Culture

PORTRAIT DU DIMANCHE Nicole Mallassagne, auteure nîmoise, « les Cévennes sont un refuge »

Nicole Mallassagne, auteur nîmoise "Des Cévennes et des hommes". (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)
Nicole Mallassagne, auteur nîmoise "Des Cévennes et des hommes". (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)

Enseignante en lettre moderne à la retraite, c'est tout naturellement que Nicole Mallassagne est devenue écrivain. Une deuxième naissance pour cette gardoise d'adoption, qui donne à son premier ouvrage "Des Cévennes et des hommes", la couleurs des Cévennes fantasmées, entre rudesse et mysticisme. 

Née à Piennes, en Meurthe et Moselle, Nicole a passé son enfance à suivre les aléas professionnels d'un père militaire voué à déménager fréquemment. Sans attache particulière, la jeune fille qu'elle est s’accommode à cette vie si particulière, se construit un monde singulier, et se développe un sens de l'observation. "J'étais plutôt en retrait. J'ai découvert qu'on voyait mieux avec le cœur qu'avec les yeux" nous confie t-elle, citant volontiers Saint-Exupéry, Maupassant, la Comtesse de Ségur, les comtes et les histoires courtes, et "la collection rouge et or" qui façonne son enfance. Et puis, la lecture scolaire aussi ; Zola, Balzac, Stendhal, Merimée. "Quand j'ai découvert Proust, en classe de première, je me suis immergé dans son oeuvre pendant un mois sans sortir de chez moi." À cette époque, Nicole ne le sait pas encore, mais elle plie ses bagages pour la dernière fois (ou presque) à Nîmes, ultime destination qui deviendra son port d'attache, et lui ouvrira les portes des Cévennes.

Des Cévennes et des hommes, premier roman de Nicole Mallasagne aux Editions de la Fenestrelle.
Des Cévennes et des hommes, premier roman de Nicole Mallassagne aux Editions de la Fenestrelle.

Nous sommes en 1966, et la jeune adolescente se confronte aux mentalités locales, parfois légèrement hostiles aux nouveaux arrivants. "Les gens se connaissaient depuis longtemps, c'était très difficile de s'intégrer" précise Nicole. Au milieu des agitations du milieu étudiant et des bouleversements sociaux, elle rencontre celui qui deviendra par la suite son mari, un nîmois qui l'initie aux mythes et légendes cévenoles. Son bac L en poche, Nicole poursuit ses études en lettre moderne et obtient son premier poste à Chartres en 1972. "J'espérais revenir à Nîmes le plus vite possible" reconnait-elle. Pendant trois ans, elle effectuera des allées-retours entre ce sud si cher à son cœur, et l'Eure et Loir. "J'attendais que l'on me propose une mutation, jusqu'à ce que je comprenne que je l'obtiendrai seulement cinq ans avant ma retraite." En vacances à Nîmes, son véhicule refuse de démarrer. Un ultime coup du sort qui lui met la puce à l'oreille. "J'ai démissionné de mon poste, et après quelques remplacements, j'ai obtenu un poste dans l'enseignement privé à l'Institut d'Alzon." Un poste qu'elle ne quittera plus jusqu'à son départ en retraite en 2007.

"Je suis un peu hors du temps"

Après avoir pris le recul nécessaire, de part sa profession d'enseignante "toujours le nez dans les textes des autres", Nicole se remet à écrire, doucement. Une activité déjà entreprise quand elle était plus jeune, mais vite laissée de côté par manque de temps. Ce temps qui passe, cette jeune retraitée entretient un rapport très singulier avec lui. "Je n'ai jamais quitté une classe. Je suis passé du collège au lycée, de l'université à l'enseignement. Au contact des jeunes, on ne voit pas le temps passé". Une notion influencée aussi par ses lectures assidues de Proust ou Bergson. "Je suis un peu hors du temps car je n'en ai pas la mesure". Les Cévennes lui apparaissent vite comme un refuge au delà des tribulations de la vie urbaine, au début par procuration, à l'écoute des histoires que lui conte son mari. Ce pays de l'oignon doux, de la pomme et du pélardon, elle en fait le décors de son premier roman logiquement intitulé "Des Cévennes et des hommes". Il y est question d'errance, de renaissance et du temps qui passe. "Je voulais écrire aussi sur l'injustice. Sur un homme privé de liberté, enfermé en prison à tort." Ce personnage, Nicole va le suivre déambuler dans les rues de Nîmes et jusqu'à Alès puis La Grand'Combe. "Les Cévennes sont pour lui un refuge. Il y apprend à désirer, à vivre. Ce qui m'intéresse, c'est le rapport des gens entre eux." Publié aux Editions de la Fenestrelle en juin 2014, son premier roman annonce une écrivain en pleine éclosion. Pour preuve, son prochain ouvrage, "Destinés de femmes", sortira à la fin du mois de février et un troisième est en préparation et devrait s'intituler "Secrets de famille".

Nicole Mallassagne est en dédicace à Cultura le 21 mars, de 11h à 18h. 

Baptiste Manzinali

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Baptiste Manzinali

Diplômé de l'ESJ, passionné d'actualité en général, musique, football, cinéma, jeux vidéo et civilisations anciennes.

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