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ST-ANDRE-DE-VALBORGNE A la mairie, l’opposition porte plainte pour menace de mort et violences

Devant le Palais de justice d'Alès, ce matin. Eloïse Levesque/Objectif Gard

Devant le Palais de justice d'Alès, ce matin, avec le président du tribunal. Eloïse Levesque/Objectif Gard

Camille Halut, jeune conseillère municipale, tenait un sitting ce matin devant le Palais de justice d'Alès. Objectif : faire aboutir les 6 plaintes déposées contre le maire de St-André-de-Valborgne et sa majorité, notamment pour menace de mort, violences, et faux et usage de faux. 

Les faits remontent à l'élection municipale de mars dernier. Camille Halut, étudiante en droit à Montpellier et sympathisante du mouvement des Indignés, se présente au scrutin de son village de St-André-de-Valborgne "pour une vraie démocratie" dans le village. Elle est élue avec 4 colistiers pour siéger dans l'opposition. Le maire, Régis Bourelly, entame de son côté son 3e mandat. Dans le programme de cette liste où les élus ont été tirés au sort, plusieurs idées sont novatrices pour une petite commune isolée de 300 habitants : référendums, rotation des mandats, et transparence des élus.

"Tout ça pour une caméra!"

Ainsi, dès la première séance du conseil municipal, Camille Halut souhaite filmer l'ensemble des débats afin de les rendre publics sur son blog. Mais rapidement, le maire s'y oppose. Pourtant, l'action est légale, selon l'article L2121-18 du Code général des collectivités territoriales. En seulement 4 mois, 10 conseils sont programmés et 6 sont annulés. L'opposition porte plainte pour vol de caméra et violences verbales et physiques.

En juin, le maire fait voter un huis clos et, de fait, l'interdiction de la caméra. "Une mesure illégale", selon Camille Halut qui refuse de retirer son appareil. "Ce huis clos s'appuie sur délibération du conseil qui aurait statué pour la suppression de la caméra. Mais cette dernière a été inventée. Ce vote n'a jamais eu lieu", affirme la militante. De son côté, le maire demande au tribunal administratif la démission de la jeune femme, pour trouble à la bonne tenue du conseil. "Sa lettre n'est pas argumentée, elle n'aboutira pas", assure Camille.

Photo : DR

Lettre du maire au tribunal administratif. Photo : DR

Depuis, les événements se sont enchaînés. Le frère de l'une des conseillères de l'opposition a porté plainte pour menaces de mort réitérées, et la voiture de l'un des administrés soutenant le groupe minoritaire a brûlé dans la nuit de vendredi à samedi. "C'est une commune calme. Ce n'est pas un hasard si c'est tombé sur lui", soupçonne Camille qui dénonce le soutient des services de gendarmerie à la mairie. "Quand cette personne a voulu déposer plainte, les agents lui ont répondu que leur ordinateur était en panne. Et ce n'est pas la 1ère fois".

Se battre contre l'"oligarchie"

Aujourd'hui, Camille soutient qu'elle ne cherche pas être élue, mais à s'élever contre "un système oligarchique et non démocratique". "On se sent seul et on se demande jusqu'où cela va aller. Pour l'instant, le maire n'a pas été convoqué et on craint que nos plaintes n'aboutissent pas".

Ce matin, après une heure de sitting, le président du tribunal est venu à la rencontre de la jeune femme. "Tout ça est très récent. Le temps de l'instruction est long. Mais je vous promets d'agir". Une heure plus tard, le procureur s'est déplacé en personne pour convoquer la militante à 14h demain mardi. "C'est une bonne chose. J'attends qu'il me dise où on en est. Il a assuré qu'il appellerait les gendarmes de St-André et Lasalle devant nous", conclut Camille qui, pendant son sitting, a attiré le regard de nombreux passants. "Vous vous battez et c'est important que des personnes comme vous agissent. Mais soyez prudente, vous vous attaquez à un gros poisson", a prévenu un ancien habitant de St-André-de-Valborgne qui se baladait par hasard.

Contacté par Objectif Gard à plusieurs reprises, le maire de la commune n'a donné suite à aucune de nos demandes d'interview.

 

Eloïse Levesque

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