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FAIT DU JOUR Les Hautes-Cévennes jetées aux oubliettes ?

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Patrick Deleuze, président de la communauté de communes des Hautes-Cévennes. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

La communauté de communes des Hautes-Cévennes devrait fusionner avec l'agglomération d'Alès au 1er janvier 2017. C'est en tout cas le schéma envisagé dans la nouvelle carte des intercommunalités dévoilée par le préfet. Mais les principaux concernés n'approuvent pas.

Le samedi matin, c'est jour de marché à Génolhac. Sur la place du Colombier et à travers les ruelles, les Cévenols viennent remplir leur panier de produits locaux. Devant le Café du midi, des villageois bien connus ont installé leur stand : ce sont les mêmes que ceux qui se sont battus pour la réouverture du guichet de la gare. Le comité de défense des services publics dans les Hautes-Cévennes invite la population à donner son avis et à signer une pétition contre cette fusion à 75 communes. Fusion qui est bien loin de faire l'unanimité dans le nord du département.

Neuf communes sont concernées : Malons-et-Elze, Ponteils-et-Brésis, Concoules, Bonnevaux, Génolhac, Aujac, Sénéchas, Chamborigaud et Chambon (Vialas va rejoindre la communauté de communes des "Cévennes au Mont Lozère"). Soit 3 199 habitants au total sachant que le seuil minimal pour ne pas fusionner est fixé à 15 000 habitants et 5 000 pour les intercommunalités situées en zone rurale. "Ces seuils ont été connus seulement en juillet ! Ça laisse peu de temps pour s'organiser", déplore Georges Besse-Desmoulières, maire de Génolhac. Désormais, les communes ont jusqu'au 9 décembre pour donner leur avis, formuler des contre-propositions. Mais la tâche est compliquée.

Un pôle de trois communautés de communes du Haut-Gard

Le Pays Grand'Combien, Vivre en Cévennes et les Hautes-Cévennes regroupées : c'est le scénario que Patrick Deleuze, président de la communauté de communes des Hautes-Cévennes aurait souhaité. "Nous avions bien compris que nous devions bouger, mais nous n'avions pas du tout imaginé rejoindre l'agglomération d'Alès. Nous avons d'ailleurs dit clairement au préfet que nous étions contre", explique t-il. Avec la nouvelle carte, le pôle de trois communautés de communes du Haut-Gard tombe à l'eau. D'autant plus qu'une partie des communes du Pays Grand'Combien souhaite rejoindre l'agglomération. Et, selon le président, d'autres communes de Vivre en Cévennes ont aussi délibéré en ce sens. Dernière option : la communauté de communes de Cèze-Cévennes, qui peut continuer à voler de ses propres ailes avec ses 19 827 habitants. "Sauf qu'elle n'a pas souhaité s'unir avec nous", soupire Patrick Deleuze.

Un mariage avec la Lozère ?

Face à cette impasse, Malons-et-Elze et Concoules, deux communes limitrophes à la Lozère, tentent de prendre la fuite. Elles espèrent pouvoir rejoindre la communauté de communes de Villefort (48). "Franchement, je les comprends", assure le président. Cette hypothèse lui a également traversé l'esprit : "Nous aimerions nous retourner vers une structure qui ne soit pas départementale. Nous avons un point phare : le Mont Lozère. Pourquoi ne pas essayer de travailler avec Villefort ? Dans la loi Notre, rien n'interdit d'aller dans un autre département ! Mais le préfet n'est pas d'accord".

L'édile se demande donc comment les Hautes-Cévennes, "qui ne représentent que 2 % de la population de la future agglo", vont pouvoir exister parmi les 75 communes ? Comment elles vont pouvoir défendre leur projets en étant si loin du centre des décisions ? "De Génolhac, il faut encore 40 minutes pour monter à Malons ! Donc plus d'une heure d'Alès !" fustige Patrick Deleuze. "Notre vallée n'a jamais été une priorité. Elle ne le sera pas plus une fois mariée à l'agglo".

Un avenir incertain

Parmi leurs grandes craintes, les élus et les habitants redoutent la fermeture de leurs services publics et d'un ou deux collèges du secteur. "Il y a moins de 20 km entre les trois établissement de Génolhac, du Martinet et de La Grand-Combe. Quel avenir pour eux ?" Ils craignent aussi pour le développement local : "Aujourd'hui, c'est la librairie du coin qui fournit le collège de Génolhac. Demain, ce sera de la compétence de l'agglo. A terme, c'est la mort des commerces et des entreprises du secteur", commente Georges Besse-Desmoulières.

Pourtant, les Hautes-Cévennes ne manquent pas d'idées pour faire bouger leur territoire. "Nous ne sommes pas nés avec un demi-cerveau", se défend Patrick Deleuze. Par exemple, la communauté de communes travaille actuellement sur la construction d'une chaufferie-bois. Le bois serait coupé et transformé localement et alimenterait les bâtiments publics de Chamborigaud, Génolhac et Sénéchas. "Toutes les études d'opportunités ont prouvé la rentabilité du projet. Nous attendons la réponse de l'Europe pour une réalisation en 2017", explique le président. Preuve que le développement économique ne passe pas forcément par la mutualisation des territoires.

Élodie Boschet

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Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

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