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FAIT DU JOUR Didier Lauga, un nouveau Préfet « aficionados » et proche de Toulouse

Didier Lauga, nouveau Préfet du Gard, lors sa remise de gerbe au Square du 11 novembre lundi matin. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)
Didier Lauga, nouveau Préfet du Gard, lors sa remise de gerbe au Square du 11 novembre lundi matin. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)

Successeur de Didier Martin, le nouveau Préfet du Gard Didier Lauga a pris ses fonctions officiellement le 1er janvier. De nombreux dossiers attendent celui qui se qualifie comme un "homme du sud, de contact et de terrain".

Ce lundi était l'occasion symbolique pour Didier Lauga de prendre ses fonctions aux yeux des collectivités, élus et représentants de la justice et des forces de l'ordre. Le "gratin nîmois" n'a pas manqué de faire le déplacement en fin de matinée devant le Square du 11 novembre, pour un dépôt de gerbe comme le veut la coutume. Si la prise de fonction a été officialisée le 1er janvier, cet énarque de 60 ans a été sommé d'être opérationnel dès le 31 décembre. "Je viens de passer un réveillon assez étrange dans une maison préfectorale à moitié vide" a t-il plaisanté devant la presse.

C'est que le gouvernement ne lui a pas laissé le choix. Partout en France, des mutations de Préfets synchronisées avec la mise en pratique de la réforme des régions ont eu lieu. Didier Martin, lui, s'en est allé dans l'Oise. Didier Lauga, qui était en poste dans la Drôme depuis 2013, est plutôt heureux de sa mutation. "Si j'avais eu le choix, j'aura choisi le Gard" mais reconnait avoir été surpris, "ces nominations relèvent toujours un peu du mystère."

Pourtant, se sont ses liens étroits avec la région Midi-Pyrénées où il a été directeur général des services de 1998 à 2004, qui ont probablement joués en sa faveur pour assurer un rattachement du Gard à Toulouse.

Didier Lauga, nouveau Préfet du Gard. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)
Didier Lauga, nouveau Préfet du Gard. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)

Un parcours atypique

Didier Lauga justifie son attachement au sud par ses origines bordelaises où il a effectué toutes ses études avant de rejoindre les bancs de l'ENA à Paris. "Je suis un produit provincial" aime t-il rappeler. Mais sur son cv, l'homme est loin du parcours classique.

Successivement conseiller technique et directeur adjoint des Ministres de l'Agriculture Henri Nallet (PS) et Louis Mermaz (PS) de 89 à 91, il a également été pendant 15 ans directeur général des régions Midi-Pyrenées, Basse-Normandie, des Landes et PACA de 1998 à 2013. "À mon époque, c'était considéré comme une traîtrise, ce n'était pas dans les mœurs. Pourtant, connaitre les collectivités locales de l'intérieur est un enrichissement". 

Une différence qu'il assume, quitte à sortir des conventions et des coutumes lorsqu'il rencontre Didier Martin, son prédécesseur, avant de prendre ses fonctions officiellement, pour échanger sur les dossiers en cours dans le Gard. À Toulouse, le hasard a voulu qu'il ne croise pas la route de Carole Delga arrivée au poste de directrice adjointe de l'aménagement et du territoire un an après son départ. Mais les liens avec Toulouse sont toujours présents, y compris dans le cadre privée puisque ses enfants y vivent. Un profil qui pourrait jouer en la faveur du Gard, éloigné géographiquement de la capitale toulousaine, mais qui est "le troisième département de cette région derrière la Haute-Garonne et l'Hérault" en terme de population.

"À Nîmes, j'aurai pu y aller à pied"

Ravi d'avoir été nommé ici, la tâche n'est pourtant pas simple pour Didier Lauga qui arrive à la tête d'un département touché par le chômage (14 %), et dont les chiffres de la sécurité routière de l'année 2015 ont atteint tristement des records. "À Nîmes, j'aurai pu y aller à pied, mais je ne me fais pas d'illusion. Mon expérience a été identique dans la Drôme où nous avions obtenu les chiffres les plus bas en 2014, puis ils ont doublé en 2015. Je ne peux pas l'accepter".

Le nouveau Préfet n'a pas de programme prédéfini et reconnait que ses priorités sont plutôt classiques "la sécurité et l'emploi". Mais d'autres dossiers l'attendent comme celui de l'ouverture d'un centre EPIDE et la base aérienne de sécurité civile à Garons. Proche des agriculteurs, fan de rugby et aficionados, il rassure les anti : "Je sais qu'il y en a qui sont contres, je n'ai pas de prise de position sur ce sujet. Tant que c'est légal, je veillerai à ce que chacun des deux camps soient respectés".

Désireux de se montrer parfaitement intégrer à la culture gardoise, Didier Lauga assure aussi, peut-être sans le vouloir, un maillage politique à gauche pour préparer à la nouvelle région.

Baptiste Manzinali

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Baptiste Manzinali

Diplômé de l'ESJ, passionné d'actualité en général, musique, football, cinéma, jeux vidéo et civilisations anciennes.

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2 réactions sur “FAIT DU JOUR Didier Lauga, un nouveau Préfet « aficionados » et proche de Toulouse”

  1. La majorité des français sont contre les corridas mais les gouvernants s’efforcent de nommer presque systématiquement des hauts fonctionnaires pro corrida sur Nîmes. Une sorte de discrimination à la mutation qui frôle le communautarisme taurin. On n’est pas prêt de voir dans le Gard , un Préfet sensible à la souffrance animale et membre de la SPA.

  2. Entièrement d’accord avec le commentaire de Manolo, il faudra bien qu’un jour l’Etat comprenne que les gens n’en veulent plus de ces cinglés qui torturent des animaux …
    PS : « Si j’avais eu le choix, j’aura choisi le Gard » ^^ Ça pique les yeux !

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