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NÎMES Incendie de l’Hôtel Lisita : 11 ans après les faits, 20 000€ requis contre la société gérante

Photo d'illustration. Palais de Justice de Nîmes. D.R/
La séance a été levée peu avant 21 heures, après plus de trois heures de débat. (Photo Objectif Gard)

En mai 2003, un résident de l'hôtel Lisita était décédé dans l'incendie criminel de l'établissement, deux autres personnes étant gravement brûlées. Le tribunal correctionnel de Nîmes a réouvert l'enquête ce mardi, jugeant la personne morale de la société gérante.

Près de 11 ans après les faits, qui avait vu le décès d'un client et les blessures par brûlures de deux clientes dans la nuit du 3 au 4 mai 2003, la société gérante se retrouvait face au tribunal correctionnel de Nîmes ce mardi 17 juin. Alors que la justice a été incapable de déterminer qui avait mis volontairement le feu à l'immeuble, c'est la société anonyme Hotel Lisita qui se retrouvait devant la barre. C'est la personne morale de l'ancien hôtel qui comparaissait hier pour homicide et pour blessures involontaires. La question sur les intérêts civils, et les éventuels dédommagements, a été repoussée à une audience dont la date doit encore être déterminée.

" L'alarme ne s'est pas déclenchée "

Face à la SA Hôtel Lisita, l'avocat de la famille Duval, dont le mari est décédé de ses brûlures et dont la femme a été gravement brûlée ainsi qu'une troisième victime, une américaine qui a dû subir près de six mois d'incapacité totale de travail. Les parties civiles avaient trois griefs à reprocher à la gérance de l'hôtel. " L'alarme ne s'est pas déclenchée malgré les flammes ", assure maître Michèle El Baz, du barreau de Nîmes. Seul " un buzzer ", s'est fait entendre dans le box du veilleur de nuit. Lequel n'avait visiblement pas été " formé ", puisqu'il a pris l'ascenseur pour aller vérifier que tout se passait bien, " ce qui est fortement déconseillé quand il y a le feu, tout le monde en convient ". Personne n'a ainsi pu prévenir les occupants de l'hôtel qu'un incendie éclatait. Fort heureusement, plusieurs résidents ont " senti ", des odeurs de brûlés ou ont entendu " crépiter les flammes " et ont ainsi pu prévenir leur voisin de chambre. Enfin, les portes de secours étaient " bloquées ", et certains résidents ont du les " défoncer ", pour se sortir des flammes avance l'avocate. Des propos corroborés par Philippe Pugliese, seul témoin présent hier à la barre.

Le mystère reste total

Contre ces accusations, la personne morale représentant l'hôtel Lisita n'avait aucune réponse à apporter. " Je ne sais pas. Je faisais confiance aux personnes en charge de la sécurité. La commission de sécurité de la ville avait été favorable le 23 janvier 2003 et nous avions testé le système. " Pour son avocat, maître Philippe Expert du barreau de Nîmes, cette affaire est avant tout " criminelle ", et sa cliente est aujourd'hui " la bouc émissaire puisqu'elle est la dernière que l'on peut accuser ". Cela n'a pas empêché le procureur de la République, Albert Cantinol, de requérir 15 à 20 000€ d'amendes, comme le veut la loi lorsque l'on juge une personne morale. " Ce qui s'est passé cette nuit est la conséquence amplifiée de l'absence de dispositions de sécurité ", a-t-il plaidé à la présidente du tribunal, Florence Sylvestre. Avant d'ajouter : " Si l'alarme avait retenti, nous n'en serions pas là ". Onze ans après les faits, le mystère reste donc entier et la justice apparaît parfois bien impuissante face à tant d'incertitudes. La décision du tribunal a été mise en délibéré au 23 septembre prochain.

Jean-Marie Cornuaille

jeanmarie.cornuaille@objectifgard.com

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