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PORTRAIT DU DIMANCHE. Idaho France a un nouveau président, l’Alésien Alexandre Marcel

Alexandre Marcel élu président du Comité Idaho France. Photo DR/S.Ma

Il a fait de l'homophobie son combat. À 32 ans, Alexandre Marcel succède à Louis-Georges Tin à la tête du Comité Idaho France. Retour sur le parcours de celui qui depuis son débat houleux avec Christine Boutin, présidente du Parti Chrétien-Démocrate, sur La Chaîne Parlementaire, fait le buzz sur le net (Lire ici).

Les défis ne lui font pas peur. A l'âge de 18 ans, Alexandre Marcel, né à Alès en 1981, part, sac à dos accroché dans le dos, direction le Mexique. Un coup de tête, une folie peut-être qui le mène par hasard à la rencontre du célèbre décorateur David Luda. A ses côtés, il fera le tour du monde. Ce n'est qu'à 23 ans, qu'il décide de revenir en France. Il s'installe d'abord à Saint-Raphaël puis à Agde et finalement revient à Alès notamment pour prendre soin de sa grand-mère alors malade.

C'est en 2009, que la vie d'Alexandre Marcel va prendre un nouveau tournant, c'est un nouveau défi qui l'attend. Le 27 mars de cette année-là, Alexandre Marcel décide d'aller donner son sang à Bagard. Un geste citoyen tout à fait louable. Oui mais voilà, le médecin chiffonné par un détail sur sa feuille d'inscription, refuse de lui faire le prélèvement. "Parce que je suis gay, il me soupçonnait d'être porteur du VIH alors que j'avais fait les tests qui attestaient le contraire" se souvient l'Alésien. Révolté par cette discrimination, Alexandre Marcel porte plainte contre X. "Selon des préjugés, les gays sont plus infidèles que les hétéros. Cela n'a jamais été prouvé. Mon compagnon et moi sommes fidèles." L'affaire sera ultra-médiatisée, notamment parce qu'Alexandre Marcel se lance le 18 août 2009 dans une grève de la faim qui durera presque trois semaines pour dénoncer l’exclusion des gays au don du sang. Déterminé, il n'a arrêté que lorsqu'un rendez-vous a été fixé avec les conseillers de la ministre de la Santé de l'époque, Roselyne Bachelot. La machine est lancée, Alexandre Marcel devient un homme engagé "et pas communautariste", il défendra la cause des personnes homosexuelles.

Et lorsque les membres de la Sexion d'Assaut, dans le magazine International hip hop au mois de septembre 2010 affirment être "homophobes à 100%" et l'assumer, l'Alésien prend la mouche et demande des explications. "Je me suis mis en relation avec eux. Nous nous sommes rencontrés et ils se sont engagés à ne plus tenir de propos homophobes, même dans leur chanson. En 2011, ils ont donné un concert à l’Élysée Montmartre en faveur des associations qui défendent la cause homosexuelle." C'est à cette occasion d'ailleurs que l'Alésien fait la rencontre de Louis-Georges Tin, alors président du Comité Idaho qui organise des actions contre l'homophobie et notamment la journée mondiale de lutte contre l'homophobie. Cette même année, Alexandre Marcel réalise un clip avec des personnalités françaises qui d'une seule voix disent "Non à l'homophobie !" Ce clip a été diffusé les semaines passées sur les chaînes de télévision (Lire ici). Il a aussi le Paris Foot Gay.

Deux ans après, le voilà nommé président par son prédécesseur. Deux ans à peine et pourtant Alexandre Marcel a noté une évolution mais pas forcément dans le bon sens. "Si au tout début de mon combat j'avais l'impression que nous allions vers le meilleur, depuis le lancement du débat au sujet du Mariage pour tous, on a pu constater une recrudescence de l'homophobie. S'agit-il d'homophobes qui se cachaient et par un phénomène de masse se mettent à l'assumer ? Je ne sais pas". "En tant que président, je vais devoir gérer cette journée mondiale de lutte contre l'homophobie qui a lieu le 17 mai chaque année. Et puis, nous aidons aussi les personnes homosexuelles qui vivent dans des pays où l'homosexualité est un délit" comme l'Angola, l'Arabie saoudite, le Bénin, le Cameroun. Dans les Émirats arabes unis, en Iran, en Mauritanie, au Soudan, au Yémen ou en Afghanistan, les relations sexuelles entre personnes de même sexe sont passibles de la peine de mort. "Et dans les pays où l'homosexualité est pénalisée, les personnes n'ont pas accès aux soins, ni à la prévention concernant le Sida. Je me souviens de ce jeune homme au Cameroun condamné à cinq ans de prison à cause de son homosexualité. Lorsqu'il est entré en prison il n'avait pas le sida. A sa sortie, il l'avait. VIH et homosexualité, c'est vraiment un sujet très important dans notre combat."

Stéphanie MARIN

stephanie.marin@objectifgard.com

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