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FAIT DU JOUR. La corrida de Rodilhan aura bien lieu, la pression des anti n’y changera rien

Le CRAC lors de la Feria d'Alès au mois de mai 2013. Photo DR/R.M.
Le CRAC lors de la Feria d'Alès au mois de mai 2013. Photo DR/R.M.

"On est des aficionados et on le restera. Nous sommes Gardois et nous voulons garder notre identité. Nous ne sommes pas des hors-la-loi. L'organisation n'est pas là pour se battre mais pour présenter un spectacle reconnu par la France, vis-à-vis de la loi, nous sommes clean" lance-t-on du côté de l'organisation du festival taurin qui aura lieu les 26 et 27 octobre à Rodilhan. Ce même festival qui, en 2011, avait fait parler de lui suite à la déferlante de violences qui avait soufflé au cœur des arènes où près d'une centaine d'anti-corrida s'étaient invités par surprise. Le procès devrait avoir lieu au cours du début de l'année 2014, après plus d'un an d'enquête.

Alors, lorsque les anti-corrida ont appris que Rodilhan accueillait à nouveau ce festival, ils l'ont vécus comme une "véritable provocation". "Ces spectacles, où l'on pourra probablement rencontrer tout ou partie des prévenus, sont vécus comme une véritable provocation par les victimes de ces brutalités, leur famille, leurs amis et par tous les opposants à la corrida ! Le lieu n'est pas anodin, et la proximité de date avec le procès imminent non plus [...] La Fédération des Luttes pour l'Abolition des Corridas demande expressément aux autorités de prendre toutes les mesures nécessaires afin que ces corridas n'aient pas lieu.  Soit en faisant entendre raison aux organisateurs, soit en interdisant ce spectacle qui est la provocation de trop dans une période de grande tension" apprend-on dans un communiqué de la Fédération de Lutte pour l'Abolition des  Corridas qui intègre le CRAC d'Alès organisatrice de deux manifestations le 27 octobre, la première à 10 heures et la seconde à 14 heures.

Contrairement à 2011, les deux manifestations ont été déclarées en préfecture et ont fait l'objet d'une réunion en présence de Jean-Pierre Garrigues, président du CRAC, Julie Bouaziz, directrice de cabinet du préfet du Gard, du Colonel Poty, commandant du groupement de gendarmerie du Gard et du chef du service départemental de l'information générale. A l'issue de cette réunion, le préfet du Gard, Hugues Bousiges, a pris sa plume pour avertir le chef de file des anti-corrida : "S'agissant d'une commune non dotée de police d’État, le maire (de Rodilhan, Ndlr) détient les pouvoirs de police lui permettant d'encadrer ces manifestations. En l’occurrence, compte tenu des graves heurts (encore non jugés) qui ont eu lieu en 2011 [...] il a, par arrêté municipal n°110-2013 du 9 octobre 2013, interdit toute manifestation dans un périmètre de 400m autour des arènes les 26 et 27 octobre prochains." Si les anti-corrida franchissent la ligne rouge, "vous vous exposez à six mois d'emprisonnement et 76 224€ d'amende, en application de l'article 431-9 du code pénal" précise le préfet. Aïe, voilà qui pourrait changer les plans des anti-corrida qui avaient prévu de s'introduire incognito dans les arènes comme ils l'avaient fait en 2011. "Bien sûr, nous n'aurons pas de chaîne comme il y a deux ans, on imagine qu'il y aura des fouilles à l'entrée des arènes. Notre action sera d'un autre genre mais toujours pacifique" promet Jean-Pierre Garrigues qui malgré des recherches n'a jamais eu en main l'arrêté municipal du maire de Rodilhan. "Comme d'habitude, les tortionnaires font les choses en cachette. De toute façon, si cet arrêté existe, nous avons des magistrats et des juristes qui travailleront dessus. La moindre faille nous permettra de déposer un référé-liberté" affirme Jean-Pierre Garrigues.

D'un côté comme de l'autre, on ne semble pas vouloir lâcher les cornes du taureau. Le préfet du Gard, craignant de nouvelles violences, a prévu de mettre en place un lourd dispositif de gendarmerie.

Stéphanie MARIN

stephanie.marin@objectifgard.com

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7 réactions sur “FAIT DU JOUR. La corrida de Rodilhan aura bien lieu, la pression des anti n’y changera rien”

  1. La France répressive anti démocratique ou la liberté d’expression est bafouée.Mais ou est donc passé le pays des droits de l’homme?Nous vivons dans un pays ou l’on expulse des enfants ou l’on permet aux lyncheurs de 2008 d’assister a de pseudos spectacles de barbarie ou l’on charcute des animaux vivants et ou l’on empêche des pacifistes de s’exprimer.La France du clientélisme,des politiques a la botte des lobbys.On promulgue un arrêté pour empêcher des pacifistes qui n’ont jamais blessé qui que ce soit de s’exprimer afin de mieux permettre au cogneurs de 2008 de se repaitre de la barbarie honteuse.Il est certain que c’est plus aisé que d’assurer la sécurité des citoyens dans les zônes de non droit aux mains des trafiquants.

  2. les aficionados s’accrochent desesperement a cette « tradition » comme si leur vie en dépendaient, sans même être capable d’expliquer pourquoi.

    faut il que ces regions et leurs univers soient bien pauvres pour penser que leur identité culturelle passe par des pratiques formellement reconnues comme maltraitances et sévices sur animal par la loi.

  3. Les défenseurs de la corrida ont parfaitement raison: ils ont pour eux un alinéa du code pénal qui affirme que, bien que génératrice des sévices graves et actes de cruauté qui sont punissables sur l’intégralité du territoire national, la corrida ne sera pas interdite là elle serait tradition.
    Le problème c’est que la tradition n’ayant aucun rapport avec les effets de la cruauté, cet alinéa – obtenu dans les conditions que l’on sait – contredit grossièrement l’esprit de la loi initiale qu’il est venu compléter.
    Il doit donc être supprimé, comme viennent de le demander deux propositions de loi.
    En attendant, il serait logique que seule la loi initiale soit prise en compte, celle qui interdit totalement l’immoralité de la cruauté et qui rassemble derrière elle l’ensemble de la nation.
    Ce qui ne retirerait bien sûr pas aux pro corrida la possibilité de demander la suppression totale, à Brest aussi bien qu’à Briançon, de l’interdiction de la corrida. On verrait alors ce qu’en pensent nos concitoyens !

    1. Les défenseurs de la Corrida ont parfaitement raison, ils ont pour eux un alinéa du code pénal (le 7eme de l’article 521-1) jugé conforme à la Constitution et à la Déclaration des droits de l’Homme de 1789 par le Conseil constitutionnel.
      De plus, le tribunal administratif de Paris a rejeté les recours contre la décision du ministre de la culture et de la communication d’inscrire la corrida à l’inventaire du patrimoine immatériel de la France déposés par le Crac et Droits des animaux

      « Le Tribunal écarte les différentes critiques soulevées à l’encontre de la décision ministérielle d’inscrire la corrida à l’inventaire du patrimoine immatériel de la France.Il juge ainsi que la corrida peut être regardée comme appartenant au « patrimoine culturel immatériel » de la France, au sens de l’article 2 de la convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine immatériel, en application de laquelle la décision attaquée avait été prise. Il relève que la corrida est enracinée depuis le XIXème siècle dans quatre régions, douze départements et quarante-sept villes du sud de la France où environ 200 spectacles de corrida sont programmés chaque année. Il constate qu’elle procure à certains groupes, communautés et individus « un sentiment d’identité et de continuité », contribuant à promouvoir « le respect de la diversité culturelle », conformément aux stipulations de la convention.

      Le Tribunal écarte également l’argument selon lequel le ministre ne pouvait inscrire la corrida à l’inventaire du patrimoine immatériel de la France alors que l’article L. 521-1 du code pénal réprime les actes de cruauté envers les animaux et n’autorise les courses de taureau que dans les parties du territoire national où existe une tradition ininterrompue. Reprenant les termes de la décision du Conseil constitutionnel du 21 septembre 2012 qui a rejeté la question prioritaire de constitutionnalité soulevée par les associations requérantes à l’encontre de la tolérance prévue par cet article du code pénal, le Tribunal rappelle ainsi que la corrida ne porte atteinte à aucun droit constitutionnellement garanti. »

      TA de Paris, 3 avril 2013, Fondation Franz Weber et autres, n° 1115219 et 111577/7-1, N°1115577 2

  4. Il est quand même curieux de constater qu’un maire, mis en examen suite aux violences aggravées du 8 oct 2011 dans son arène de Rodilhan, se permette de vouloir écarter les manifestants qui gêneraient sa nouvelle corrida, au même endroit ; alors que le procès des lyncheurs n’a pas encore eu lieu et que certains de ceux-ci se retrouveraient tranquillement dans les gradins. De tous temps, en France, les préfets se sont placés du coté du pouvoir, contre le peuple et contre sa résistance. Que plusieurs centaines de personnes veuillent se déplacer dans un bled de sinistre réputation (voir le référencement Google), pour une cause qui ne les concerne pas directement, c’est assez intéressant et symptomatique. Parions que les forces de l’ordre empêcheront cette fois les aficionados de frapper les manifestants, et qu’elles laisseront s’exprimer le bon droit et les consciences contre l’obscurantisme des traditions barbares (mêmes encore tolérées localement) !

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