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TRANSPORTS La déviation du nord de Nîmes (enfin) mise en route. La concertation d’ores et déjà engagée

P1080459Travail, abnégation, conviction. Ces trois vertus dont Jean Denat revendique être le dépositaire ouvrirait la route aux plus belles espérances. Ainsi, c'est avec un plaisir non dissimulé (faut dire que cela fait quinze ans qu'il attendait ce jour  !) que le vice-président du conseil général délégué aux infrastructures et aux transports, a présenté ce jeudi après-midi lors d'une conférence de presse, le projet de déviation du Nord de Nîmes. Cette voie d'une longueur de 11, 8 km à 15, 5 km selon l'option finale choisie, est en débat depuis une décennie et demie, le temps "politique et réglementaire" qu'il a fallu au conseil général du Gard, maître d'ouvrage de ce chantier de 46 M€, pour convaincre la ministère de la Défense de céder partie de son emprise à la limite sud du camp militaire des Garrigues, puis réaliser toutes les études d'impact préalables : hydrologie, pollution, intégration dans le paysage...

Aujourd'hui, la déviation nord de Nîmes n'est plus cette "Arlésienne" si souvent moquée par l'opposition, puisque la phase d'information et de concertation du public, des communes, habitants, associations... est officiellement engagée depuis ce jeudi 20 juin. Ce "temps d'écoute et de dialogue" se poursuivra jusqu'au jeudi 3 octobre. Trois réunions seront organisées à l'attention du grand public (la première ce mercredi 3 juillet en fin de journée à l'auditorium de la Maison du département, rue Guillemette à Nîmes, les deux autres à la rentrée pour les riverains de Nîmes-Nord et Marguerittes) qui disposera également de plusieurs moyens pour consigner ses avis et opinions : un registre de concertation, anciennement cahier de doléances, dans les mairies impactées par le projet (Nîmes et Marguerittes), ainsi qu'un espace dédié au projet sur le site internet du conseil général (www.gard.fr). Il sera également possible d'adresser ses observations au maître d'ouvrage par courriel (concertationdnn@gard.fr) ou par courrier (Dgadif-concertation DNN. Conseil général, 3, rue Guillemette, 30044 Nîmes Cedex 9).

A l'issue de cette concertation qu'il souhaite "large et ouverte", le conseil général tirera le bilan et décidera du tracé et des aménagements à soumettre à l'enquête publique, dont l'ouverture est prévue d'ici la fin 2014. Avec une mise en service de la déviation d'ici 2020, après quatre années de travaux. Une précision toutefois et non des moindres : ne viendront en débat que le choix de la variante entre la route de Poulx et la route d'Avignon (trois options), le type d'échange avec la route d'Uzès (viaduc ? demi-échangeur entrant ou sortant ? échangeur complet entrant et sortant ?) et, enfin, la place à accorder aux déplacements doux le long de l'itinéraire. "Le tracé de la déviation entre les routes d'Alès et de Poulx, empruntant la partie sud du camp militaire des Garrigues, est tranché et acté. C'est un choix que nous assumons et sur lequel nous ne reviendrons pas. Il n'est pas question d'un itinéraire plus au nord qui passerait par le chemin des Cercles et qui nous contraindrait à franchir deux fois le Gardon ! Ce serait, d'une part, engager des suppléments de dépenses que nous ne pourrions supporter, d'autre part, hypothéquer l'avenir même du camp des Garrigues qui fait partie de la vie sociale et économique de Nîmes", a commenté Jean Denat.

Le profil de la déviation nord de Nîmes. Si le tracé entre les routes d'Alès et de Poulx est définitif, trois options demeurent quant à la jonction entre la route de Poulx et l'échangeur Nîmes-Est de Marguerittes.

Le profil de la déviation nord de Nîmes. Si le tracé entre les routes d'Alès et de Poulx est définitif, trois options demeurent quant à la jonction entre la route de Poulx et l'échangeur Nîmes-Est de Marguerittes.

Selon le plan proposé par le service des Routes du conseil général, seules sept habitations - dont trois physiquement menacées - se trouvent à moins de 400 mètres de part et d'autre du tracé. Assortie d'accès exclusivement réservés aux services de secours, cette voie de déviation du trafic (12 000 voitures/jour) comptera deux ouvrages d'art (un viaduc de 500 m de longueur et 37 m de hauteur, un autre de 300 m de long et 50 m de haut). Si l'emprise au sol sera calibrée pour une 2 x 2 voies, elle sera aménagée dans un premier temps en 2 x 1 voie, avec perspective de l'élargir à l'horizon 2030-2035, lorsqu'elle supportera le trafic supplémentaire généré par l'achèvement de la 2 x 2 voies entre La Calmette et Nîmes, ainsi que le fameux contournement ouest de la préfecture qui reliera, sous maîtrise d'ouvrage de l'Etat, la route d'Alès à Milhaud et à l'autoroute A.9. "Cette route ne sera pas un boulevard périphérique, mais une voie de déviation de la circulation présentant trois avantages majeurs : désengorger la ville de Nîmes saturée par le trafic automobile, réduire la pollution intra-muros et favoriser le développement des transports en commun. Elle aura aussi pour intérêt de constituer une limite physique à l'urbanisation et préserver ainsi la garrigue de programmes immobiliers et/ou commerciaux. Dans cette perspective, elle ne sera pas dépolluée, interdisant ainsi toute construction", a ajouté le vice-président du conseil général.

Cette déviation ne sera optimisée qu'après sa jonction avec la route Nîmes-Alès en 2 x 2 voies sur tout l'itinéraire, ainsi qu'avec le contournement ouest de l'agglomération nîmoise.

Cette déviation ne sera optimisée qu'après sa jonction avec la route Nîmes-Alès en 2 x 2 voies sur tout l'itinéraire, ainsi qu'avec le contournement ouest de l'agglomération nîmoise.

Concernant la liaison entre la route de Poulx et l'échangeur A9 Nîmes-Marguerittes, trois fuseaux seront soumis à concertation publique : le premier emprunterait la Combe des Allemands, le second la Combe des Bourguignons et, enfin, le troisième - qui ne semble pas avoir les faveurs des aménageurs - la départementale 135 reliant, à hauteur du casernement militaire, la route de Poulx à la zone commerciale de Marguerittes.  Dossier à suivre...

NDLR : Il est à noter que Damien Alary, président du conseil général du Gard, était volontairement absent de cette présentation, afin de ne pas être suspecté de tirer profit de ce vaste chantier au cas où il confirmerait sa candidature aux élections municipales de Nîmes.

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