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FAIT DU JOUR À Nîmes, la vie nocturne se meurt (2/2)

Image Flickr. DR
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Suite et fin du dossier sur la vie nocturne à Nîmes.

À une réglementation stricte et une loi anti-tabac qui favorise les nuisances sonores s'ajoute une intolérance au bruit de plus en plus fréquente dans le voisinage.

Samedi 5 décembre. Une soixantaine de personnes sont conviées à l'inauguration du CRIC, lieu culturel alternatif qui fait ses premiers pas rue Balore. Un groupe electro-rock est programmé pour l'occasion, tôt, à 21h, pour ne pas s'attirer les foudres des habitants du quartier. Pourtant, il n'en faudra pas plus pour que la petite fête soit interrompue par la police à 22h30. Une semaine plus tard, l'association avance l'heure d'un concert à 19h30, mais rien n'y fait. "Je ne m'attendais pas à ce que cela soit autant restreint. Pour une ville qui a l'ambition de se dynamiser par la culture, tout cela ne va pas aider" constate Charlotte Caragliu du CRIC. D'autres se sont frottés à ce genre de mésaventure depuis longtemps déjà. À Nîmes, l'Université se développe et accueille chaque année de plus en plus d'étudiants avides de rencontres, de culture, de découverte. Mais ils se confrontent à une population qui ne tolère plus le bruit, et idéalise un centre-ville silencieux à la nuit tombée.

Image Pixabay. DR
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Les statistiques de l'INSEE démontre que l'âge moyen de Nîmes Métropole, fixé à 39,7 ans en 2010, ne cesse d'augmenter et devrait atteindre 42,2 ans d'ici 2030. L'une des raisons évoquées, l'héliotropisme notamment. "On est en centre ville, dans tous les cas il y aura toujours des gens devant les bars estime Céline Cools, gérante de l'Instant T. Il faut expliquer aux résidents qu'une médiation est nécessaire". Son bar respecte les normes qui imposent un niveau sonore maximum de 85 db. "On pourrait monter à 95 db en réalisant des travaux d'insonorisation, mais c'est trop coûteux". Au lieu de ça, elle a investi dans un limiteur et contrôle le volume surtout pendant la feria.

En dehors de cette période, la marge de manœuvre est réduite à néant. D'ici janvier 2016, une nouvelle brigade de nuit de six policiers municipaux supplémentaires a été recrutée pour parader de 21h à 7h du matin. Une amélioration en matière de sécurité, mais qui pourrait augmenter les sollicitations de riverains se plaignant de nuisances sonores. "Si le Préfet répond à toutes demandes et plaintes, plus rien ne peut exister sur un territoire" estime Délio Sanchez, gérant du Café Olive et ex-candidat sur la liste EELV de Christophe Cavard. Mais la loi est floue et n'indique pas le niveau sonore autorisé. "Cet été, un client téléphonait en terrasse. Des voisins se sont plaints du bruit engendré. On parle juste de bruit, mais c'est quoi le bruit ? Ce n'est même pas défini" ajoute la gérante de l'Instant T.

Au delà de la volonté des associations et des commerçants de faire vivre un centre ville aux atouts indéniables, les solutions sont aussi politiques. D'ici un an, la ligne T2 fera son apparition, et entraîne avec elle son lot d'interrogations : 700 places de parking sacrifiées, au profit de flux tournées essentiellement vers les zones commerciales en périphérie.

Baptiste Manzinali

 

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Baptiste Manzinali

Diplômé de l'ESJ, passionné d'actualité en général, musique, football, cinéma, jeux vidéo et civilisations anciennes.

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15 réactions sur “FAIT DU JOUR À Nîmes, la vie nocturne se meurt (2/2)”

  1. Un enjeu d’avenir pour la vie de la ville : éviter qu’elle ne devienne barbante et répressive comme Oranges ou bruyante et irresponsable comme Montpellier ! N’assisterai t-on pas à la naissance d’une vie nocturne hors féria, avec de nouveaux lieux plus orientés vers la culture ? Il s’agirait de ne pas tuer cette dynamique dans l’oeuf.

    PS : réduire la place de la voiture dans le centre ville reste à mes yeux une bonne chose, ne serait-ce que pour ne pas rentrer bourré !

  2. La loi sur les nuisances sonores est la même à Nîmes, Montpellier ou Paris.

    Si le centre ville de Nîmes se meurt cela n’est pas à cause de riverains acariâtres ou intolérants au bruit.

    S’il suffisait de faire du bruit pour ramener des clients, le problème serait déjà réglé depuis bien longtemps, compte tenu des amendes ridicules encourues par les professionnels en comparaison de leur chiffre d’affaires.

    D’ailleurs aucun établissement n’a véritablement été inquiété ou condamné sur Nîmes.

    Peut être faudrait chercher ailleurs, notamment du coté de l’emploi, car vu le niveau de vie des nimois, les sorties festives, compte tenu de leur prix sont l’apanage d’une minorité.

  3. Faire vivre un centre-ville n’est pas d’y accumuler les nuisances nocturnes. C’est surtout de faire que les habitants viennent le repeupler et donc y assurer le silence nocturne minimum pour qu’ils puissent y dormir.
    Autrement dit, un centre-ville vivant est un centre-ville qui présente des boulangeries, des boucheries, des épiceries, des magasins de chaussures, des drogueries, etc. et pas uniquement des bars qui ne sont que le symptôme que plus aucun autre commerce ne peut vivre en ville. A la culture de mort du centre-ville, lieu où des non-résidents viennent faire la fête, il faut opposer une culture du repeuplement du centre en renforçant son attrait écologique. La mairie est en train de le comprendre. Cela mérite d’être salué. La décision des patrouilles est de bon sens. Merci au maire, qui fait le job.

  4. Tout mon soutien aux riverains de la rue Balore qui doivent pleurer l’Imprimerie….
    Assez surprenant que ce vieux local ait réussi à se mettre en conformité (accessibilité handicapés, limiteur de son, sécurité incendie…).
    Affaire à suivre.

  5. @ Pierre : Si la loi sur les nuisances sonores est la même, elle n’est pas appliquée partout de la même manière. J’habite à Toulouse et pour avoir habité 5 ans au centre-ville de Nîmes je peux vous dire que les gens sont bien plus tolérants ici. Le vivre ensemble ce n’est pas imposer « la loi du silence » à tous. Et puis vous dites n’importe quoi, si certains professionnels de bars institutionnels, souvent protégés par des passes droits, se font grassement leur beurre, on ne peux les comparer avec une petite association culturelle de centre-ville.
    @ Henri : Monsieur, votre mode de vie serait respectable si vous ne veniez pas l’imposer aux autres. D’où avez-vous vu que ce sont les non-résidents qui viennent festoyer eu centre-ville ? Désolé mais une ville devrait vivre d’autres activités que d’une simple offre de commerce de jour. Vous pensez que des gens viennent repeupler un centre ville pour y jouir du silence nocturne ? Cessez ces divagations, je vous suggère plutôt d’insonoriser votre logement. Ainsi vous vous y sentirez mieux et nous vous entendrons moins. On ne peut pas empêcher les gens de vivre monsieur!
    Quant’@ vous Jérôme, que supposez vous insidieusement ? Qu’il faille faire intervenir des commissions de sécurité jusqu’à obtenir l’interdiction du local ? Je parie que si l’association organisait des concert de chant lyrique vous tiendriez des propos moins fourbes. Il n’existe pas que votre culture monsieur. Celle des autres a elle aussi droit d’expression. Et ce droit est légitime !

    1. Le « vivre-ensemble », dont se prévaut M.Gérardin (à l’instar de la plupart des politiques), doit s’appuyer sur le respect, au sens le plus abouti de ce terme. Nulle part au monde n’a été instaurée une « loi du silence ». Le silence total et forcé peut mener à la folie. Ce silence-là n’existe pas (sauf dans les caissons insonorisés qu’utilisent certains tortionnaires) et c’est heureux Le bruit qui fait mal, qui dure ou se répète,non seulement existe, mais il a pris possession de la plupart des espaces où vivent des hommes. Il peut dérégler le système nerveux, perturber gravement le système circulatoire et provoquer des lésions auditives irréversibles.Il s’agit d’une nuisance environnementale, reconnue comme telle par la plupart des législations à travers le monde et donc réprimée par des textes, presque toujours précis. La réglementation française compte parmi les meilleurs au monde. Elle a juste un énorme défaut : elle n’est appliqués que très exceptionnellement. Et c’est ce qui permet aux agresseurs sonores de retourner la loi en invoquant l’intolérance de leurs victimes.
      Quant à la « culture » que vous défendez, elle n’a, elle aussi, qu’un énorme défaut : elle ne peut pas prétendre, lorsqu’ un peu partout à travers l’Europe des nantis on en voit les conséquences délétères, nuit après nuit, elle ne doit surtout pas continuer d’usurper un mot qui renvoie à toutes les formes d’élévation et de développement de l’esprit humain. Merci de réserver le vocable « culture » à des activités épanouissantes, plutôt qu’aux pitoyables avilissements où, parmi d’innombrables déjections et déchets en tous genres, sombrent des centaines de « fêtards » étourdis de décibels et d’alcool, grâce à la bienveillance abusive des tenanciers nocturnes. Et aussi, quel malheur, à cause du « court-termisme » électoraliste des élus de ce qui ne sera plus, bientôt, une République.

    2. Mr Ehret Daniel, la culture n’est pas simplement là où vous avez décidé de la placer. Il est question ici de seuil de tolérance, personne ne veut faire du centre ville de Nîmes une discothèque à ciel ouvert, mais un lieu de vie attractif. Et par attractif, c’est un « mode de vie » que les citadins viennent chercher, différent de celui des campagnes – qui a ses avantages, mais juste…différent. Toutes les grandes villes du monde fonctionnent ainsi : il y a une activité de jour, et une de nuit. Elle peut ne pas vous convenir, mais les termes que vous employer, « fêtards étourdis, Europe des nantis, dérèglement du système nerveux », ne sont-ils pas un peu excessif ? Il y a des associations qui se battent pour faire vivre la musique, quelle soit électronique ou acoustique. Mais les deux vous dérangent. J’ai, moi aussi, habité dans des rues trop bruyantes. Mais au lieu de constituer un collectif ou appeler la police, j’ai simplement déménager deux rues plus loin. Il faut accepter le rythme de vie de chacun.
      Cordialement,

    1. Bonjour Mr Costa, puisque vous semblez si bien me connaitre, je vous invite donc à prendre un apéritif chez moi, au 1 boulevard Gambetta. Ne vous trompez pas d’adresse, je n’habite plus rue de l’Aspic depuis quelques mois déjà. À très vite !
      Baptiste

  6. Quelques remarques concernant cet article tendancieux :

    Peu de respect, hélas, pour les personnes qui travaillent :

    – les policiers municipaux paraderaient-ils lorsqu’ils assurent, la nuit, la défense de la tranquillité publique et celle des citoyens ?
    – les habitants des villes n’auraient-ils donc plus droit au sommeil, à vivre en paix chez eux même dans une rue passante ? Faudrait-il qu’ils acceptent d’attendre, chaque nuit, la fermeture des bars ou autres établissements bruyants, ainsi que le bon vouloir des fêtards à rejoindre leurs pénates, pour pouvoir s’endormir enfin, alors que quelques heures plus tard, réveillés par les bruits du nettoyage de leur rue « festive », ils doivent, eux, se lever pour aller au travail et leurs enfants à l’école ?

    Intolérance aux bruits ? N’y a-t-il pas de plus en plus de sources de sons, des sons de plus en plus agressifs que l’on est capable de prolonger à l’infini et de reproduire quotidiennement grâce à des techniques de plus en plus sophistiquées ? Les victimes qui les subissent quotidiennement saturent, n’est-ce pas naturel ? Peut-on appeler cela INTOLERANCE ?

    Quelle genre de culture peut-on acquérir accoudé au zinc avec des sons (même ceux à 85 dB) dans les oreilles qui empêchent toute conversation intelligible et intelligente et en fumant en groupe de temps en temps la nuit dans les rues ?

    Pour les règles régissant les lieux diffusant de la musique à titre habituel (sauf pour l’enseignement de la musique et de la danse), voir le décret 98-1143 du 15 décembre 1998.

    L’âge moyen des habitants de Nîmes augmenterait-il ? Et alors ? La tendance de la longévité n’est-elle pas à la hausse partout ?

    L’atout d’un centre-ville serait-il devenu aujourd’hui l’entassement de ses bars ou des discothèques et la base de l’économie française serait-elle la fête ? Les pays qui ont joué cette carte malheureuse ont perdu, ne l’oublions pas.

  7. Certaines musiques, par l’excès des décibels (au-dessus de 85, cela devient dangereux), peuvent rendre sourd ! Où lisez-vous, M. Manzinali, que je serais dérangé par les musiques, qu’elles soient électronique ou acoustique ? Il y a certes des musiques auxquelles je ne suis pas sensible, mais celles qui me plaisent deviennent insupportables lorsqu’elles sont exécutées trop fort. Je n’habite pas Nîmes, mais je suis aux côtés de ceux qui, à Strasbourg, ne peuvent plus vivre dans le centre historique à cause de l’excessive concentration de bars de nuit. Je m’interroge seulement sur l’argument de « culture » avancé par les partisans d’une certaine « vie nocturne » qui, en termes de santé publique et de délitement du lien social, rejoint par ses conséquences (couteuses pour la solidarité nationale) les « assommoirs » du temps de Zola. En reconnaissant que vous avez déménagé pour échapper aux excès sonores, vous légitimez l’illégitime, puisque, si je suis votre raisonnement, ce serait aux victimes des violations permanentes de la loi d’aller se faire voir ailleurs !!… Mais je me rends bien compte que nous sommes dans un dialogue de sourds et que votre position d’autorité sur ce forum, couplé à votre évidente partialité, vous laisseront forcément le dernier mot…Ou alors vous allez publier cette nouvelle intervention de ma part en vous abstenant de la commenter ?? Je vous en félicite d’avance !!!

    1. Mieux que ça puisque dès la rentrée, je prépare une interview pour faire réagir les partisans d’un Nîmes sans bruit ;).
      Bonnes fêtes à vous,

  8. Habitant Paris et observant la dérèglementation ou plutôt, la non-application des règlements en matière de bruits évitables, je suis tjs sidéré de la partialité, du manque de respect vis-à-vis des autres citoyens, des responsables des nuisances, sonores mais aussi de toutes sortes. J’attends des autorités au niveau de l’Etat comme à l’échelle locale une évaluation du coût sur les finances publiques des EXCES des activités dites « festives » (pour qui?)puisqu’on nous rebat les oreilles de l’économie de la nuit dont les bénéfices sont privés mais dont les excès coûtent fort cher à la communauté (santé, police…)
    J’ai l’impression que dans la bouche des bistrotiers et de leurs clients l’expression « vivre ensemble » signifie « vivre ensemble entre nous » et… »envoyons faire fout.. ceux qui sont pas contents » comme dit la chanson!

  9. Réexpédition d’un message qui s’est manifestement perdu en réaction à cet article peu documenté.
    – La diffusion de musique amplifiée est encadrée par la loi afin de protéger la santé du public et des salariés des établissements ainsi que du voisinage et c’est dans le code de la santé publique : http://www.bruitparif.fr/ressource/reglementation/lieux
    – A ceux qui s’interrogent sur ce qu’est le bruit dans la situation décrite ou dans d’autres assimilables : des mesurages objectifs par un organisme impartial ont montré que les normes de l’Organisation Mondiale de la Santé sur les bruits sur la voie publique compatibles avec la santé des riverains sont explosées :
    * dans des quartiers où les établissements accaparent l’espace public en laissant leurs clients y consommer : http://lesriverainsdelabutteauxcailles.fr/index_fichiers/Page414.htm et http://www.bruitparif.fr/sites/default/files/Bilan_exp%C3%A9rimentation_mesure_bruit_rue_JP_Timbaud_vf_20121218.pdf
    * dans les sites sans établissements, mais devenus des lieux quasi « institutionnels » de rencontre « festive » : http://www.vivre-paris.fr/2015/12/canal-saint-martin-resultats-des-mesures-de-bruit-realisees-par-bruitparif/
    CQFD…

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