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INTERVIEW Julien Tellouck : « La culture du jeu vidéo a sa place à Nîmes »

Julien Tellouck, présentateur de Game One, était l'invité du Nîmes Open Game Art ce vendredi au Carré d'Art. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)
Julien Tellouck, présentateur de Game One, était l'invité du Nîmes Open Game Art ce vendredi au Carré d'Art. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)

Il est l'un des animateurs phares de la chaîne de télévision dédiée aux jeux-vidéos Game One. À l'occasion du Nîmes Open Game Art 2015 où il a tenu une conférence aux côtés de Philippe Dubois de l'association M05, Julien Tellouck a accepté de répondre à nos questions.

Objectif Gard. Est-ce que le jeu vidéo a sa place dans une ville comme Nîmes, entièrement dédiée à la romanité et tournée vers les traditions ?

Julien Tellouck. Evidemment, c'est une culture à part entière. Quoi qu'il advienne, cela fait parti de la vie quotidienne des habitants. Aujourd'hui en France, il y a plus de 50 % de gens qui jouent aux jeux vidéos, et 95 % des moins de 35 ans. Donc forcément, il y a aussi des joueurs à Nîmes. Tout type de jeu à sa place ici à Nîmes, aussi d'un point de vue "loisir". Aujourd'hui, il y a des compétitions de jeux vidéos, on peut très bien imaginer une compétition Fifa dans les Arènes de Nîmes, pourquoi pas ? Cela serait extraordinaire. Et puis, beaucoup de jeux ont une vertu pédagogique et communiquent autour de l'écologie ou de la famine dans le monde. Là, on parle de "serious game". Je pense notamment à "Soldats inconnus : mémoire de la grande guerre", un jeu dont le créateur va venir ici au NOGA : il s'inspire de lettres écrites durant la guerre 14-18. C'est l'histoire d'amour entre une française et un allemand qui doivent se séparer,  une histoire incroyable facile à jouer et une super réalisation. Ce genre de jeu montre que c'est une culture à part entière et que l'on peut aborder des sujets sérieux à la croisée de pleins de chemins, du cinéma ou de la bande dessinée notamment.

Pendant des années, le jeu vidéo était considéré comme une sous culture. Aujourd'hui, l'exposer dans un musée d'art contemporain, c'est un juste retour des choses ? 

C'est générationnel. Comme le rock'n'roll. Les personnes âgées disaient que c'était satanique. Il y a eu des faits divers qui ont fait qu'on a pointé du doigt certains types de jeux. Moins maintenant. Toutes personnes qui a grandi avec, le reconnaît comme un art à part entière. Dans quelques années, on arrivera à 99 % des gens qui joueront aux jeux vidéos. Il faut voir le jeu vidéo comme la musique, ou le cinéma. Mes petits cousins qui ont 15 et 16 ans, je les vois jouer à de vieux jeux alors que l'époque est riche en nouveauté. Moi j'ai aussi envie de voir ce qui s'est fait avant, j'écoute ACDC et Bruce Springsteen, il y a un vrai patrimoine dans la culture.Mais finalement, aujourd'hui cela devient un loisir qui se fait en famille, les parents jouent avec leurs enfants. Il faut être honnête, les derniers jeux qui sont sortis sont les plus extraordinaires qu'on ait jamais connu. On se retrouve avec de vrais acteurs qui jouent les personnages à travers la motion capture. Le jeu vidéo génère beaucoup plus d'argent que le cinéma d'ailleurs.

Comment tu vois évoluer le jeu vidéo ?

C'est difficile à dire. On sait que l'année qui arrive sera l'année 1 de la réalité virtuelle. On va proposer des immersions plus importantes. Je ne pense pas que cela sera l'avenir du jeu vidéo mais cela va correspondre à un public qui a ce fantasme de la réalité virtuelle depuis des années. Là, cela devient accessible alors qu'on le voyait dans des films depuis des années. Ma vision du jeu vidéo, c'est du hybride instauré par des tablettes et smartphones, des appareils qu'on a tout le temps sur soi et nous permettent de jouer à tous moments, dans le métro, dans le bus, chez le docteur où chez le coiffeur. L'avenir il est là selon moi, on aura donc une tablette qui se connectera à la télévision pour proposer une expérience de jeu à la maison. Après, qui peut prédire les jeux qui arriveront dans les prochaines années ? Peut-être qu'ils trouveront des jeux qui nous correspondront quand on aura 15 ou 20 ans de plus, mais c'est impossible à prévoir. La DS avec son écran tactile et son stylet, à l'époque, si on l'avait annoncé, tous le monde aurait trouvé cela aberrant. Comme la Wii qui a lancé la reconnaissance de mouvement, ou le on-line qui s'est largement démocratisé, on ne pouvait pas prévoir tout ça à l'avance.

propos recueillis par Baptiste Manzinali

 

 

 

 

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Baptiste Manzinali

Diplômé de l'ESJ, passionné d'actualité en général, musique, football, cinéma, jeux vidéo et civilisations anciennes.

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