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NÎMES PS: le député frondeur Pouria Amirshahi vient défendre la motion B

Le député Pouria Amirshahi  (au premier rang, troisième en partant de la D.) est venu soutenir la motion B hier à Nîmes (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Le député Pouria Amirshahi (au premier rang, troisième en partant de la D.) est venu soutenir la motion B hier à Nîmes (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Le député de la 9e circonscription des français de l’étranger Pouria Amirshahi était à Nîmes hier soir pour débattre avec le premier secrétaire sortant du PS Jean-Christophe Cambadélis.

De quoi exposer les divergences de points de vue entre la motion A défendue par le premier secrétaire sortant, proche de la ligne gouvernementale, et la motion B défendue par les députés Christian Paul, Benoît Hamon ou plus localement Patrice Prat.

« Peser sur les choix du gouvernement »

« C’est un rassemblement de différentes composantes de la gauche du Parti socialiste, résume Christophe Geneix, représentant de la motion B dans le Gard. C’est un large rassemblement qu’on n’a pas forcément vu lors des précédents congrès. » De bonne augure pour « les 5 000 signataires au niveau national et la soixantaine dans le Gard » de la motion B, intitulée « A gauche pour gagner ».

Le député Pouria Amirshahi, venu défendre la motion B dans le Gard, dresse d’abord un constat : « il y a eu un tournant unilatéral opéré par le Président de la République, qu’il a justifié par le contexte. Or ça ne marche pas. Théories et postures mises à part, la lucidité commande de constater qu’il y a en France plus de pauvres, plus de chômeurs et un Front national très haut. »

Alors le « frondeur » d’estimer que « le PS doit aiguillonner » le gouvernement : « l’enjeu du congrès est de redonner au PS un rôle qu’il a perdu depuis trois ans, à savoir peser sur les choix du gouvernement. Ça fait trois ans que le parti et ses premiers secrétaires respectifs n’ont pas su peser sur les orientations gouvernementales. Ça pèse dans la relation de confiance avec les électeurs. » Pour Patrice Prat, « ce congrès doit permettre de dénouer des nœuds noués depuis plusieurs mois. »

« De l’envie et pas d’aigreur »

Alors pour Pouria Amirshahi, il faut « un débat de clarté, nous avons besoin de concret. » Et justement, de la clarté, la motion A n’en déborde pas selon lui : « sur le travail du dimanche, certains de la motion A nous disent qu’ils vont l’annuler, d’autres qu’ils feront la loi, pareil sur la réforme fiscale. On est dans un moment historique trop compliqué pour entretenir la confusion, au moins qu’ils assument cette politique devant les militants. »

Le député pointe aussi « les contradictions terribles de la motion A », visant sans la citer Martine Aubry, signataire de ladite motion alors qu’elle était plutôt attendue sur une ligne plus à gauche, quand la B serait « la plus cohérente et la plus homogène. »

Toutefois, pas question de renverser la table : « on ne va pas demander à François Hollande de tout chambouler mais d’ouvrir un agenda de réformes dans quelques domaines, comme le dégel des dotations aux collectivités ou encore cibler les aides aux entreprises en y mettant de la morale et de l’efficacité. » La motion B n’a pas non plus pour vocation de réveiller la guerre entre les socialistes — « ceux qui veulent ça ont tort » ­— mais de « travailler avec le gouvernement à de nouveaux compromis intelligents. » « Avec de l’envie et pas d’aigreur » rajoute la conseillère régionale Karine Margutti.

Sinon ? Pouria Amirshahi redoute une défaite pour les socialistes en 2017, « une défaite qui profitera à Nicolas Sarkozy et au FN. »

Et aussi :

Après le congrès de Poitiers, le PS gardois se dotera d’un nouveau premier secrétaire fédéral qui prendra la succession de la tutelle mise en place par Solférino il y a plusieurs mois. « Aujourd’hui on peut se dispenser de la tutelle et gagner nos jalons de gestionnaires de demain, estime Patrice Prat. On est disposés pour avoir une équipe qui s’installe aux responsabilités en faisant valoir cette ligne. Une bonne équipe avec des visages renouvelés, venus d’horizons différents et qui sortent du sérail traditionnel. » Une équipe qui serait emmenée par Christophe Geneix. Pour cela il faudra arriver devant Jean Denat, Gilles Blanc et Nabil Kadri, eux aussi candidats au poste de premier fédéral gardois.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

31 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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5 réactions sur “NÎMES PS: le député frondeur Pouria Amirshahi vient défendre la motion B”

  1. Bref, rien de nouveau sous le soleil. Le Parti Socialiste n’a jamais eu prise sur la politique d’un gouvernement et d’un président issu de ses rangs. En 2002, c’est de n’avoir pas tenu compte de ses alliés au gouvernement que Lionel Jospin à été battu. Son autoritaire attitude a eu pour conséquence de multiplier les candidatures.
    C’est amusant de voir des députés dont un gouvernement est à la merci. Il suffit qu’ils soient suffisamment nombreux à voter la censure. C’est amusant? Non. C’est consternant de voir des députés qui pourraient avoir un réel poids à l’assemblée ne pas avoir le fourrage d’utiliser leur pouvoir et craindre d’être battus aux législatives de 2017.
    Le problème, c’est en fait que le PS est encore une écurie dont ils estiment qu’il faut avoir l’imprémature pour se faire élire.
    Tout cela à des airs de SFIO et de quatrième république.
    Ou de troisième république qui vote les pleins pouvoir à PÉTAIN.
    Nos élus de tout temps n’ont que très rarement brillé par leur courage.
    Hélas!
    Donc au PS après Poitiers ce sera comme avant ….

    1. Vous aurez compris qu’il faut lire courage à la place de fourrage. Ah l’écriture automatique des smart phones !!!!

  2. La motion B devrait rejoindre les « chantiers de l’espoir » pour une gauche écologiste , une véritable alternative avant qu’il ne soit trop tard. Le PS version Valls-Macron-Hollande est devenu un ixième parti de centre droit, inféodé à la finance, … pas la peine d’insister pour le changer. C’est cuit et la déroute méritée sera totale en 2017. Le pire c’est que pour éviter le retour du petit agité , accro au fric et sa ribambelle de casseroles, ses amis douteux (les Balkany, Séguéla, Copé et Cie) …les électeurs iront voter pour le FN. Marine dit merci Hollande!
    Pauvre Jaurès dont ces « charlots soi-disant socialistes » se réclament.

  3. Je suis socialiste contre l’austérité, je voterai la motion B au congrès de Poitiers, et ce samedi, j’étais à la réunion des Chantiers d’Espoir, à L’Ardoise. La gauche divisée n’est rien, ne peut rien. La gauche unie est la seule alternative à la pensée unique. Faisons de la politique, pas de la polémique.

    1. Genevieve,
      j’étais aussi à l’Ardoise hier matin. Tant que les militants et adhérents de la gauche du PS ne comprendront pas qu’ils doivent chercher à reconstruire un mouvement alternatif hors le PS qui est gouverné par des apparatchiks sans valeur, rien ne sera possible. Les gens en sont au point où ils ont dépassé la desespérance en les forces de gauche. Ils restent chez eux ou ils votent ailleurs. Ce n’est pas de la polémique. C’est de l’analyse. C’est de votre responsabilité d’oser faire le pas de quitter le PS pour construire une force alternative. Il y a un risque, certainement des coups à prendre et des places à perdre. C’est là que l’on pourra faire la différence entre les politiciens qui agissent pour eux même et les politiques qui agissent dans l’esprit de l’intérêt général.

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