Culture

PALOMA Rencontre avec Moriarty

Moriarty par Stephan Zimmerli. Photo promo.
Moriarty par Stephan Zimmerli. Photo promo.

"Un gars de l'Ouest, de la race solaire, tel était Dean". Par ces quelques mots qui ont influencé toute une génération à vivre autrement, Kerouac a rendu immortel un nom, Dean Moriarty, devenu synonyme d'une Amérique sauvage et libertaire. Moriarty, le groupe, joue sur cette mythologie en produisant des chansons folk empreintes du vaste répertoire de la culture traditionnelle américaine.

Mercredi soir, le groupe a donné un concert à Paloma, sans fioritures, dans la grande salle. Un exercice pas simple pour ce groupe dont l'expression musicale prend tout son sens dans des lieux conviviales et des scènes plus restreintes. Pari réussi. C'est le guitariste de Moriarty, Arthur B. Gillette, créateur du groupe à ces origines, qui a répondu à nos questions.

Ce n'est pas votre première venue à Nîmes puisque vous aviez composé pour La nuit un rêve féroce de Mike Kenny au théâtre de Nîmes en 2009.

Arthur B. Gillette "Oui, on avait passé cinq jours dans une maison autour de Nîmes et on composait dans le grenier du théâtre de l'Odéon. Les morceaux avaient alimenté notre deuxième disque à l'époque. Cinq jours, c'est trop peu pour visiter Nîmes, mais comment oublier ce bleu (il regarde le ciel). Puis les Cévennes ne sont pas loin, avec cette espèce de sauvagerie qui est très forte. Et Paloma, on en entendait parler depuis longtemps."

Cinq jours pour composer un album, c'est assez peu.

Arthur B. Gillette "On est un peu comme des étudiants qui n'ont pas révisé et qui s'y mettent au dernier moment. On finit les choses toujours dans l'urgence. Parfois ça marche, parfois non. Heureusement rien n'est prévisible. Tout est trop planifié dans le commerce de la culture aujourd'hui. L'agenda de Houellebecq doit être prévu sur 4 ans. Il faut se battre contre ça. Dernièrement, des magazines spécialisés n'ont pas voulu faire notre promotion simplement parce que nous utilisions une photo en noir et blanc et que cela n'était pas dans leurs habitudes."

Moriarty en concert mercredi 14 janvier à Paloma. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)
Moriarty en concert mercredi 14 janvier à Paloma. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)

C'est pour ces raisons là que vous avez monté rapidement votre propre label ? Pour être plus indépendant ?

Arthur B. Gillette "Oui bien sur. Avant de monter notre propre label (Air Rytmo 2009), on nous aiguillait sur le fait de sortir un album en octobre, avant les fêtes etc...Maintenant, nous n'avons plus ces contraintes là, on fait ce que l'on veut. La preuve, on est en tournée alors que l'on a pas fini notre disque qui sort fin mars. Cela rend fou les pros (rire). Beaucoup de musiciens ne sont pas adaptés au monde. La plupart d'entre nous ont un travail a côté, moi je suis producteur de radio, il y a un architecte."

C'est un peu l'essence de la musique folk ça. La musique faite par le peuple et par conséquent, par des musiciens non professionnels.

Arthur B. Gillette "C'est vrai, et c'est la musique que je préfère. Je suis allé dans le Mississippi dernièrement, il y avait ce gars, un jardinier qui faisait une musique géniale. Après, cette professionnalisation des musiciens, elle date pas d'hier. Hank William, quand il était invité à la radio pour jouer une chanson, il prenait le micro et commençait par faire de la publicité pour une marque de cookies par exemple."

Vous êtes plutôt Dean ou James Moriarty ? (Neal Cassady alias Dean Moriarty dans Sur la route de Jack Kerouac, et Professeur James Moriarty, personnage récurrent dans l’œuvre de Sherlock Holmes)

Arthur B.Gillette "Kerouac s'était inspiré du personnage de Sherlock Holmes pour trouver un nom à Neal Cassady. À la création du groupe, on cherchait un nom et on trouvait qu'il sonnait bien. Et puis cela nous rappelait un pote italien qui vivait un peu comme ça. En fait on a découvert que beaucoup de gens portaient ce nom et pas mal de ville en Irlande où en Tasmanie notamment. Sinon il y a aussi une actrice Cathy Moriarty, qui joue dans Raging Bull."

Est-ce qu'un personnage comme Neal Cassady (alias Dean Moriarty dans Sur la Route de Jack Kerouac) n'est pas le reflet d'une Amérique perdue selon vous ?

Arthur B. Gillette "Ce sont des cycles, ça revient et ça repart. Aujourd'hui il y a toujours des extrémistes de l'écologie qui ont une conception de la société différente. Ils veulent être libre et vivre comme des nomades. Les Rainbow Gathering aussi, ce sont des néo-hippies, il y a toujours la même soif d'indépendance et de liberté. En Ariège, on a rencontré une communauté dans des Yourtes. On pourra jamais empêcher les gens de vivre autrement."

Baptiste Manzinali

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Baptiste Manzinali

Diplômé de l'ESJ, passionné d'actualité en général, musique, football, cinéma, jeux vidéo et civilisations anciennes.

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