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FAIT DU JOUR. Quand les nouveaux rythmes scolaires boostent la demande de formation en BAFA

Nathalie (à droite) passe son BAFA pour avoir un complément de revenu. DR/EL
Nathalie (à droite) passe son BAFA pour avoir un complément de revenu. DR/EL

Alors que la réforme des rythmes scolaires doit être mise en place dans toutes les écoles publiques à la rentrée prochaine, les maires commencent à réfléchir à la mise en place de cette révolution dans le système éducatif français. Depuis 2 ans, les Francas du Gard répondent à la demande des élus en la matière et ont doublé leur nombre de stagiaires en BAFA.

A quelques kilomètres d'Anduze, sur les hauteurs de Thoiras, le gîte de l'Amorié accueille depuis plusieurs années les stagiaires en BAFA ( brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur). Il est géré par les Francas du Gard, fédération d'éducation populaire reconnue d'utilité publique, qui a participé à la création du concept de centre de loisirs dans les années 50. Une commune sur trois dans le département est adhérente à ce mouvement.

Afin de faire face à la réforme des rythmes scolaires qui a adopté la semaine des 5 jours avec 3 heures d'activités péri-scolaires par semaine pour les enfants en primaire, certains maires se tournent vers les Francas, soit pour un accompagnement dans l'organisation, soit pour des formations BAFA de leur personnel. "Les communes ont deux possibilités. Soit elles mettent les élèves dans des garderies non-déclarées. Dans ce cas elles n'ont aucune obligation de formation mais ne peuvent avoir droit à des subventions. Soit elles mettent en place des structures officielles avec des personnes diplômées et peuvent prétendre à des aides de l'Education Nationale. La plupart choisissent cette dernière option. Ce qui les obligent à former au minimum 50% de leur personnel en BAFA", explique Jérôme Abellaneda, Directeur Départemental des Francas du Gard.

Ainsi, depuis deux ans, les Francas du Gard font face à de nombreuses demandes. "On a formé 20 personnes à Sommières il y a deux ans, et on recommence cette année. 10 stagiaires BAFA sont également venus de Laval-Pradel et 15 de Marguerittes. On s'attend à avoir entre 100 et 150 personnes en plus cette année, en plus des 200 habituels. On est notamment en pourparlers avec d'autres mairies comme St Géniès-de-Comolas, mais la mise en oeuvre de la réforme a pris du retard avec les élections municipales", ajoute-t-il. De même à St-Christol-lès-Alès, "on a fait de la formation continue et instauré une Charte de la restauration scolaire pour faire prendre conscience aux enfants de l'importance du repas. Objectif : préparer la réforme".

Le BAFA : pas un diplôme professionnel

Même si Jérôme Abellaneda se dit pour cette réforme qui offre "une complémentarité entre l'enseignement et l'animation, entre les loisirs et l'école", il reste inquiet quand au choix du BAFA de la part de l'Education Nationale. "Ce n'est pas un diplôme professionnel. Il est suffisant mais pas satisfaisant. Le certificat d'animateur périscolaire 1er degré demande 600h de formation contre 140 pour le BAFA. Par exemple, nous n'apprenons pas à nos stagiaires comment gérer des loisirs courts, où les enfants vont et viennent quand ils veulent. On l'apprend dans l'autre diplôme professionnel", affirme t-il.

Ses craintes sont aujourd'hui sont aujourd'hui partagées par de nombreux parents et enseignants qui ne savent pas où ils vont avec cette réforme. C'est le cas d'une jeune femme de 20 ans, animatrice dans un village du Gard, qui a dû passer son BAFA dans le cadre de la réforme. "Les enfants feront des choses plus diversifiées et de mon côté je bénéficie d'une formation supplémentaire. Mais je crains que les enfants soient fatigués et qu'on ne les tiennent plus. Par ailleurs, la précarité des emplois va augmenter. Certaines personnes ne seront embauchés que sur des contrats de 10h la semaine". A l'inverse, Nathalie, 44 ans, a fait le choix de passer cette formation et s'est même battue pour obtenir un financement : "Je suis actuellement auxiliaire de vie scolaire à Theziers et Montfrin mais je ne suis qu'à mi-temps. J'aimerais le compléter en m'occupant des enfants en péri-scolaire mais je dois avoir mon BAFA. C'est pour moi un vrai complément, j'apprends énormément. Et même si ça précarise l'emploi, ça en crée, c'est mieux que rien".

Afin de faire face à la demande des mairies en matière d'animateurs, les Francas ont récemment mis en place une plate-forme internet où les candidats peuvent déposer leur CV: onsengage.com.

Eloïse Levesque

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Eloïse Levesque

Eloïse Levesque, journaliste diplômée de l'université de droit et de science politique de Montpellier, à Objectif Gard depuis mars 2014

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