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PORTRAIT DU DIMANCHE. Ghislain Amsellem, président du club de volley Alès : putain 20 ans!

Ghislain Amsellem. DR/EL
Ghislain Amsellem. DR/EL

Vingt ans qu'il porte à bouts de bras le club de volley-ball d'Alès. Vingt ans qu'il investit sur son temps libre pour donner à l'équipe cévenole une dimension nationale et même européenne. Ghislain Amsellem peut se targuer d'avoir réussi son pari, malgré des résultats décevants ces dernières années.

Voilà un accueil pour le moins singulier pour un président de club de volley-ball. Ce n'est ni sur un stade, ni dans un bureau gorgé de trophées et d'affiches que Ghislain Amsellem nous reçoit, mais dans son étude d'huissier de justice, au cœur d'Alès. Cet homme aux multiples facettes mène en effet de front deux carrières qu'en apparence tout oppose : son métier d'huissier de justice, qu'il exerce à Alès depuis 1992, et ses fonctions de président du club de volley-ball d'Alès qu'il dirige depuis juin 1994. Deux choix en dichotomie? Ghislain Amsellem s'en défend. "Ma profession a bien changé et elle est loin des stéréotypes qu'en ont les gens. Au quotidien, j'essaie de trouver des solutions avec les personnes en difficulté pour qu'elles quittent leur logement dignement tout en satisfaisant les propriétaires qui ne sont plus payés. C'est pour ça que j'ai choisi ce métier, un peu par hasard", explique celui qui se veut résolument proche des gens et qui a choisi une petite ville pour exercer. Pourtant, si ce travail "de proximité" à temps plein le comble, le hasard lui donne la chance de s'accomplir dans un autre domaine, qu'il aime depuis toujours : le sport, et le volley-ball en particulier.

L'arrivée au club et la montée en championnat

"Je découvre le volley à 20 ans, avec mon épouse. Je le pratique à un faible niveau pendant plusieurs années. En 1992, alors que je viens de m'installer à Alès avec ma famille, mes fils intègrent le club de volley. Dans le même temps, un ami adhérent me pousse à le rejoindre, arguant je n'ai pas grand-chose à faire en dehors du boulot! Je le suis. L'équipe joue alors en Nationale 3. Le président de l'époque Jean-Claude Rivière me demande quelques mois plus tard de le remplacer par intérim pour deux ou trois saisons. J'accepte avec comme mission ambitieuse d'emmener l'équipe  à un niveau national. Même si tout le monde n'est pas d'accord avec cet objectif au départ, on finit par décider en 1994 de se lancer dans cette optique", raconte-t-il. Sept ans plus tard, le club monte en national 1. Il décroche des partenariats et obtient des subventions importantes de la ville via un contrat d'objectif de plus en plus ambitieux. En 2003, le CAC accède en ligne B et atteint un niveau professionnel, avant d'entrer, 5 ans plus tard, dans le cercle très fermé de la Pro A. La consécration. Nous sommes en 2008.

"Pendant toutes ces années, je prend le parti de bien structurer le club. Nous créons un centre de formation et nous embauchons en interne, notamment un chargé de communication pour éviter de tomber en cas d'échec en championnat, comme ça a été le cas pour Dunkerque", souligne Ghislain Amsellem, fier de cette réussite qu'il doit en grande partie à sa détermination sans faille et au soutien de son épouse, qui fait également partie du club.

Faire face aux difficultés

Le club reste ensuite deux ans en Ligue A puis est relégué en 2010 en Pro B. Presque inévitable. "En 2008, nous avons 950 000€ de budget, c'est le plus faible de toute la ligue. La plupart tournent à 2 000 000€. On manque de médiatisation et on n'a pas de gros sponsors comme les laboratoires Fabre à Castres ou Auchan à Tourcoing. La ville nous soutient déjà beaucoup et ne peut donner davantage. On a une bonne équipe mais on n'a pas les moyens de la garder", regrette-t-il.

"Aujourd'hui, on stagne en Ligue B mais on a l'espoir de remonter, même si ça sera difficile. On a 80 partenaires et 700 000€ de budget, dont 375 000€ de la mairie et de l'agglomération.  C'est peu. On a besoin de beaucoup de petits sponsors et même des particuliers qui ont de l'argent et qui veulent investir. On est le seul club professionnel d'Alès et c'est la visibilité de la ville qui est en jeu", lance t-il sans trop y croire mais avec une ambition brûlante.

Le changement d'entraîneur

Après l'annonce du départ de Michaël Blondeau il y a quelques jours, le président du club a fait un nouveau choix, Ratko Peris, entraîneur à Cambrai, qui signe pour 2 ans. "Blondeau n'a pas réussi à faire passer son message auprès de joueurs qui ne l'entendaient plus. Il fallait prendre une décision pour la nouvelle saison. Ratko Peris nous sollicite depuis 3 ans et je pense que sa notoriété sera un atout pour la suite. Même si son arrivée ne changera pas la donne".

Aujourd'hui, Ghislain tire malgré tout un bilan plus que positif de ses 20 ans passés au club et a l'intention de continuer à se battre pour lui. "Avec les moyens qu'on avait, on a bien réussi. Le club est en national et on possède un centre de formation de national 2. Quand je fais les choses, je les fais à fond, sinon c'est inutile. Je vais donc aborder cette nouvelle saison avec l'espoir qu'on aura moins de blessés que cette année. On aura également deux nouveaux joueurs que l'on va recruter très prochainement", affirme t-il. Avant de nuancer : "Si dans deux ou trois ans, on est toujours bloqué en Ligue B, j'arrêterai. Je commence à être fatigué et je ne veux pas que le plaisir laisse place à la contrainte".

En attendant, le club a plus que jamais besoin de son investissement personnel et de son ambition pour retrouver les marches du succès. C'est en tout cas l'avis de certains de ceux avec qui il travaille. "Ghislain a un carisme et une personnalité assez exceptionnels. Si le club en est là aujourd'hui, c'est exclusivement grâce à lui. Il a donné de sa personne quand il a fallu le faire. Je ne suis pas complaisant et on a des modes de fonctionnement différents, mais on discute, et on avance", précise Jean-Philippe Dirrenberger, vice-président du club et ami. Et si on repartait pour 20 ans?

Etiquette

Eloïse Levesque

Eloïse Levesque, journaliste diplômée de l'université de droit et de science politique de Montpellier, à Objectif Gard depuis mars 2014

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