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NÎMES Le géant américain de l’agrochimie Monsanto investit 137 millions d’euros en France

(Photo Objectif Gard)
(Photo Objectif Gard)

Le leader mondial du maïs transgénique vient d'investir dans ses usines françaises à hauteur de 137 millions d'euros. Si ces montants ne devraient pas concerner les usines gardoises de la firme pour le moment, pas moins de 500 millions sont annoncés dans les dix prochaines années. De quoi s'interroger, à Nîmes... 

Si les écologistes s'insurgent contre les activités souvent opaques de la multinationale américaine, c'est parce qu'elle symbolise à elle seule, bien souvent, les déviances de la mondialisation de l'industrie alimentaire. Fervent défenseur des OGM, pour qui la culture représente de réels bienfaits, qu'ils soient économiques ou.....écologiques, Monsanto s'attire les foudres de certains activistes. Accusé de transgresser les règles européennes en matière de culture d'OGM et de soja, l'usine de Trèbes (Aude) avait du suspendre ses activités d'extension prévues par les investissements français de Monsanto en Juin 2013 suite à l'insurrection de militants anti-OGM. Le tribunal administratif de Montpellier avait stoppé le chantier au motif du non respect des hauteurs réglementaires des bâtiments en construction. Le temps que le soufflet retombe et Monsanto reprenait ses travaux permettant d'accroître de 20% les capacités de stockage de l'usine. Signe que les affaires marchent très bien, Monsanto a dégagé 13.5 milliards de dollars de bénéfices, soit une hausse de 14% depuis 2011.

Monsanto, toujours sur la ligne rouge

La force de la firme réside dans l'immense capacité à contourner les lois, à s'adapter aux contextes différents d'un pays à l'autre. L'Europe a depuis longtemps légiféré et contrôlé la culture, l'importation et la consommation d'OGM. Pour exemple, le maïs NK 603 y est autorisé à l'importation et à la consommation animale, mais pas à la culture. Monsanto a ainsi proposé sur le marché un second modèle issu de leurs propres laboratoires aux caractéristiques différentes de son prédécesseur, le MON 810, dont le gène cry1Ab assure une résistance aux insectes ravageurs. Cette fois-ci autorisé en Europe, le MON 810 fait cependant grincer des dents chez les écologistes pour des raisons sanitaires.

Pas d'OGM sur les sols gardois ?

La France vient récemment d'interdire, quand à elle, la culture de ce maïs MON 810 par le biais du parlement, ce qui enlève tout soupçon de culture transgénique de ce type sur le sol gardois. Le site, qui représente 30 hectares dont 3.5 de surfaces couvertes, est essentiellement basé sur les cultures potagères comme la salade, le concombre, la carotte ou le melon. A noté que l'usine de Trèbes (Aude) cultivait ben du maïs de ce type peu avant l'interdiction française. La nature des investissements futurs de Monsanto en Europe, à hauteur de 500 millions d'euros selon Catherine Lamboley, présidente de Monsanto SAS France - propos révélés par LeMonde - est pour le moment inconnue, mais fait naître toutes formes de spéculation possible.

En ce qui concerne les sols gardois, il est difficile d'être sur que Monsanto ne produit pas, d'une façon ou d'une autre des organismes génétiquement modifiés. Pour Michel Pastouret, agriculteur bio depuis 1981 - certifié en 1993 - du domaine Pastouret, l'idée de voir se produire dans le Gard des OGM est effrayante. "Cela aurait des répercutions sur les cultures environnantes. C'est la bombe atomique du 21 ème siècle."

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Baptiste Manzinali

Diplômé de l'ESJ, passionné d'actualité en général, musique, football, cinéma, jeux vidéo et civilisations anciennes.

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