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CINÉMA Les Tuche 2 : comme un goût de déjà vu

Les Tuches 2, au cinéma le 3 février. DR
Les Tuches 2, au cinéma le 3 février. DR

Le 3 février prochain sort en salle Les Tuche 2, réalisé par Olivier Baroux, suite d'un premier volet qui avait réuni 1,5 millions d'entrées. Le réalisateur et l'acteur principal, Jean-Paul Rouve se sont déplacés au Kinépolis Nîmes à la rencontre du public. L'occasion pour ObjectifGard de se plonger une fois n'est pas coutume dans la peau d'un critique cinéma, avec franchise et honnêteté. 

Rares sont les films d'1h30 qui paraissent une éternité. Les Tuche 2 est de cette trempe, pourtant visiblement calibré pour maintenir en éveil le spectateur à grands coups de clichés que l'on pensait définitivement enterrés sur la famille bidochon idéale. Chômeurs, feignants, moches, alcooliques, homophobes, Olivier Baroux n'a pas fait dans la finesse, c'est le moins que l'on puisse dire. Mais sait-il de quoi il parle ? Sous fond d'une morale type "l'argent ne fait pas le bonheur" mais y contribue visiblement, le spectateur assiste à un enchainement de sketchs qui ne fonctionnent pas, et atteignent quelques sommets de lourdeur. Ce deuxième volet nous embarque en Amérique, pays où les rêves les plus fous sont réalisables, y compris celui de devenir chirurgien réputé quand on est un chômeur de la France profonde, celle qui ne travaille pas et se nourrit essentiellement de frites. C'est en tout cas le tableau que dresse Olivier Baroux en deux minutes montre en main. Le fils prodige est parti étudier aux États-Unis, et la famille Tuche lui fait la surprise de le rejoindre. Il n'en faudra pas plus pour prétexter d'un film.

Lorsque Jean-Paul Rouve, dont le personnage inspiré du Marcel de "Radio bière-foot" avec Les Robins des bois tire un peu sur la longueur, s'engage dans un running gag mal senti "On peut perdre une carte bleue, mais on ne peut pas perdre 15 cartes bleues" jusqu'à l'usure "On peut perdre 15 cartes bleues, mais on ne peut pas....ah si on peut", on comprend alors qu'il manquait un dialoguiste digne de ce nom pour sauver ce film de l'absence de scénario. Olivier Baroux, du duo Kad et Olivier, nous avait habitué à mieux, à plus de politiquement incorrect notamment dans Mais qui a tué Pamela Rose, sorti en 2003. Mais au delà de l'écriture, c'est aussi la direction d'acteurs - ou simplement le jeu de ces derniers - qui flanche. Pierre Lottin alias Wilfried, agace dans son interprétation du rappeur ch'ti, au regard vide et à la limite de l’illettrisme. Et que dire de Ken Samuel qui interprète ce père de famille, riche et sans scrupule, hyper protecteur envers sa fille, et surtout trop prévisible.

À quelques minutes de la fin, le film change de cap sans prévenir pour tenter de prendre position sur le mariage pour tous. Mais le propos, là encore, est poussif, et relève de la caricature outrancière du papa bœuf qui finit par accepter l'improbable homosexualité de son fils, sous les yeux d'un prêtre déguisé en Elvis, puisque nous sommes à Las Vegas.

Nul doute que Les Tuche 2 va occuper la tête des classements du box office pendant quelques semaines. Jusqu'au jour où le public se lassera de ses mécaniques cinématographiques qui se répètent en boucle : éloge de la stupidité, argent, prise de conscience et moralité.

Baptiste Manzinali

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Baptiste Manzinali

Diplômé de l'ESJ, passionné d'actualité en général, musique, football, cinéma, jeux vidéo et civilisations anciennes.

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3 réactions sur “CINÉMA Les Tuche 2 : comme un goût de déjà vu”

  1. Avec franchise et honnêteté mon oeil ouai!! Juger un film de la sorte comme l’auteur de cet article a pu le faire est complètement dépourvu de sens, à se demander s’il a réellement vu le film. un conseil, faites votre propre avis. Pour ma part il y a bien longtemps que j’avais autant rigolé pour un film comique français. Même comparer le film à mais qui a tué pamela rose est complètement débile, ta critique ne fait que critiquer rien n’est constructif, tu flingues à tout va sans dire pourquoi. Ou alors tu ne comprends pas le sens des blagues?? ce qui expliquerait alors ta frustration. On ne cherche pas à avoir des liens en rapport avec la vie de tous les jours mais juste faire rire ce que ce film fait à la perfection. Tout le contraire de ton article de frustré de la vie

  2. Bonjour,

    Absolument d’accord avec toi ALEX.
    Qui êtes-vous M. Le critique pour saboter ainsi une oeuvre cinématographique dont le seul but est de divertir, objectif d’ailleurs complètement atteint.
    Il ne faut pas tout prendre au 1er degré car vous perdrez toute la quintessence de la vie.
    Pour ma part, je trouve justement les dialogues très travaillés : faire rire est 100 fois plus compliqué que faire pleurer; ça faisait bien longtemps que je n’avais pas ri autant devant un film et je n’ai qu’une hâte, qu’il sorte en VOD/ou en DVD pour pouvoir le revoir.

    De toute manière, c’est le public qui fait le film et pas le « pseudo critique ». Je pense que nous ne sommes pas plusieurs millions de crétins à l’avoir vu et à avoir saisi la notion de second degré.

    Peut-être que vous devriez, cher M.Manzinali, sortir de vos sentiers battus.

    Bien cordialement,

    Sébastien BEYLER

  3. Bon, je vais tenter de répondre assez rapidement, mais je sais bien que cela sera vain, la critique, en France, ne vit pas ses meilleures heures.
    Oui, j’ai vu ce film, à mon grand désarroi d’ailleurs. Sinon jamais je ne me serai permis d’en parler. Et franchement, j’aurai préféré ne jamais le voir. Je ne change pas une seule ligne de ce qui est écrit dans cet article. Mais s’il vous faut d’autres arguments, vous pouvez toujours lire le Parisien qui titre « les tuches 2, accablant ». :

    http://www.leparisien.fr/cinema/critiques-cinema/les-tuche-2-accablant-03-02-2016-5510649.php#xtref=https%3A%2F%2Fwww.google.fr

    Allez lire aussi la critique de Télérama qui est plutôt sympa, celle des Inrocks aussi. Mais surtout, faites vous votre propre avis, et si vous avez les arguments pour vous défendre, n’hésitez pas une seule seconde. Mais au lieu de remettre en question ma légitimité à critiquer un film, expliquez moi pourquoi ce film est in critiquable à vos yeux ? Parce qu’il est en tête du box office ? (Si c’est votre seul argument, il n’est pas recevable). Franchement, le succès n’a jamais été gage de qualité.

    J’attends votre réponse avec impatience.

    Cordialement,
    Baptiste

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