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FAIT DU JOUR Le SOS d’un village en détresse médicale

Photo d'illustration

Depuis plus d'un an, le petit village de Brouzet-lès-Alès est orphelin de médecin. Malgré toutes les tentatives du maire, aucun généraliste ne souhaite s'y installer.

En juillet 2014, un dramatique accident de la route va endeuiller une famille et priver les 650 habitants de Brouzet-lès-Alès d'un médecin apprécié et respecté depuis près de 30 ans. Depuis ce jour, la vie des Brouzetains ne sera plus comme avant. La moindre blessure, la moindre maladie les obligent désormais à parcourir une dizaine de kilomètres pour se rendre dans le village voisin de Salindres. Une distance qui n'est pas toujours facile à parcourir pour des personnes âgées ou en souffrance. Cette situation est devenue inacceptable pour le maire, Jacques Boudet, qui remue ciel et terre pour trouver un remplaçant. « Nous avons publié des annonces sur des sites spécialisés. Nous avons même été contactés par un 'chasseur de tête' qui nous proposait un médecin étranger pour au moins 6 mois contre 7 000 €. Nous n'avons pas donné suite », explique l'élu.

Ce cas n'est, hélas, pas unique dans l'Hexagone. Les médecins fraîchement diplômés rechignent à aller dans les campagnes. Et Brouzet-lès-Alès, pourtant située à 15 km d'Alès, n'est pas épargnée. « Un généraliste qui démarre n'a pas envie de s'installer tout seul au vu de la charge de travail que les zones rurales représentent », commente Jacques Boudet. Mais l'investissement personnel demandé n'est probablement pas le seul frein pour ces jeunes. Le député de la circonscription, Fabrice Verdier, y voit d'autres raisons : « Les médecins qui sortent de l'école font le choix d'effectuer des remplacements de plusieurs mois. Sauf que nous, contribuables, nous avons payé leurs études pendant 9 ans ». Enfin, par facilité, les jeunes praticiens préfèrent intégrer une structure déjà existante (maison médicale, pôle de santé, etc.).

Le maire Jacques Boudet a bien pensé à créer un cabinet, mais l'argent manque : « Nous sommes particulièrement touchés par la baisse des dotations de l’État. Nous n'avons pas les moyens de porter ce type de projet ». Pour le député, la solution serait d'imposer aux jeunes médecins leur lieu d'exercice durant leurs premières années de pratique. « Ce serait le même système que pour les professeurs. Ainsi, ils se rendraient compte que ce n'est pas le bagne de vivre à la campagne », clame Fabrice Verdier. Sollicité par les élus locaux, le parlementaire a écrit à la directrice de l'Agence régionale de santé au printemps dernier pour l'alerter sur la situation. La réponse de Martine Aoustin est sans équivoque : la commune de Brouzet « n'est pas classée en territoire vulnérable du fait de la proximité d'Alès ». Autrement dit, le secteur n'est pas considéré comme un désert médical, donc ne peut pas bénéficier de subventions publiques dédiées à la construction de structures médicales. En somme, mieux vaut ne pas tomber malade dans les villages ruraux.

Élodie Boschet

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Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

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4 réactions sur “FAIT DU JOUR Le SOS d’un village en détresse médicale”

  1. Les études n’ont pas été payé pendant ans c’est parfaitement démago de dire çaIl y a ans d’études théorique effectivement payée ( en dehors des logements et de tout ce qu’il faut pour vivre) puis le futur médecins fort de son savoir acquis durant cette période et redevable effectivement de l’état qu’il est , passe son externat puis son internat à mettre son savoir en application en échange d’une rémunération de « kosovars », ce qui arrange bien l’hôpital public
    A la fin de cette période , le médecin fraichement diplomé est libéré de ses obligations vis à vis de l’état et peut faire ce qu’il veut avec son diplome qui lui appartient totalement

  2. Les contribuables financent effectivement les facultés. Toutes les facultés. Y compris droit, histoire, psychologie…Je n’entend personne contre les avocats, notaires, et un certain nombre de gens qui apres leur fac d’histoire, langues, etc… vont etre embauchés par des entreprises privées.
    Ensuite, ce que personne ne dit en revanche, c’est que par décision des gouvernements, le nombre de médecins formés était limité a 11000 dans les années 70, il est tombé a 4000 dans les années 90. Comment physiquement 4000 personnes vont faire le travail de 11000?

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