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UZES Directeur du Mas Careiron : « Si j’avais été infirmier, j’aurais manifesté »

Pierre Nogrette, directeur du Mas Careiron depuis juillet 2014. EL/OG
Pierre Nogrette, directeur du Mas Careiron depuis juillet 2014. EL/OG

Alors que le personnel du Mas Careiron manifeste de nouveau ce matin devant le centre hospitalier d'Uzès pour dénoncer une baisse de budget au détriment du soin, le directeur Pierre Nogrette dit « comprendre la position des employés » mais assure qu'il « n'a pas le choix ». 

Objectif Gard : Comment vous positionnez-vous par rapport au mouvement du personnel qui a débuté en septembre ?

Pierre Nogrette : Nous avons aujourd'hui 750 000 € de déficit, soit 2% de notre budget. Les dotations annuelles de financement versées par l'ARS ont diminué et le centre a sûrement vécu au-dessus de ses moyens à un moment donné. Quoi qu'il en soit, nous risquons un rattachement à Nîmes et nous devons l'éviter en sortant la tête de l'eau.

OG : Vous avez annoncé la suppression de 11 jours de congés et les syndicats craignent une diminution des effectifs. Que leur répondez-vous ?

PN : Je comprends que cette décision soit difficile à entendre pour ceux qui ont organisé leur vie en fonction de cet acquis. Pour certains parents, cela entraînera une augmentation des frais de nourrice. A leur place, j'aurais aussi participé au mouvement. Mais les autorités nous ont ordonné de prendre des décisions et je n'ai pas le choix. Cette mesure concerne 620 salariés et représente chaque année une perte d'un million d'€. Cela fait partie de notre contrat de retour à l'équilibre avec l'ARS. Par ailleurs, 25 contractuels ont été mis en stage cette année en vue d'une titularisation et 25 autres le seront l'an prochain. Ce sont 50 emplois qui seront stabilisés.

OG : Cette disposition est-elle légale ?

PN : Oui, une expertise juridique l'atteste. La loi passe avant la convention dans la fonction publique. D'ailleurs, plusieurs services ne bénéficie pas de ces 11 jours supplémentaires.

OG : Vous parlez de contrat de retour à l'équilibre avec l'ARS. Quel est-il ?

PN : L'ARS va nous financer de nouveaux projets : nos psychiatres vont aller dans les EHPAD en difficulté qui sont peu dotés, et nous allons accueillir de jeunes autistes en pédo-psychiatrie. Si l'on veut bénéficier du soutien de l'ARS, nous devons faire un effort, celui que nous imposent les autorités de tutelle. C'est du donnant donnant. Des baisses d'effectifs pourront avoir lieu dans l'administratif mais des postes de soin seront créés pour ces projets.

OG : On parle de fusion avec l'hôpital d'Uzès et donc de baisse d'effectifs. Qu'en est-il?

PN : On veut se rapporcher pour gagner du poids et faire des économies d'échelles, notamment sur les achats. Il ne s'agit pas d'une fusion mais d'une mutualisation. On va s'unir pour progresser ensemble et éviter de se faire avaler par Nîmes. Un internat commun sera mis en place sur proposition des médecins eux-mêmes. Le processus est déjà entamé depuis longtemps.

 

Propos recueillis par Eloïse Levesque

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Eloïse Levesque

Eloïse Levesque, journaliste diplômée de l'université de droit et de science politique de Montpellier, à Objectif Gard depuis mars 2014

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