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GROTTE DE LA SALAMANDRE 50 ans plus tard, les découvreurs se souviennent…

Henri Bunis, Jack Bercaud, Robert Hugues et Marcel Watier, quatre des douze découvreurs de la grotte. DR
Henri Bunis, Jack Bercaud, Robert Hugues et Marcel Watier, quatre des douze découvreurs de la grotte. DR

Ils étaient douze passionnés de spéléologie à découvrir l'abîme de la Salamandre en 1965, près de Méjannes-le Clap en Cévennes. 50 ans plus tard, plusieurs d'entre eux reviennent sur les souvenirs d'une épopée  tout à la fois dangereuse et spectaculaire.

Hiver 1965. Tout commence avec un registre de cadastre qui fait référence à un aven inconnu, quelque part entre Méjannes-le-Clap et la rivière de la Cèze. En fait, les habitants de la région en devinent l'existence mais personne n'a jamais osé s'y aventurer. "A l'inverse de la croyance chinoise, dans la culture occidentale, les trous mènent à l'enfer", commente Daniel Lelièvre, directeur de la grotte. Mais un groupe de trentenaires férus de spéléologie décident d'en découdre, et "bartassent" deux dimanches de suite  - sur leur temps libre - pour finalement découvrir une abîme de plus de 50 m de hauteur, recouverte d'immenses concrétions que la nature a minutieusement dessiné pendant des milliers d'années, grâce à la naissance de la végétation. "Venez-vite, j'ai peur!", s'écrie alors l'un des hommes qui peine à réaliser.

Des conditions difficiles

A l'époque, le matériel est spartiate. Les aventuriers utilisent une échelle d'électrons instable dont les barreaux - onéreux - sont espacés jusqu'à un mètre. Elle est donc particulièrement dangereuse. A l'aide d'une lampe ne permettant de voir qu'à 2 mètres à la ronde, les explorateurs parviennent lentement en bas du puits et sont accueillis par une salamandre noire et jaune, qui donnera son nom de la grotte. "On ne l'a jamais revue, jusqu'en 2013. Désormais on l'aperçoit deux fois par an, en février et en octobre. Est-ce la même? Le mystère reste entier", commente Daniel Lelièvre.

Mais la découverte ne s'arrête pas là. L'exploration d'une semaine à travers les méandres de l'aven est un véritable travail de fourmi. Pour effectuer les mesures, ils ne disposent que d'une règle en plastique salie par la glaise. Quant à leur boussole, elle est désorientée par la charge de fer contenue dans la grotte. Heureusement, le gaz carbonique n'est pas un problème pour les chercheurs car la géologie des sols de la région en est peu pourvue. "Après la découverte, on a désobstrué les orifices pour trouver des continuations, mais elles étaient limitées", se souvient Jack Bercaud.

Aujourd'hui, les recherches se poursuivent pour dénicher de nouveaux réseaux reliés à la grotte. Certaines ont actuellement lieu près de Méjannes. "Nous avons aussi l'espoir de soulever des galeries vers Fons-sur-Lussan mais on n'a plus d'oxygène quand on arrive à ce niveau", regrette Daniel Levièvre, qui a acquis la grotte il y a trois ans pour l'ouvrir au grand public. En attendant, diverses activités ont lieu tout au long de l'année pour partir à la quête des couloirs non-aménagés de l'abîme.  Une exploration moins risquée qui demeure surnaturelle pour le commun des mortels.

 

Eloïse Levesque

 

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Eloïse Levesque

Eloïse Levesque, journaliste diplômée de l'université de droit et de science politique de Montpellier, à Objectif Gard depuis mars 2014

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