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NÎMES Affaire du corps carbonisé : le doute plane sur les aveux

Le palais de justice de Nîmes. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)
Le palais de justice de Nîmes. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)

Le 1er septembre dernier, un corps carbonisé était retrouvé aux abords d'une voie ferrée. Après un mois d'enquête, la SRPJ de Montpellier livre un tableau horrifique : une femme et ses deux enfants sont écroués. 

"Un tyran domestique", c'est par ces mots que Laure Beccuau définit l'homme retrouvé mort carbonisé le 1er septembre dernier. Des termes rapportés par sa compagne, qui a reconnu le meurtre. Victime de violences conjugales depuis une trentaine d'années, cette mère de famille âgée de 43 ans a fini par craquer, aidée par ses deux enfants de 19 et 26 ans.

Elle est passée aux aveux. Dans la nuit du 30 au 31 août, elle sert à son mari un milkshake bourré de somnifères alors que ce dernier était déjà alcoolisé et avait consommé de la cocaïne. Une fois endormi, elle affirme avoir tenté de l'étrangler - une information pas encore confirmée par l'autopsie - et lui avoir asséné entre sept et dix coups de couteau au niveau cervicale et thoracique alors qu'il bougeait. Le corps est gardé pendant près de 4h dans le domicile familial, avant que les deux enfants ne le chargent dans leur véhicule pour l'emmener non loin d'une voie ferrée. C'est le plus âgé, un agent de sécurité, qui se charge de faire brûler le corps. Un acte à priori prémédité mais dont certaines incohérences dans le récit interroge toujours Laure Beccuau, procureure de la République de Nîmes : "Elle dit qu'elle ne connaissait pas le lieu où le corps a été carbonisé, mais dis avoir participé au transport. Les enfants n'ont pas vu de blessures au visage. Il y a beaucoup d'incohérence".

Ils se sont retrouvés pour délivrer une version commune. Les prochaines semaines en diront certainement un peu plus sur les circonstances exactes de cet assassinat dont la part d'ombre n'est pas encore totalement levée. La part d'implication des uns et des autres est encore floue. Elle reconnait l'homicide et veut protéger ses enfants, mais était-elle vraiment là lorsque ses deux progénitures ont transporté le corps, alors que sa faible corpulence éloigne toute possibilité qu'elle ai pu aider à soulever le corps de son mari, décrit comme un "warrior". Et, si c'était le cas, pourquoi dis-t-elle ne pas connaitre le lieu de carbonisation ? De même que le plus jeune, âgé de 19 ans et sans emploi, affirme s'être retrouvé avec son frère avant de témoigner pour délivrer une version commune. Si le casier judiciaire de la mère de famille est vide, tout comme ceux de ces enfants, ce n'était pas le cas de la victime, qui devait passer devant le tribunal le 12 octobre prochain pour des faits de violence avec arme.

L'antenne nîmoise de la SRPJ de Montpellier salue une belle réussite dans le travail d'enquête qui aura duré moins d'un mois et nécessité une dizaine de fonctionnaires sur place et cinq interpellations.

Baptiste Manzinali

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Baptiste Manzinali

Diplômé de l'ESJ, passionné d'actualité en général, musique, football, cinéma, jeux vidéo et civilisations anciennes.

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