Economie

ECONOMIE Alès Mécénat : le mariage improbable du business, de la culture et du sport

Jean-Paul Bournonville, ancien Directeur de l’usine Axens de Salindres, et les associations fondatrices d'Alès Mécénat. EL/OG
Jean-Paul Bournonville, ancien Directeur de l’usine Axens de Salindres, et les associations fondatrices d'Alès Mécénat. EL/OG

Ce lundi, entreprises et associations étaient réunies au Cratère pour annoncer la création d'un fonds de dotation unique en France. Alès Mécénat a pour objectif de subventionner les grands projets culturels et sportifs du territoire grâce au soutien du monde industriel. Un mariage rempli d'espoir. 

Les baisses de dotations aux collectivités pénalisent depuis plusieurs mois l'une des seules variables d'ajustement : les subventions aux associations. La scène Paloma de Nîmes en a fait les frais au printemps dernier. Pour palier au désengagement de l'Etat, la culture se tourne de plus en plus vers le mécénat et le sponsoring. C'est parti de ce constat que les acteurs économiques d'Alès ont travaillé pendant des mois à l'initiative de la ville, pour créer un outil structuré.

Ainsi est né Alès Mécénat, un fonds de dotation alimenté par les entreprises du bassin, afin de soutenir les projets culturels et sportifs "fédérateurs" proposés par les associations. "Il s'agit de marier deux mondes difficiles à conjuguer pour des actions plus exigeantes et audacieuses", souligne Jalil Benabdilah, conseiller municipal et membre de Leader Alès.

Les dossiers seront sélectionnés par un comité de sélection composé d'associations membres : le Cratère d'Alès, Itinérances, musées de l'agglo, agence i+ media et le pôle culturel et scientifique, pour le volet culture ; les clubs de rugby, volley, football athlétisme, basket... pour le volet sportif. Ils seront rejoints par un représentant de la politique de la ville et un membre de Leader Alès. Un choix d'"experts" qui risquent de devenir juges et partis. Les créateurs s'en défendent : "Chacun aura une voix et le Conseil d'administration constitué d'entreprises sera là pour vérifier. Si ce sont toujours les mêmes qui bénéficient du fonds, ce sera vite rendu public", assure Jalil Benabdilah.

La défiscalisation : l'argument phare

Reste à convaincre les industriels de mettre la main à la poche. "Le mécénat permet 60% de défiscalisation pour les entreprises + 25% de dons en nature, et 66% pour les particuliers", rappelle le co-fondateur de SD-Tech et mécène. Mais ce n'est pas le seul atout. "Nous soutenons Itinérances depuis 2012 car leur projet est en lien avec notre clientèle. On lui redonne une vie sociale", constate Olivier Meens de Cévennes Audition. "Nous disposons d'une enveloppe mécénat et ça nous permet d'ancrer notre présence sur le territoire tout en se constituant du réseau", indique Renaud Orsucci, Directeur de Véolia Cévennes-Lozère, qui se déclare d'ores et déjà favorable à ouvrir le porte-monnaie.

En attendant l'ouverture du fonds en janvier prochain, le président de l'agglo Max Roustan a annoncé une mise au pot de 15 000 €, et un soutien logistique et publicitaire. La Caisse d'épargne et ERDF ont également annoncé leur implication. "A terme, on vise plusieurs centaines de milliers d'€. Il faut être ambitieux, et ça peut prendre vite s'il y a de la confiance et de la cohérence", conclut Jalil Benabdilah.

Etiquette

Eloïse Levesque

Eloïse Levesque, journaliste diplômée de l'université de droit et de science politique de Montpellier, à Objectif Gard depuis mars 2014

Vous aimeriez aussi

1 commentaire sur “ECONOMIE Alès Mécénat : le mariage improbable du business, de la culture et du sport”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

A lire également

Close
Close

Adblock a été detecté.

Merci de nous aider en désactivant votre blockage de publicité