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AU PALAIS L’avocat cite Polnareff : « On ira tous en correctionnelle !»

Palais de justice de Nîmes. DR
Palais de justice de Nîmes. DR

Affaire d’Etat au tribunal correctionnel de Nîmes. A la barre, pour répondre de leurs actes, il y a Rachel et Loïs, âgés respectivement de 23 et 24 ans. Bien qu’ils soient inconnus de la justice, qu’il s’agit-là de leur première comparution devant un tribunal, leurs comportements intriguent.

Par une belle journée d’août 2013, les deux jeunes montent sur le toit de la maison de Loïs, mitoyenne à l’habitation du voisin. Et, ô malheur, en voulant redescendre par un velux, Loïs se trompe et ouvre celui du voisin. Là, deux versions s’opposent : celle du voisin, un policier, qui soutient que Loïs lui a brisé son velux et celle de Loïs & Rachel qui assurent que non. On le disait : affaire d’Etat qui méritait bien un passage devant un tribunal correctionnel.

Le président Cyril Ozoux interroge Loïs :

-          Pouvez-vous m’expliquer ce qu’il vous est passé par la tête pour aller sur le toit du voisin ?

-          On est monté sur le toit pour réparer l’antenne, assure Loïs. C’était au moment du passage à la TNT et ma mère m’avait demandé d’aller jeter un œil. Entre temps, ne sachant pas que j’étais monté, ma mère a fermé le velux. On s’est retrouvé enfermé et on s’est assoupi. A mon réveil, j’ai vu un velux entrouvert…

-          Vous aviez pourtant déclaré qu’il était fermé ?, pointe le pointilleux président.

-          Ben non, il était ouvert. Enfin, ce n’était pas grand-chose. Il était entrouvert si vous voulez. Bref, j’ai essayé de passer mais j’ai vu que ce n’était pas chez moi. La hauteur du plafond n’était pas la même.

-          Et concernant les dégradations ?, poursuit le président.

-          J’ai rien cassé, moi, jure Loïs.

C’est au tour de Rachel qui donne la même version que son ami, à la différence qu’elle ne parle pas de l’antenne TNT :

-          Moi, je suis montée pour prendre le soleil. En plus, le toit était droit.

-          Il n’est pas interdit de monter sur le toit pour prendre le soleil, rassure le président.

Le procureur, armé de bon sens, sera moins scrupuleux que le président :

-          Dans ce dossier, je ne vais pas m’arrêter sur un velux ouvert ou fermé. Au vu du dossier, il n’y a aucune raison qu’ils aient ouvert ce velux volontairement. Ils n’ont rien volé chez le voisin. Ils n’ont pas non plus le profil de délinquants. Je m’en remets à la décision du tribunal.

Un réquisitoire qui convient parfaitement à Guy Guénoun, l’avocat de Loïs. Le magistrat avignonnais s’étonne qu’une telle affaire arrive devant un tribunal :

-          Une phrase de Polnareff me revient : « On ira tous au paradis ». Je crois qu’un jour on ira tous en correctionnelle.

Avant de livrer sa théorie sur le plaignant qui a demandé le remboursement de son velux (3 500€) et un préjudice moral de 2 000€ :

-          Je pense que ce cher monsieur a voulu se faire changer son velux…

Au vu de l’ampleur du dossier, des nombreux tenants et aboutissants, le tribunal ne pouvait pas se prononcer ce jour-là. L’affaire a donc été mise en délibéré au mercredi 9 décembre.

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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