ECOLOGIE Le monde à l’envers ou les plantes par dessus la tête

Grotte de la Salamandre 7 -Droits photo JF Daures

Un plafond végétalisé pour sortir de la grotte de la Salamandre Ph. DR/JFD

En marge de l’inauguration de la grotte de la Salamandre, l’architecte Jean François Daures qui s’est vu confier ce projet très innovant nous parle de cette réalisation exceptionnelle et de sa philosophie.

“Les espaces naturels sensibles se doivent d’être préservés et mis en valeur. C’est par leur valorisation que l’on peut sauver et véritablement protéger les zones naturelles où la bio diversité est exceptionnelle, ou le caractère sauvage du paysage est évident. L’homme de par son activité participe à la préservation des espaces naturels, c’est un principe plus facile à mettre en œuvre que de vouloir tenter de vainement les rendre inaccessibles” explique Jean-François Daures qui pense que la bonne fréquentation d’un espace naturel et sa mise en valeur apportent toujours les meilleures conditions pour entretenir ces sites sensibles qui méritent d’être partagés et connus par le plus grand nombre. C’est ce qui l’a orienté dans la conception du bâtiment portail de la grotte de la Salamandre, situé dans une zone écologique sensible sur la commune de St Privat de Champclos.

Parce que cette architecture s’adresse à un public varié et nombreux,  son sens architectural doit paraître évident, c’est à dire « intuitif » : Symbolique (une icône), sept alcôves ogivales expriment le plus simplement possible la descente des charges tout en optimisant le ratio entre volume intérieur et surface d’enveloppe. Cette forme architecturale m’ apparaît comme très consensuelle.”

Une architecture durable

Il n’y a pas de  façades ici, seulement une enveloppe de matière végétale vivante qui est structurée par une charpente de bois, tous locaux, lamellés et collés pour supporter une couche photovoltaïque qui produit toute l’énergie nécessaire au bon fonctionnement des bâtiments mais aussi de l’éclairage de cavité. Une architecture solaire, végétale et vivante qui est supportée par cinq poteaux de châtaignier, simplement prélevés dans la forêt alentour, et ramenés sur place pour être écorcés et mis en œuvre.

DSCF7424

Le bâtiment, posé comme une icone. Ph DR/RM

“Sur le plan environnemental” poursuit Jean-Francois Daures “il s’agit de laisser la plus faible empreinte lorsqu’on construit, c’est la première caractéristique d’une éco construction qui se doit d’être réversible, donc à la fois recyclable et ré utilisable”. La construction est faite de bois tous locaux : Pin Douglass et châtaignier, tous coupés dans un périmètre de 80kms autour du chantier. La majorité du béton utilisé dans les constructions classiques a disparu. “Il n’y a pas de dalles en béton non plus” explique l’architecte ; “seul un plancher de pin Douglass non traité est posé à claire voie au dessus d’un lit de galet de la rivière, utiles pour leur inertie thermique. Le béton est utilisé surtout pour asseoir les fondations d’une dizaine de poteaux en pin et pour stabiliser les entrées, aux deux tunnels d’accès”.

Le mimétisme végétal du plafond

Autre particularité du lieu la voûte végétalisée que l’architecte commente ainsi : “Au sortir d’une salle monumentale, au plafond si densément orné de splendeurs minérales, ne pouvait succéder le plafond bas et terne d’une architecture classique.Toujours pour accompagner le visiteur dans sa traversée du monde végétal au monde minéral, cette voûte végétalisée,est voulue aussi pour absorber le son dans ce hall d’accueil fréquenté. Elle abrite des centaines plantes habituées à vivre la tête en bas et l’appareil racinaire tourné vers le ciel. Une collection de fougères, parmi lesquelles citons, la capillaire de Montpellier, et Soleiroli Soleirola qui sont des funambules que l’on observe déjà la tête à l’envers dans les entrées des grottes”.

DSCF7421

Le hall de sortie de la grotte avec sa voûte végétale Ph. DR/RM

Jean-François Daures a voulu pour la grotte de la Salamandre une architecture unique, d’abord parce que la  matière végétale vivante qui la compose évolue constamment mais aussi parce la forme ogivale marque les esprits des visiteurs. Un travail d’autant plus remarquable qu’il a été réalisé en quatre mois, le calendrier ayant été bousculé respecter la tranquillité… des chauves souris. “Il a fallu une équipe soudée pour bâtir ces alcôves de bois cintré et ce belvédère sur pilotis à flanc de falaise et tout cela  s’est fait dans une ambiance  exceptionnelle d’entraide et de professionnalisme qui a régné sur ce chantier.” 

(1) ces propos sont largement extraits du discours de Jean-Francois Daures lors de l’inauguration de la grotte de La Salamandre (voir notre article).

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>