine Le Pen. Idem pour le second tour, il y a là un écueil.

- Le Front national va donc arbitrer le second tour ?

- C’est clairement établi et c’est ce qui me fait dire que la gauche peut gagner. Julien Sanchez ne perd pas de voix entre le premier et le second tour. Jusqu’en 2004, il y avait une déperdition des voix FN entre les deux tours de scrutin. Ce phénomène a disparu et on a même vu des candidat(e)s du Front national progresser entre les deux tours. L’électorat FN est de plus en plus réfractaire.

- Selon vous, les résultats seraient-ils semblables si la députée PS, Françoise Dumas, conduisait la liste de gauche à la place de Damien Alary ?

- Il y a des différences entre Jean-Paul Fournier et Yvan Lachaud, il n’y a pas de raisons qu’il n’y en ait pas entre Damien Alary et Françoise Dumas. En notoriété elle est toutefois très proche de Damien Alary et j’ai plutôt tendance à penser que son score ne serait pas fondamentalement différent. Ce qui est sûr, c’est qu’elle compte aussi et qu’elle pourrait profiter de ce qui apparaît être une chance pour la gauche : la triangulaire.

- D’aucuns prétendent qu’on ne gagne pas une élection sur son bilan, mais sur son projet. La présentation par les candidat(e)s des perspectives pour la ville de Nîmes peut-elle profondément changer la donne ?

- Ce sont là des résultats d’avant-campagne. Il est évident que les candidats vont quelque peu les modifier d’autant qu’ils sont très serrés. Et puis, il faudra voir quel sera le contexte socio-économique dans un an : le gouvernement aura-t-il un répit ou sera-t-il en plus mauvaise posture encore ? Cela va impacter sur les scores des uns et des autres. Ce qui est évident, c’est que Nîmes va vivre une élection passionnante, indécise. Il paraît très hasardeux de faire un pronostic pour 2014.

                                                                                                                                                                                                                            La rédaction d’Objectif Gard

6 Réponses pour SONDAGE EXCLUSIF (4/4) Municipales 2014 : “Une élection compliquée pour la droite avec une triangulaire en perspective” pour le directeur d’Opinionway

  1. Nimes Ville Propre

    Pourquoi ne pas avoir testé l’hypothèse Françoise Dumas ?

  2. Le bilan Founier-Lachaud fera l’objet d’un audit financier quant aux promesses…de droite ou de “gauche”, nous connaissons.
    Julien SANCHEZ a une grosse marge de progression d’ici les élections.

  3. C’est vrai qu’il paraît hasardeux de faire un pronostic aujourd’hui et ce un an avant les municipales 2014, d’autant que parmi les favoris cités dans votre interview , aucun ne s’est déclaré candidat. Si on ne gagne pas une élection sur un bilan mais sur un projet, alors où sont les projets des uns et des autres pour la ville de Nîmes? Mis à part Jean-Paul Boré qui au travers de son association ” Tous pour Nîmes et son agglomération ” travaille depuis 2 ans dans ce sens, et qui présentera un vrai projet des Nîmois pour Nîmes.

    Je crois plutôt que les uns et les autres cités dans votre article s’attendent ou plutôt attendent les décisions des partis politiques, ce qui à la longue fatiguent les Nîmois, et de ce fait peuvent faire le jeu du FN.

  4. Renard des Sables

    Franchement, comment peut-on croire qu’un candidat de gauche, n’importe lequel d’ailleurs, ne subisse pas, d’ici un an, les conséquences désastreuses de la politique du Gouvernement actuel. Avec un chef de l’Etat et un Premier Ministre, tous les deux à moins de 30% dans les sondages, l’effet sur les candidats du PS sera catastrophique. Il est donc clair qu’ALARY serait, en cas de candidature, beaucoup plus bas. Mais cette démarche s’éloigne, chaque jour, de plus en plus, vu la lourdeur d’une campagne municipale pour un homme politique qui a toujours gagné dans des territoires “faciles”. Reste le cas de Mme DUMAS, option que le sondage n’a étrangement pas prise. C’est d’ailleurs très obscure………….. Mais souvenons-nous qu’on peut faire dire beaucoup de choses aux sondages : en 2002, Lionel JOSPIN aurait du gagner la Présidentielle, en 2005, le OUI devait l’emporter lors du référendum sur le Traité constitutionnel, en 2012, de 10 à 15 point devait séparer François HOLLANDE de Nicolas SARKOZY.

  5. Tout à fait d’accord avec vous, Renard, on fait “dire” aux sondages beaucoup de mensonges, surtout quand le site qui les publie est d’obédience de gauche.
    Rien n’est gagné certes pour J-P Fournier, mais comment imaginer qu’après tant d ‘années où le stalisnisme avait anéanti la superbe capitale nimoise, que ses habitants pourraient envisager une minute de retomber entre les mains des apparatchiks?
    Car, sans les communistes, Alary n’est rien, tout comme Fournier sans Lachaud, et il le sait, et composer avec eux, c’est régner avec le mode de la pensée unique.
    Et, avec le bilan d’un an de socialisme, la hausse conséquente des impots directs et indirects, les discours calamiteux autant du Président que de son premier ministre, les propos d’un Manuel Valls presque plus proche du FN que du PS, un premier secrétaire au charisme d’huitre, et tous les cataclysmes qu’ils nous promettent pour 2014, NON, pour Nimes, le “changement, ce n’est pas maintenant”.

    • Ma chère Rolande. ObjectifGard n’est pas absolument pas d’obédience de gauche ni de droite d’ailleurs. C’est surprenant comme les lecteurs nous accusent un coup d’être de droite, un coup de gauche. On est nulle part, ainsi, on peut rendre compte avec objectivité. A très bientôt et merci de nous lire. Mike

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