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MAS DE MINGUE. Les habitants se disent abandonnés par les pouvoirs publics et leur bailleur social

Photo DR/S.Ma
Amina vit avec ses cinq enfin dans un logement de 60 m² insalubre au Mas de Mingue. Photo DR/S.Ma

Rassemblés devant les portes du Centre Socio-Culturel et Sportif Jean Paulhan à Nîmes, les habitants du quartier du Mas de Mingue, une majorité d'anciens, ont répondu à l'appel de l'association CGL (Confédération générale du Logement) bientôt présidée par Farid Bader : "Nous sommes délaissés par les pouvoirs publics et les bailleurs sociaux. Les logements sont insalubres, le cadre de vie est malsain. Il n'y a plus rien ici, il ne faut pas s'étonner si les jeunes passent leur temps à casser et mettre le feu à des poubelles. Je ne cautionne pas leurs actes, bien sûr, mais il n'y a rien dans ce quartier pour les occuper. Nous sommes abandonnés." Le tableau est noir mais il est dépeint de la même manière par celles et ceux qui ce vendredi après-midi se trouvaient aux côtés de Farid Bader.

Les habitants du quartier du Mas de Mingue se sont rassemblés ce vendredi après-midi pour faire entendre leur colère. Photo DR/S.Ma
Les habitants du quartier du Mas de Mingue se sont rassemblés ce vendredi après-midi pour faire entendre leur colère. Photo DR/S.Ma

"Il y a de la moisissure dans mon appartement, Habitat du Gard ne fait rien" lance Amina, 30 ans. Pour prouver ses dires, la jeune femme a ouvert à Objectifgard.com, la porte de son petit chez elle, à peine 62 m², dans lequel elle vit avec ses cinq enfants. Une odeur d'urine embaume le hall d'entrée décoré de centaines de tags dont nous ne partagerons pas la poésie. L'appartement est surchargé, Amina accumule des matelas qu'elle conserve sous plastique, "car j'espère bien partir d'ici." C'est-à-dire de son logement. La jeune maman ne veut pas quitter son quartier, "ma famille habite au Mas de Mingue, j'y suis depuis l'âge de 19 ans, c'est mon quartier. Moi ce que je veux, c'est un appartement décent, pas insalubre. Un endroit où mes enfants pourront grandir sainement. J'ai dit à Habitat du Gard que je voulais partir mais pour le moment ils ne me proposent rien." Et pourtant, à quelques centaines de mètres le projet de ZAC de la Citadelle nargue les habitants. "Ces logements-là ne nous serons jamais proposés. Ils préfèrent faire venir des gens de l'extérieur. Que sommes-nous pour eux ? Des animaux que l'on préfère espionner avec des caméras de vidéosurveillance plutôt que de réimplanter un commissariat dans le quartier." Dans la chambre d'Amina, les murs sont couverts de moisissures, dans celle de ses filles, des fils électriques pendent au dessus des lits et la salle de bain, c'est bien loin d'être du luxe, car il y a bien une baignoire, mais une baignoire sabot. "Rendez-vous compte que des personnes âgées ont ces mêmes baignoires sabot" précise Mohamed Jaffal, président de l'Union fédérale CGL qui atteste un abandon daté de plusieurs années, voire d'une décennie. A Farid Bader de reprendre : "Nous voulons que ça change. Les logements doivent être rénovés. Nous proposons à Habitat du Gard de faire travailler les jeunes du quartier" où le taux de chômage est très élevé.

Ce rassemblement devrait se transformer dans les semaines à venir, en une manifestation devant la mairie de Nîmes et les locaux du bailleur social, Habitat du Gard.

S.Ma

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