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GARD Le préfet se défend face aux accusations du Collectif Solidarité Roms

Hugues Bousiges, préfet du Gard répond au Collectif Solidarité Roms du Gard. Photo DR/OG
Hugues Bousiges, préfet du Gard répond au Collectif Solidarité Roms du Gard. Photo DR/OG

La conférence de presse du Collectif Solidarité Roms donnée hier, à Nîmes, (lire notre article ici) n'est pas passée inaperçue aux yeux du préfet du Gard largement attaqué. Ainsi, Hugues Bousiges a adressé une réponse longue et précise à ceux qui l'accusent dans une lettre ouverte envoyée au préfet Alain Régnier, délégué interministériel pour l’hébergement et l’accès au logement des personnes sans abri ou mal logées, de ne pas mener une action assez efficace pour aider la quinzaine de familles roms installée sur un terrain situé sur la commune de Nîmes à la sortie de Caissargues.

"Le 9 septembre, le collectif solidarité Roms qui s'est créé dans le Gard depuis l'hiver dernier a publié une lettre ouverte. Il n'a de cesse de critiquer les solutions mises en œuvre, sous mon autorité, pour tenter d'intégrer les 15 familles roms présentes à Nîmes. Je suis d’ailleurs surpris qu’une telle mobilisation n’ait pas vu le jour plus tôt alors que certains roms sont présents sur la commune de Nîmes depuis 10 ans.

Conformément à la circulaire du 26 août 2012, j’ai immédiatement mobilisé mes services afin d’engager un travail de diagnostic et d’intégration sociale de ces 15 familles (soit 47 personnes), errant de squat en squat après chaque expulsion.

Tout d’abord, je crois utile de préciser que le propriétaire du terrain sur lequel ces populations sont installées (terrain destiné au contournement ferroviaire de Nîmes) a obtenu une ordonnance d'expulsion depuis avril dernier. J’ai donc dû négocier sa non mise en application jusqu'au début de l'année prochaine pour développer des mesures d'intégration.

De manière à assurer ce travail, deux associations spécialisées en ingénierie sociale, l'ADEJO et la Croix Rouge Française, ont été missionnées par mes soins pour assurer la coordination du dispositif, contrairement aux allégations de M. Mathieu soulignant l’absence de pilotage de ce dossier que je suis personnellement.

J'ai réuni à neuf reprises le comité de pilotage pour m'assurer personnellement de l'avancée des travaux.

De manière concrète, dès le 5 avril dernier, un diagnostic détaillé de la situation de chaque personne ou famille présente a été réalisé par une équipe pluridisciplinaire qui s’est rendue sur le campement. Ce premier travail d’évaluation a débouché sur la mise en place de plusieurs actions.

S’il est vrai qu’un site de relogement temporaire – autorisé par les autorités militaires jusqu’à fin décembre - avait été envisagé dans un premier temps, cette option n’a pu être menée à son terme en raison d’une part, des dangers inhérents au site (terrain militaire non dépollué, proximité d’un aérodrome, installation sensible du site de Météo-France, bâtiments en ruine) et d’autre part, du coût pour installer des résidences temporaires décentes, sans compter également la forte opposition du comité de quartier.

L’issue de cette solution m’est apparue incertaine, d’autant plus que le propriétaire du terrain sur lequel les roms sont actuellement installés acceptait de différer l’expulsion de ces occupants jusqu’à la fin décembre. Dès lors, il devenait possible de chercher directement un logement pérenne sans passer par un relogement provisoire.

J’ai donc choisi d’avancer simultanément sur les axes de travail suivants :  Sécurité sanitaire des occupants du campement ; accès au marché du travail – apprentissage de la langue française ; scolarisation des enfants ; relogement.

Sur l’aspect sanitaire, les populations présentes font l’objet d’un suivi régulier par les services du conseil général. En ce qui concerne la protection maternelle et infantile ; aucune pathologie particulière n’a été décelée. Les roms sont régulièrement accueillis par l’antenne médicalisée de la Croix Rouge. En matière d’hygiène, compte tenu des fortes chaleurs de l’été, la société Oc’via (groupe Bouygues) a procédé à ma demande, et sur ses fonds propres, à l’évacuation des encombrants accumulés par ces personnes soit 190 m3.

S’agissant des ordures ménagères quotidiennes, des containers - qui viennent de disparaître récemment - avaient été mis en place par la communauté d’agglomération de Nîmes Métropole.

En matière d’eau potable, la Croix Rouge a installé deux citernes souples prêtées par Véolia et a fait procéder à leur ravitaillement durant tout l’été. Celles-ci viennent d’être lacérées et ne sont donc plus utilisables.

En matière d’emploi, toutes les personnes en âge de travailler (plus de 16 ans) ont bénéficié d’un entretien individuel d’évaluation (27 personnes). Ce diagnostic a fait ressortir que 5 personnes présentes sur le campement pouvaient accéder à un emploi. Cela représente avec leur famille 20 individus. Afin qu’elles puissent être inscrites à Pôle-Emploi, je leur ai délivré à titre dérogatoire des autorisations provisoires de séjour avec autorisation de travail anticipant ainsi de plusieurs mois la réglementation qui sera applicable début 2014. Des employeurs ont été sollicités par Pôle-emploi mais ont décliné ces offres. La société Oc’via, qui recrute en octobre prochain vingt coffreurs-brancheurs, est prête à embaucher certains d’entre eux.

En matière d’apprentissage de la langue française un programme va être mis en place avec une association spécialisée dans ce domaine dont la rétribution sera faite sur votre délégation de crédits. Le programme, en cours de définition, sera arrêté avant la fin de cette semaine.

En matière de scolarisation, les 13 enfants en âge d’être scolarisés ont été inscrits (9 en primaire – 4 au collège). Je suis en négociation avec l'agglomération de Nîmes pour que soit créé devant le camp un arrêt provisoire des lignes de bus (le plus proche étant à 20 minutes à pied). Le collectif que j’avais interrogé pour connaître la possibilité qu’il aurait d’apporter une aide aux enfants scolarisés m’a fait part de son incapacité à agir...

En matière d’accès au logement, les bailleurs, en l’absence de tout revenu, sont assez réticents à s’engager mais ils m'ont fait part de leur souhait de m’apporter une aide avec la mise en place de baux glissants, sachant que le risque d’échec pour des personnes non habituées à vivre en appartement est élevé. A l'heure actuelle, aucune association ne s'est portée volontaire pour mettre en place une procédure de baux glissants.

Par ailleurs, plusieurs familles présentes sur le camp (3) ont quitté les lieux après des tensions avec d’autres roms venus de départements voisins. Il ne faut également pas sous-estimer l’intérêt que peuvent avoir certains leaders roms de voir ces dispositifs d’insertion échouer.

Enfin, m’occupant de ces roms Nîmois, je risque à tout moment l’arrivée de familles venant soit de l’Hérault (700 personnes recensées), soit de PACA (1350), ce qui compromettrait totalement mon initiative." [Fin de citation]

S.Ma

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