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OPTICIENS La vision de l’avenir reste troublée pour toute une profession

Joël Roure, Innov'optic à Alès. Ph DR/RM
Joël Roure, Innov'optic à Alès. Ph DR/RM

Suite à l'adoption à l'Assemblée nationale cette semaine de plusieurs mesures législatives visant à inciter et réglementer la vente de lunettes et de lentilles sur Internet (loi Hamon), ainsi qu'à encadrer le métier d'opticien et le parcours de soins (Proposition Le Roux), Joël Roure, jeune opticien indépendant installé depuis moins de deux ans à Alès se fait l'écho des inquiétudes de sa profession.

"La vente sur Internet peut certes tenter certains clients, mais il semble que tous les services proposés par l'opticien de proximité ne pourront jamais être totalement remplacés" explique Joël Roure que cette évolution n'émeut pas trop. "Ainsi même si l’ophtalmologue fournit les informations et les mesures nécessaires pour que le client puisse acheter ses lunettes sur Internet, on ne voit pas qui  va effectuer les éventuels réglages, les réparations, les ajustages si ce n'est l'opticien de proximité. De toutes les façons cette vente sur Internet existe déjà dans les faits "conclut-il. En revanche l'achat sur Internet risque de mettre en concurrence l'industrie de l'optique elle-même et les derniers fabricants français. Or la France est peut-être plus chère (et ce n'est même pas prouvé si on regarde les coûts hors taxes) mais elle garde un longueur technologique d'avance...

Le danger vient des réseaux

Pour Joël Roure qui a ouvert à Alès Innov'optic, 14 rue Albert 1er, comme pour bon nombre des opticiens de ville (Ils sont dix-neuf sur l'agglomération alésienne) ce qui est en train de changer la donne sur le terrain repose plutôt sur la proposition de loi qui ouvre grand la porte aux mutuelles et aux assurances pour construire des tarifs différenciés à leurs clients en se constituant des réseaux. "Pour nous, adhérer à un réseau", explique Joël Roure, "c'est déjà remplir 60 pages de propositions avec nos meilleurs tarifs afin que la mutuelle puisse ensuite proposer un remboursement à la carte à son client. Bientôt nous ne pourrons plus servir nos client que dans la gamme fixée par la mutuelle et au prix fixé par elle. D'une mutuelle à l'autre, d'un client à l'autre nous aurons des prix différenciés. A terme les clients ne dépendront même plus de nous puisqu'ils seront directement orientés par la mutuelle vers le produit et l'opticien désigné.  Nous aurons alors à la fois réduit nos marges et perdu la "valeur" de notre clientèle."

Une jeune génération motivée

Si on a parfois accusé leurs ainés de "profiter" du système de remboursement, la jeune génération d'opticiens aborde lucidement un secteur où la concurrence est aujourd'hui bien réelle. Joël Roure s'est spécialisé dans le domaine de la vue des enfants : Optikid. "Dans notre profession le stock et le matériel coutent cher. On peut facilement imaginer que le nombre d'opticiens indépendants sera encore réduit par ces nouvelles mesures" dit-il, tout en restant convaincu que rien ne remplacera la relation directe avec un client qui doit pouvoir garder le droit et les moyens de choisir.

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